Pain, pâtes, gaz, carburant... Pourquoi les prix flambent-ils en cette rentrée ?

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© Andrey Popov - iStock

C’est un contrecoup de la crise du Covid-19 auquel on pouvait s’attendre : alors que le monde sort tant bien que mal des affres de l’épidémie, l’inflation repart de plus belle, notamment en Europe et aux États-Unis.

En cause, notamment, la hausse notable du tarif des matières premières ainsi que celui du transport maritime et aérien. Le tout alors que les phénomènes climatiques dévastateurs ont impacté la production dans certains coins de la planète, comme au Canada et en Europe centrale, cet été.

De quoi menacer les marges des industriels et des distributeurs qui n’auront d’autre choix que de répercuter cette flambée des prix sur ceux payés au final par le consommateur. Tour d’horizon des secteurs en tension.

Pâtes, café, pain, fruits et légumes…

C'est un indicateur majeur du pouvoir d’achat des Français, les produits alimentaires de base donnent souvent le « la » en matière d’inflation. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que les perspectives des prochaines semaines ne sont pas réjouissantes. De façon générale, la hausse concerne toutes les matières premières alimentaires : blé, soja, maïs, huile de palme… Mais concrètement, comment cela se traduit-il en rayons ?

Dossier Familial vous en parlait il y a peu, le tarif des pâtes pourrait bien augmenter en raison d’une pénurie de blé dur, son principal ingrédient. En cause, notamment, le dôme de chaleur au Canada ainsi que les intempéries qui ont touché une partie de l’Europe au cours de l’été.

Autre point chaud, le pain, chouchou des ménages français. Même problème lié à la hausse des cours du blé : le début de pénurie fait grimper les cours ainsi que les prix pratiqués par les minotiers qui se répercutent en bout de chaîne sur le boulanger qui pourrait devoir vendre sa baguette jusqu’à 10 ou 20 centimes plus cher pour amortir ce défaut de marge.

Pour le café, c’est bien la vague de froid qui a touché le Brésil, premier producteur mondial, qui est à l’origine de la hausse des cours alors que la demande pour cet or noir en grain ne cesse de grimper, notamment sur le marché asiatique. Les industriels du secteur, à commencer par le géant Nestlé, ont d’ores et déjà prévenu qu’ils devraient augmenter leurs prix de revente pour faire face.

Enfin, autre point noir en matière d’alimentation : les fruits et légumes. Ce n’est pas une surprise, la vague historique et dévastatrice de gel tardif qui a touché les cultures au printemps dernier porte ses fruits de façon négative sur le ticket de caisse. Le phénomène a déjà pu être constaté tout au long de l’été, ce qui n’a pas empêché les Français de se fournir toujours plus en produits bio et issus de la production locale.

E.Leclerc se pose en défenseur du consommateur

Le très médiatique patron de l’enseigne E.Leclerc, Michel-Edouard Leclerc, déclarait il y a peu au micro de BFMTV : « Un bon commerçant ne dit pas qu’il vendra plus cher […] Ceux qui osent dire qu’ils seront plus chers sont ceux qui ont spéculé. Nous avons donné consigne aux équipes de Leclerc de ne pas laisser passer les hausses spéculatives. On va castagner les multinationales. » 

Emballage et transports : la grande envolée

Il n’y a pas que le domaine alimentaire qui connaît une hausse importante des prix. C’est également le cas d’autres secteurs stratégiques du commerce mondial, à savoir les emballages et les transports, qui pèsent de façon importante sur les prix en rayons.

Selon le quotidien Les Echos, le prix du carton s’est envolé de 45 %, tout comme celui du papier (19 %) et celui du plastique (16 %).

En matière de transports, ce n’est pas mieux. Toujours selon le journal économique, le coût de la location des containers et du fret maritime ne cessent de flamber. Concrètement, ils ont quasiment doublé depuis mars dernier. De quoi lourdement impacter les marges des industriels alors que l’économie mondiale repart au galop.

Gaz, électricité et carburants : des rattrapages post-crise

Que ce soit au moment de payer à la pompe ou en consultant vos factures d’énergie, le constat est le même : c’est la soupe à la grimace. Car oui, le secteur énergétique est frappé de plein fouet par la hausse des prix.

Après avoir enregistré des pertes records au printemps 2020, allant jusqu’à la vente à perte de barils, le pétrole a retrouvé indéniablement son statut d’or noir. Terminé ces images de centaines de pétrolier stationnés au large des côtes du golfe d’Aden ou du golfe du Mexique sans solution pour décharger la marchandise : le monde repart et consomme toujours plus pour supporter cette reprise à toute allure.

Le résultat, vous le connaissez : le prix de l’essence et du diesel remonte, alors que les baisses de taxes décidées par Emmanuel Macron après la crise des « Gilets jaunes » sont toujours en vigueur. Rassurez-vous, toutefois, selon des experts récemment interrogés par Dossier Familial, le marché devrait se stabiliser au cours de l’automne. Ouf !

Le gouvernement à la rescousse ?

Côté électricité et gaz, c’est moins reluisant en revanche. Au 1er septembre dernier, les tarifs réglementés d’Engie ont augmenté de près de 8 %, après des hausses de plus de 10 % en juillet et 5 % en août. De quoi largement rattraper le « creux » des cours observés l’été dernier, au plus fort de la crise.

Pour l’électricité, l’énergie la plus consommée par les Français, la hausse pourrait se poursuivre de 8 % à 10 % au 1er janvier 2022. En pleine année d’élection présidentielle, cela fait tache. Et il a été précisé au début de l’été que le gouvernement, Bercy en tête, envisageait tous les scénarios possibles pour limiter au maximum la flambée des factures. Même une baisse des taxes, sur le modèle de ce qui a été déjà fait avec le carburant en 2019.

L’exécutif surveille comme le lait sur le feu ces hausses de prix dans tous les secteurs de la vie quotidienne. D’autant que le ministre de l’Économie et des Finances Bruno Le Maire a sonné, fin août, le début de la fin du « Quoi qu’il en coûte ». Autrement dit, le retour à une certaine rigueur budgétaire en matière de dépenses publiques.

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