Le taux du Livret A va bien augmenter le 1er août

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Femme, main, tirelire
© Ridofranz

En quelques mots, François Villeroy de Galhau, a fait connaître une information favorable aux épargnants. « Il faut s’attendre à une nouvelle hausse du taux du Livret A au 1er août prochain », a prévenu le gouverneur de la Banque de France durant la présentation du rapport annuel de l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR).

François Villeroy de Galhau a précisé qu’il transmettra au gouvernement une proposition de hausse fondée sur les niveaux définitifs de l’inflation au titre du mois de juin, qui doivent être connus à la mi-juillet, rapporte Les Echos.

La Banque de France rend des avis consultatifs concernant l’évolution du rendement, qui ne lient pas le ministre de l’Economie et des finances.

« Le gouverneur a ouvert la porte à une augmentation, on est à peu près certains qu’il y en aura une », explique à Dossier Familial Philippe Crevel, président du Cercle de l’épargne, un think tank.

Au moins « 1,9 % ou 2 % »

Compte tenu du regain d’inflation, les économistes s’attendent à une hausse du taux du Livret A et du Livret développement durable et solidaire (LDDS), à 1 % depuis le 1er février. En mai, les prix à la consommation ont progressé de 5,2 % sur un an, a estimé provisoirement l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee), dans une enquête parue le 31 mai.

Le calcul du taux du Livret A repose sur une formule complexe, prévue par un arrêté du 27 juin 2021, incluant à la fois le niveau de l’inflation et le taux interbancaire à court terme de la zone euro. Le niveau de l’inflation pris en compte est matérialisé par « les prix à la consommation, hors tabac, de l’ensemble des ménages » établi par l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee), selon un arrêté du 27 janvier 2021.

« La stricte application de la formule aboutirait à un taux de 1,9 % ou 2 % », souligne Philippe Crevel. Pour l’économiste, le gouvernement n’ira pas au-delà.

Erosion de l’épargne et du pouvoir d’achat

Le gouvernement doit en effet répondre à plusieurs demandes contradictoires. Celles des épargnants électeurs, qui subissent une érosion de leurs économies et de leur pouvoir d’achat. Celles des banques : une hausse de la rémunération du Livret A et du LDDS renchérit leurs coûts. Celles enfin des acteurs des logements sociaux et des collectivités territoriales, les prêts accordés par la Caisse des dépôts et consignations (CDC) pour la construction de logements sociaux et le renouvellement urbain étant indexés sur le taux du Livret A.

S’il n’a pas fait de cette construction et du renouvellement urbain une priorité de son action, le gouvernement est attentif à la dégradation de la situation économique. L’Insee a révisé à la baisse son estimation de l’évolution du produit intérieur brut (PIB) au premier trimestre de l’année 2022. Le PIB a diminué de 0,2 %, en lien avec « la faiblesse de la consommation des ménages », qui a plongé de 1,5 %, a évalué l’organisme dans un document publié mardi. Par crainte devant l’avenir et dans l’espoir que les prix diminuent, les ménages qui en ont les moyens peuvent préférer épargner plutôt que dépenser. Au détriment de la consommation, moteur historique de la croissance française.

Le gouvernement va tâcher de ne pas bouleverser « la hiérarchie des placements », anticipe le président du Cercle de l’épargne. « Le Livret A ne peut pas être plus de deux fois rémunérateur que les fonds en euros de l’assurance-vie. Il ne peut pas non plus y avoir un écart trop important avec les livrets fiscalisés », argue Philippe Crevel.

Fixé à 0,5 % depuis le 1er février 2020, le taux du Livret A et du LDDS avait crû à 1 % en février dernier suivant une proposition du gouverneur de la Banque de France. La stricte application de la formule de calcul aurait dû aboutir à l’entrée en vigueur d’un taux de 0,8 %. Le gouvernement avait accordé un geste aux épargnants.

Ce rendement est susceptible de changer à compter des 1er février, 1er mai, le 1er août et 1er octobre.

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