La politique de Macron a favorisé les plus riches

Les foyers les plus aisés ont profité de mesures fiscales décidées sous le quinquennat, estime l’Observatoire français des conjonctures économiques dans une étude parue mercredi. 

Retrouvez ce contenu dans votre compte en cliquant sur ce lien

Ce contenu a bien été ajouté à vos favoris dans votre compte

Voir mes favoris

Pour ajouter ce contenu à vos favoris vous devez être connecté(e)

Me connecter

Pour ajouter ce contenu à vos favoris vous devez être abonné(e)

M'abonner
2mn de lecture
Emmanuel Macron, à l’Elysée ce mercredi.
Emmanuel Macron, à l’Elysée ce mercredi. © Gonzalo Fuentes – Reuters

Les réformes fiscales menées depuis le début du quinquennat d’Emmanuel Macron ont bénéficié aux ménages les plus riches, estime l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) dans une étude publiée mercredi 5 février. Ce centre de recherche rattaché à Sciences Po détaille les gains et les pertes découlant de ces mesures.

Sur les 17,3 milliards d’euros de gains de pouvoir d’achat obtenus par les foyers depuis début 2018, « plus de 4 milliards d’euros, soit 25 %, l’ont été aux 5 % des ménages les plus aisés », écrivent quatre économistes de cet organisme classé à gauche.

Suppression de l’ISF

Deux réformes fiscales entrées en vigueur le 1er janvier 2018 favorisent les personnes les plus riches :

  • la suppression de l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF), devenu impôt sur la fortune immobilière (IFI), à l’assiette, c’est-à-dire à la base d’imposition, restreinte, réduite aux seuls biens immobiliers ;
  • la création du prélèvement forfaitaire unique (PFU), qui, en touchant l’essentiel des revenus du capital, a allégé leur imposition.

« A contrario, depuis le début du quinquennat, les 10 % de ménages les plus modestes restent en moyenne les perdants de la mise en place des mesures » sociales et fiscales de la législature, poursuivent les auteurs de l’étude.

« Les actifs occupés ont capté la grande majorité des gains de niveaux de vie enregistrés depuis 2018 », précisent les chercheurs. Les retraités et les chômeurs ont été globalement écartés de ces gains. La hausse de la contribution sociale généralisée (CSG) pour certains foyers de retraités à compter de début 2018 et le durcissement des règles de l’assurance chômage le 1er novembre 2019 ont pénalisé ces deux populations.

Et en 2020 ?

En 2020, les 5 % des ménages les plus modestes « verraient leur revenu disponible diminuer en moyenne de 45 € par an », anticipent les auteurs de l’étude. Le revenu disponible désigne tous les revenus encaissés après impôt sur le revenu, IFI, taxes d’habitation et foncière, prélèvements sociaux et cotisations sociales.

Selon les quatre chercheurs, « les effets des mesures prises sur les aides au logement (- 30 €), la réforme des allocations chômage (- 40 €) et la hausse des prix du tabac (- 30 €) » vont être partiellement « compensés par les effets positifs de la taxe d’habitation (+ 35 €) et les revalorisations de l’allocation aux adultes handicapés (AAH, + 15 €) et de l’allocation de solidarité aux personnes âgées (Aspa, + 10 €) ».

Plus largement, les 20 % des foyers les plus modestes, soit avec un niveau de vie inférieur à 1 315 € par mois pour une personne seule, « devraient perdre en moyenne à la mise en place des mesures du budget 2020 », surtout en raison « de la baisse des allocations logement ».

À l’inverse, les ménages dont le niveau de vie est supérieur à ce seuil vont bénéficier d’une augmentation de leur revenu disponible.

  • Pour télécharger l’étude « Budget 2020 : du pouvoir d’achat au travail », cliquez ici.
df
Timour Aggiouri
Publié le

Partager cet article :