Prime inflation, baisse des taxes sur les carburants… Les mesures envisagées pour contrer la hausse des prix

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Emmanuel Macron, Elysée
Emmanuel Macron, le 28 février à l’Elysée. - © Piroschka van de Wouw/Reuters

Alimentation, carburant, électricité, gaz… La guerre déclenchée le 24 février par la Russie en Ukraine va induire une nouvelle accélération de l’inflation. Jean Castex a affiché jeudi 3 mars sur TF1 son intention d’avoir « en début des semaine » prochaine des discussions avec les « partenaires sociaux », soit les organisations syndicales et patronales, afin de réagir aux effets du conflit « sur le pouvoir d’achat »

La veille, dans un discours télévisé consacré au conflit, en référence « aux perturbations des flux commerciaux et à l’augmentation des prix », le président de la République, Emmanuel Macron, avait indiqué avoir « demandé au Premier ministre d’élaborer, pour les prochains jours, un plan de résilience économique et social pour répondre à toutes ces difficultés ».

D’après Le Parisien/Aujourd’hui en France, l’exécutif étudie différentes hypothèses pour soutenir le pouvoir d’achat.

Une nouvelle indemnité inflation

L’avantage du paiement d’une prime est sa simplicité. Une indemnité inflation d’un montant de 100 € a dû être versée entre décembre et février à quelque 38 millions de personnes aux personnes dont le revenu est inférieur à 2 000 € par mois.

Outre le coût d’une telle mesure, l’inconvénient du dispositif est son caractère ponctuel. Face à l’envolée des prix des matières premières, un soutien de 100 € risque d’être insuffisant pour de nombreux ménages.

Dans un proche avenir, une telle mesure est certes susceptible de produire des « effets bénéfiques pour soulager les classes populaires, a analysé auprès du Parisien/Aujourd’hui en France Nicolas Goetzmann, chef économiste à la Financière de la Cité, une société spécialisée dans la gestion d’actifs. Mais ce geste ne peut être répliqué indéfiniment. Le meilleur effort à réaliser est diplomatique, pour convaincre d’autres pays d’augmenter leur production de pétrole » afin de « compenser la baisse d’approvisionnement depuis la Russie ».

Une baisse de la taxation sur les carburants

Faut-il réduire la taxation pesant sur les carburants ? Cette mesure est susceptible d’être très coûteuse pour les finances publiques, les taxes représentant autour de 60 % des prix à la pompe. Comme le rappelle Le Parisien/Aujourd’hui en France, Bruno Le Maire, pilier du gouvernement, a rejeté à plusieurs reprises l’hypothèse d’une diminution.

Le 18 octobre, trois jours avant l’annonce par Jean Castex de la prime inflation, le ministre de l’Economie, des finances et de la relance s’était affirmé « davantage favorable à un dispositif comme le chèque carburant plutôt qu’à une baisse de la fiscalité ».

Un recul de 1 centime « représente un demi-milliard d’euros, donc c’est très coûteux pour un résultat que les Français ne verront pas », avait argué Bruno Le Maire sur Europe 1.

Prolongation jusqu’à fin 2022 du « bouclier tarifaire » sur les prix du gaz

Le ministre de l’Economie a indiqué mardi sur France Info être partisan d’une prolongation « jusqu’à la fin de l’année » du « bouclier tarifaire » sur les tarifs réglementés du gaz, qui doit arriver à expiration le 30 juin. Bruno Le Maire souhaite également la mise en œuvre de cette mesure « pour certaines entreprises ».

Une inflation de 4,1 % en janvier

La hausse des prix a atteint 4,1 % en France en février sur un an, contre 3,3 % le mois précédent, selon des estimations provisoires publiées mercredi par Eurostat (à télécharger ici).

« Le taux d’inflation annuel de la zone euro est estimé à 5,8 % en février 2022, contre 5,1% en janvier », fait savoir l’office statistique de l’Union européenne.

Dans les 19 Etats de la zone euro, « l’énergie devrait connaître le taux annuel le plus élevé en février (31,7 %, comparé à 28,8 % en janvier), suivie de l’alimentation, alcool & tabac (4,1 %, comparé à 3,5 % en janvier), des biens industriels hors énergie (3 %, comparé à 2,1 % en janvier) et des services (2,5 %, comparé à 2,3 % en janvier) », détaille Eurostat.

L’augmentation des prix « va bientôt atteindre 5 % en France », expliquait jeudi à Dossier Familial l’économiste Marc Touati.

L’exécutif se trouve entre deux exigences contradictoires à l’approche de l’élection présidentielle, pour laquelle Emmanuel Macron a annoncé sa candidature ce jour dans une lettre aux Français diffusée par la presse quotidienne régionale. D’un côté, il doit apaiser les inquiétudes des personnes souffrant de la hausse des prix, notamment celles contraintes d’utiliser un véhicule pour se rendre à leur travail. De l’autre, il peut encore faire l’objet de critiques l’accusant de prendre des mesures électoralistes, à l’image d’une formule de la candidate Les Républicains (LR) Valérie Pécresse, qui juge que le chef de l’Etat « a cramé la caisse ».

Un soutien économique à « tous les secteurs » touchés

Le gouvernement identifie « tous les secteurs » pénalisés par la crise géopolitique, notamment « la construction aéronautique, l’agriculture, [...],le spatial, l’aérien » ou « l’industrie automobile », selon Jean Castex.

« On fait un travail très précis, très fin. L’évaluation de l’impact dépend à la fois des mesures de sanction que nous avons prises, des éventuelles mesures de contre-sanction que va prendre la Russie », a précisé jeudi le Premier ministre. Le chef du gouvernement va « concerter en début de semaine l’ensemble des filières concernées »,en vue de permettre leur soutien.

Interrogé sur l’éventualité d’une nouvelle mise en œuvre de la formule « Quoi qu’il en coûte », Jean Castex a rappelé que le conflit « n’est pas tout à fait la même que la crise sanitaire avec ses conséquences économiques ».

« Je rappelle quand même qu’on a perdu 8 % de produit intérieur brut en 2020. On ne devrait pas en être là avec la crise actuelle, mais il y aura des conséquences », a admis le Premier ministre. L’exécutif espère encore une croissance économique en 2022.

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