Succès des cryptomonnaies : vers la création d’un euro numérique pour concurrencer le Bitcoin ?

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Le siège de la BCE, le 2 mars. - Kai Pfaffenbach – Reuters

Allez-vous pouvoir bientôt payer votre pain avec un euro numérique ? La Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil) a appelé le 14 février le dernier à « un débat démocratique » sur l’éventuelle création du dispositif, envisagée par la Banque centrale européenne (BCE).

Le Conseil des gouverneurs de l’institution « a décidé » le 14 juillet 2021 le lancement de « la phase d’étude d’un projet d’euro numérique », qui doit durer deux ans. À l’issue de cette phase, la BCE pourra trancher concerner la mise en œuvre d’une telle mesure, tout en conservant les billets et les pièces.

La possible émission d’une monnaie numérique ouvre des interrogations, détaillées par un communiqué publié le même jour par la BCE. Elle « doit répondre aux besoins des Européens mais aussi contribuer à prévenir les activités illégales et éviter tout effet indésirable sur la stabilité financière et la politique monétaire ».

L’étude menée doit notamment identifier les choix « permettant d’assurer le respect de la vie privée et d’éviter les risques pour les habitants de la zone euro, les intermédiaires et l’économie dans son ensemble », ajoutait la Banque centrale européenne.

« Un standard très élevé de confidentialité et de protection des données »

Dans un texte publié sur son site, la Cnil s’interroge comment garantir l’anonymat des utilisateurs. « Au vu de la demande du public, un standard très élevé de confidentialité et de protection des données sera une des principales clés pour le succès du futur euro numérique », indique l’autorité.

Pour la Commission nationale de l’informatique et des libertés, tandis que « les espèces permettent l’anonymat des paiements – et donc l’absence de traçage des achats effectués et de risque pour la vie privée –, on ne sait pas encore si le futur euro numérique offrira également cette possibilité ». La Cnil admet la difficulté de permettre « un anonymat total dans l’usage » d’une monnaie numérique et souligne que « l’anonymat pourrait être contraire à d’autres objectifs de politique publique comme la lutte anti-blanchiment ou contre le financement du terrorisme ».

Les atouts d’un euro numérique

La Banque centrale européenne trouve plusieurs atouts à un euro numérique. Un tel dispositif « constituerait une solution de paiement supplémentaire, plus facile à utiliser, contribuant ainsi à l’accessibilité et à l’inclusion », est-il écrit sur le site de la BCE.

« On pourra payer en cash (numérique) à l’autre bout du monde », envisageaient les chercheurs Bruno Colmant, Charles Cuvelliez et Jean-Jacques Quisquater, dans un article publié le 3 décembre par Le Monde. L’euro numérique pourra également être utilisé pour le versement des « aides sociales » ou le paiement des « taxes », imaginaient les auteurs.

Il existe déjà des « solutions privées de paiement numérique et en ligne », rappelait Fabio Panetta, membre du directoire de la BCE, en référence notamment aux applications mobiles permettant de pratiquer le paiement sans contact. 

Ces dispositifs « présentent de nombreux avantages », tels que la « facilité d’utilisation », la « rapidité » et l’« efficacité », observait, dans un article publié le 14 juillet sur le site de la BCE, le président du groupe de travail sur un euro numérique.

Mais ils « posent également des risques liés à la confidentialité, à la sécurité et à l’accessibilité », tout en étant « chères pour certains utilisateurs », poursuivait Fabio Panetta. « Les paiements numériques restent davantage utilisés par les consommateurs aux plus hauts revenus, alors que les personnes aux revenus plus faibles privilégient les espèces », soulignait l’auteur.

Contrairement aux cryptoactifs, appelées improprement cryptomonnaies, un euro numérique constituerait « un gage de sécurité », rappelait Fabio Panetta. « Comme les espèces, il représenterait en effet une créance directe sur la banque centrale et serait dès lors sans risque de liquidité, de crédit ou de marché », note le membre du directoire de la BCE.

Hausse du « recours aux modes de paiement scripturaux »

La crise sanitaire due à la pandémie de Covid-19 a marqué une accélération du « recours aux modes de paiement scripturaux », notamment la carte bancaire, a indiqué la BCE dans un communiqué concernant une étude publiée le 2 décembre 2020.

En 2019, année précédant la crise sanitaire, dans les 19 pays de la zone euro, « les consommateurs adultes ont effectué 73 % de leurs transactions de détail, aux points de vente et de particulier à particulier, en espèces (48 % en valeur) », précisait l’institution. Les niveaux atteignaient en 2016 79 % en volume et 54 % en valeur.

« L’utilisation des cartes pour les paiements de détail en personne a augmenté de 5 points de pourcentage au cours de la même période de trois ans, passant de 19 % à 24 % (41 % en valeur) », selon la BCE.

 

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