Plan d’épargne retraite : des frais trop nombreux et une information opaque

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© Nattakorn Maneerat

Proposés depuis le 1er octobre 2019, les nouveaux plans d’épargne retraite (PER) ont a priori tout pour plaire. Ils permettent notamment à l’épargnant de récupérer, au moment de la retraite, l’épargne accumulée sous forme de rente ou de capital et de bénéficier d’une déduction du revenu imposable. Reste que les frais associés à ces produits d’épargne sont trop nombreux, opaques et pèsent sur leur rendement. C’est le constat dressé par la présidente du Comité consultatif du secteur financier (CCSF), Corinne Dromer, dans un rapport rendu public mardi 20 juillet.

Sollicitée par le ministre de l’Economie, Bruno Le Maire, l’instance consultative a demandé à la société Sémaphore Conseil d’examiner les frais de PER individuels. 34 PER assurance et 2 PER compte-titres ont été analysée, « soit un périmètre d’investigation suffisamment large pour donner à cette étude un caractère représentatif », indique le CCSF dans un communiqué. A chaque étape, l’instance a validé les travaux de la société Sémaphore : le choix des plans d’épargne retraite, la liste des frais, leur analyse et les informations accessibles sur les sites internet des distributeurs.

Des frais trop nombreux

De cette étude, le Comité consultatif du secteur financier dresse deux constats. D’abord, des frais excessifs. « Les frais des PER individuels assurance, qui incluent les frais des assureurs et les frais des sociétés de gestion, sont nombreux » et ce, « quels que soient les acteurs et les contrats considérés », pointe le rapport. Une accumulation de frais qui « pèse sur le rendement des contrats, a fortiori dans un environnement de taux bas ». A titre d’exemple, les frais de gestion (assureurs et sociétés de gestion) dans un PER comprenant des unités de compte en actions s’élève déjà à près de 3 %, sans même compter les autres frais (sur versement, d’arbitrage ou encore d’arrérages). Si « pour l’épargnant qui a opté pour une déductibilité des versements, le gain fiscal efface, en apparence, l’impact négatif des frais sur le rendement brut », cela ne vaut pas pour l’investisseur qui a choisi la non déductibilité des versements.

Une information sur les frais trop parcellaire

A cela, s’ajoute un manque de transparence sur ces frais. L’information est « peu accessible sur les sites internet de nombreux établissements ». Il est impossible de choisir seul son contrat en comparant les tarifs. Et le souscripteur d’un PER n’a pas non plus accès à la somme des frais annuels de gestion totaux (assurance + société de gestion) sur son relevé d’information annuel.

Fort de ces constats, le comité consultatif recommande aux sociétés financières d’offrir avant toute souscription d’un PER, une information sur les frais et disponible sur les sites internet « afin de permettre au consommateur de se renseigner par ses propres moyens, dans un premier temps, sur les différents types de produits d’épargne retraite disponibles sur le marché et de faire pleinement jouer la concurrence tarifaire entre les offres ». L’instance préconise également d’afficher les frais de gestion totaux dans le relevé d’information annuel et suggère la mise en place d’un comparateur public sur le modèle de l’Observatoire des tarifs bancaires.

De nouvelles offres simplifiées prometteuses apparaissent

Le rapport note, par ailleurs, que de nouvelles offres simplifiées et adaptées à un large public, avec des frais bas et limités, commencent à apparaître. « Il sera intéressant de voir si ces offres vont constituer une incitation à plus de concurrence sur le marché des nouveaux PER », explique le rapport.

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