Les Français qui le peuvent continuent à épargner

Le taux d’épargne doit atteindre 20,8 % sur l’année 2020, évalue l’Insee. Ce record depuis 1978 révèle un fort pessimisme.

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Epargne
La France est un pays d’épargnants. © BartekSzewczyk

Les Français qui en ont la possibilité garnissent encore leur bas de laine. L’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) estime à 20,3 % le taux moyen de l’épargne des ménages par rapport à leur revenu disponible sur toute l’année 2020, un niveau record depuis 1978, fait savoir mercredi 7 octobre l’organisme à Dossier Familial, confirmant une information des Echos.

« Avec le rebond de la consommation – même atténué en fin d’année – le taux d’épargne des ménages, qui avait quasiment doublé au deuxième trimestre (du fait d’une épargne forcée) reviendrait autour de 17 % au second semestre, un niveau légèrement supérieur à celui d’avant-crise », anticipe l’Insee dans une note de conjoncture publiée mardi. Ce document est consacré à la situation de l’économie, en récession en 2020.

Légère baisse du revenu disponible

Entre janvier et juin, « le revenu disponible brut des ménages (corrigé des variations saisonnières et des jours ouvrés) a atteint 734 Md€, en baisse de 7 Md€ comparé à celui du second trimestre 2019 », évalue l’Insee.

Si les revenus d’activité et de la propriété (salaires, loyers, etc.) ont fortement diminué, le montant des prestations sociales, notamment tirées de l’activité partielle (ancien chômage partiel), a progressé, et les impôts ont reculé.

En conséquence, « la baisse du revenu disponible des ménages entre le second semestre 2019 et le premier trimestre 2020, reste [...] relativement faible au regard » du repli du produit intérieur brut (PIB) « de près de 125 Md€ durant la même période ».

Les dépenses de consommation ont chuté au premier semestre : 562 Md€ ont été dépensés entre janvier et juin, contre 631 Md€ au semestre précédent.

Au total, le flux d’épargne brute, soit la fraction des revenus non dépensés pour la consommation, a explosé de 61 Md€, pour s’élever à 173 Md€ au premier semestre, ajoute l’Insee. Les ménages peuvent se servir de leurs revenus pour investir, notamment dans l’immobilier, mais ces investissements ont diminué.

Attrait pour l’épargne

« Les ménages en emploi signalent de plus en plus fréquemment qu’il est opportun d’épargner depuis la fin du confinement, explique l’Institut. C’est aussi le cas des ménages retraités, pourtant moins concernés par la baisse des revenus d’activité, signe peut-être de solidarité intergénérationnelle ou de craintes générales sur l’avenir. »

L’abondance d’épargne révèle le fort pessimisme des Français, accru encore par la pandémie de Covid-19 et par récession. Selon l’Insee, « l’indicateur » synthétisant « la confiance des ménages » persiste à un niveau « plus élevé que pendant la grande récession de 2008-2009, mais les inquiétudes relatives au chômage atteignent des niveaux comparables ».

La France est l’un des pays d’Europe où les particuliers épargnent le plus par rapport à leurs revenus. Délaissant les investissements en actions, les ménages sont friands de produits sécurisés tels que le Livret A, le Livret de développement durable et solidaire (LDDS) ou les fonds en euros des assurances-vie, malgré leur faible rendement. Pour les économistes, le déblocage d’une partie des économies accumulées depuis le début de la crise sanitaire peut contribuer à relancer l’activité.

df
Timour Aggiouri
Publié le

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