Placements financiers : les arnaques liées aux usurpations d’identité se multiplient

Les arnaques financières liées à des usurpations du nom d’intermédiaires ou de produits financiers sont de plus en plus fréquentes, mettent en garde l’Autorité des marchés financiers et des associations de professionnels du secteur de la gestion d’actifs et de patrimoine. Voici les réflexes à avoir pour ne pas se faire piéger.

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© davidevison

Places de parking d’aéroport, containers, SCPI... Les propositions de faux placements en ligne ont bondi en 2020 et l’usurpation d’identité est devenue monnaie courante pour piéger les particuliers. L’utilisation frauduleuse du nom, de l’adresse, du logo et/ou du numéro d’agréments d’intermédiaires ou de produits financiers autorisés à des fins d’escroqueries est  « de plus en plus fréquente », alertent l’Autorité des marchés financiers et les principales  associations de professionnels de la gestion d’actifs et de patrimoine, dont l’Association française de la gestion financière (AFG), France Invest ou encore l’Association française des sociétés de placement immobilier (Aspim), dans un communiqué commun.

« L’an dernier, l’autorité a constaté un fort accroissement du nombre de signalements d’épargnants victimes d’arnaques financières liées à des usurpations, au point de représenter 44 % des montants déclarés perdus par les épargnants en 2020 auprès de la plateforme AMF Epargne Info Service  », déclare le gendarme boursier. Et le préjudice moyen déclaré s’élève à environ 45 000 € ! Une somme qu’il est bien souvent impossible de récupérer.

S’il n’est pas nouveau, le phénomène s’est sophistiqué et touche des sociétés de gestion d’actifs, françaises ou européennes, des conseillers en investissement financiers ou en gestion de patrimoine, ou encore des produits d’investissement. Pour rendre leurs offres frauduleuses crédibles, les escrocs n’hésitent pas à « reproduire sur des sites internet ou dans de faux contrats le nom, le logo, le numéro d’agrément ou d’autorisation de vrais organismes ou intermédiaires financiers ». Ils créent aussi de fausses adresses internet ou e-mail proches, à une lettre près, des vraies. Le mode opératoire est ensuite toujours le même. Les aigrefins récupèrent les données personnelles (nom, téléphone, mail) des potentielles victimes « par le biais d’un formulaire en ligne peu détaillé et faisant miroiter des placements lucratifs ». Les épargnants sont ensuite appelés par de faux conseillers ou gérants qui les persuadent d’investir au plus vite. Mis en confiance par des références d’acteurs ou de produits reconnus et la mise en place d’une relation personnalisée, ils cèdent sans avoir procédé à toutes les vérifications nécessaires.

Comment éviter les pièges ?

Avant de souscrire à une offre d’investissement non sollicité, l’AMF et les associations professionnelles de la gestion d’actifs et de patrimoine recommandent de procéder à une vérification minutieuse de l’identité de la personne proposant le placement :

  • contactez par vous-même la société dont votre interlocuteur se revendique après avoir recherché ses coordonnées (téléphone, adresse mail et postale) pour vérifier que le contact émane bien d’elle ;  
  • comparez à la lettre près le mail de votre interlocuteur avec celui du professionnel autorisé ;
  • interrogez l’association professionnelle dont votre interlocuteur prétend être membre ;
  • vérifiez sur le site de l’AMF le tableau récapitulatif des acteurs et sites non autorisés ou usurpant des acteurs régulés.

D’une manière générale, l’AMF rappelle de se méfier de toutes les propositions d’investissement, à première vue alléchantes. « Il n’y a pas de rendement élevé sans risque élevé », insiste l’autorité financière qui conseille de :

  • ne pas donner suite à des appels téléphoniques non sollicités ;
  • ne pas se précipiter ;
  • ne pas prendre pour argent comptant les informations données par les interlocuteurs que cela soit à l’oral ou à l’écrit ;
  • ne pas communiquer vos coordonnées personnelles (téléphone, mail, RIB, etc.) à des sites dont vous ne pouvez pas attester la fiabilité ou en remplissant un formulaire sur internet après avoir cliqué sur une bannière publicitaire.

En cas de doute sur la société, contactez l’AMF Epargne Info Service :

  • par téléphone au 01 53 45 62 00 (prix d’un appel local), du lundi au vendredi de 9h à 12h30 et de 13h30 à 17h
  • ou en remplissant le formulaire en ligne.

Que faire en cas d’escroquerie ?

Si malgré tout, vous avez été victime d’une escroquerie, signalez-la à l’AMF via son service « AMF Protect Epargne » afin d’éviter que d’autres épargnants ne soient piégés et portez plainte.

Si la somme investie est inférieure à 10 000 €, présentez-vous au commissariat ou à la gendarmerie les plus proches en communiquant tous les éléments factuels utiles (coordonnées des personnes avec lesquelles vous avez été en contact, copies des mails, enregistrements des échanges téléphoniques, somme totale perdue, ordre de virement, etc.).

Si la somme est supérieure à 10 000 €, vous pouvez porter plainte au commissariat, à la gendarmerie ou bien vous adresser directement au procureur de la République du tribunal judiciaire de votre lieu de résidence en envoyant une lettre recommandée avec accusé de réception. Une fois votre plainte enregistrée, vous recevrez un récépissé avec la référence de votre dossier afin de pouvoir suivre son évolution.

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