Literie et textile traités avec des biocides : des défauts d’étiquetage dans près d’un article sur deux

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© dima_sidelnikov

Matelas, oreillers, couettes, chaussettes, chaussons… Certains articles de literie ou d’habillement sont traités avec des produits dits « biocides » dans le but de les protéger contre des organismes nuisibles, tels que les moisissures, les bactéries ou certains insectes. Pour éviter les risques d’allergie ou d’irritation de la peau et les effets néfastes sur l’environnement, ces produits chimiques sont soumis aux dispositions d’un règlement européen. Afin de vérifier si ce dernier était bien respecté, la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) a participé en 2019 à une action conjointe européenne de contrôle. Sur les 129 produits examinés (81 % d’articles de literie et 16 % de vêtements), près d’un sur deux était susceptible de tromper le consommateur.

Des substances chimiques bien autorisées

D’une manière générale, les substances biocides utilisées déclarées ou identifiées sont bien approuvées ou en cours d’examen pour le type d’usage concerné et leur utilisation est, par conséquent, bien autorisée dans l’Union européenne. « Les professionnels cherchent à utiliser des substances supposées moins nocives pour la santé telles que le géraniol, l’extrait de margousier ou certaines huiles essentielles », note également les enquêteurs.

De nombreux défauts d’étiquetage

En revanche, le contrôle des modalités d’étiquetage des articles a mis en évidence un certain nombre d’anomalies alors que le règlement européen impose une obligation d’étiquetage spécifique, dès lors qu’une propriété découlant du traitement chimique est exploitée commercialement (anti-acarien, antibactérien, etc.). Pour 49 % des produits contrôlés, l’étiquette était soit absente, soit inexacte, soit incomplète (défaut de mention du nom de la ou des substances actives biocides utilisées pour 34 % des articles, ou précautions d’utilisation et éventuels risques cutanés liés à leur utilisation non précisés).

Autre manquement : la documentation technique est souvent insuffisante. Pour 27 % des produits examinés, la documentation détenue par les professionnels ne permettait pas d’attester de la nature, du statut ni même de l’efficacité des produits chimiques utilisés. « Beaucoup de fabricants d’articles de literie ou d’habillement ne réalisent pas d’autocontrôle et se fient entièrement à leurs fournisseurs », explique la Répression des fraudes.

Par ailleurs, sur les 129 articles contrôlés, 8 ont fait l’objet de tests réalisés en laboratoire. Les résultats ont montré que, pour cinq d’entre eux, les informations indiquées sur l’étiquetage étaient erronées (nature de la substance utilisée ou efficacité du traitement).

Tendance à minimiser l’impact des substances chimiques

Les services de la DGCCRF se sont également aperçus que certains professionnels avaient tendance à rassurer les consommateurs en minimisant la présence de substances biocides et les risques liés à leur utilisation. Des présentations ou allégations mettant en avant l’absence de toute nocivité pour la santé ou l’environnement et donc susceptibles d’être trompeuses ont été relevées. Par exemple, un traitement était qualifié de « naturel » ou de « végétal » alors que les substances d’origine naturelle étaient présentes en très faible quantité. Ou bien des produits revendiquaient des propriétés biocides « sans traitement chimique » alors que les professionnels n’étaient pas en mesure d’apporter la preuve de leur efficacité.

D’autres allégations commerciales n’étaient pas justifiées. Les enquêteurs ont ainsi relevé l’emploi abusif des termes « bambou », « bio », « naturel » ou encore la revendication d’une origine française, d’effets cosmétiques ou thérapeutiques non avérés.

Au total, sur l’ensemble des 255 établissements contrôlés, 87 étaient en infraction, soit un établissement sur trois. Au regard des résultats, la Répression des fraudes compte renouveler les contrôles.

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