La fraude aux chèques explose : comment s’en prémunir ?

Ce n'est pas nouveau : le chèque est de plus en plus boudé par les Français qui lui préfèrent les espèces et surtout la carte bancaire. Malgré tout, ce moyen de paiement d'un autre temps est devenu en 2019 le plus fraudé selon les conclusions d'un rapport de la Banque de France. 

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© Andrey Popov

La tendance se confirme depuis le début des années 2000 : les Français dégainent de moins en moins leur chéquier et leur stylo pour régler leurs achats ou leurs factures. Selon les chiffres communiqués dans le rapport annuel de l’Observatoire de la sécurité des moyens de paiement, rattaché à la Banque de France, 1,6 milliards de chèques ont été émis en 2019 pour un montant total de 814 milliards d’euros. Deux chiffres en baisse de 9 %.

Pourtant, de façon assez paradoxale, le chèque est devenu le moyen de paiement le plus fraudé en France. L’escroquerie en la matière a progressé de 20 % au cours de l’année passée pour atteindre le chiffre de 540 millions d’euros. Le chèque représente désormais 46 % des fraudes totales aux moyens de paiement contre 40 % pour la carte bancaire.

Des modes opératoires multiples

Dans son rapport, l’Observatoire détaille les types de fraudes les plus courantes concernant les chèques. En premier lieu, on retrouve l’utilisation frauduleuse de chèques perdus ou volés « qui représente 55 % des montants fraudés en 2019. » A ce sujet, le recours à des « mules » recrutées sur les réseaux sociaux pour encaisser ces chèques sur leurs propres comptes bancaires est pointé du doigt.

La falsification de chèques régulièrement émis (27 % des montants fraudés) ainsi que la contrefaçon de chèques fabriqués de toutes pièces (14 % des montants fraudés) complètent ce podium des escroqueries les plus courantes en la matière.

Comment protéger ses chèques ?

Dans un entretien accordé au journal Le Monde, Julien Lasalle, le chef du service de surveillance des moyens de paiement scripturaux de la Banque de France, détaille les pistes à l’étude pour contre-attaquer. Y figurent notamment : « de nouvelles normes de fabrication des chèques, intégrant des éléments de sécurité supplémentaires, ou la traçabilité des envois de carnets de chèques, ou encore le rejet des chèques trop raturés pour être honnêtes. »

Dans l’attente de l’éventuelle mise en place de ces nouvelles mesures, vous pouvez d’ores et déjà tenter de vous prémunir contre la fraude au moyen de quelques astuces de bon sens :

  • Conservez votre chéquier dans un endroit sûr ;
  • Ne signez jamais de chèque « en blanc » ;
  • Évitez les ratures et les surcharges en le remplissant ;
  • En cas de perte ou de vol d’un chèque, faites immédiatement opposition.

Bon à savoir // L'astuce du ruban adhésif 

Si vous êtes amené à envoyer un chèque par voie postale, dans le cadre du règlement d’une facture par exemple, pensez à coller du ruban adhésif transparent sur la partie indiquant le montant après l’avoir rempli. Cela rendra plus difficile le travail des fraudeurs qui pourraient vouloir modifier certaines informations capitales avant son encaissement.

Covid oblige, le sans-contact est plébiscité

Concernant les autres moyens de paiement, le rapport annuel de l’Observatoire de la sécurité des moyens de paiement ne manque pas de souligner les changements observés à l’occasion de la crise sanitaire, au printemps 2020. Ainsi, il souligne la hausse logique du nombre de paiements sans-contact : une augmentation de plus de 60 % en volume et de 120 % en montant par rapport aux chiffres de 2019.

Dans le sillage de ces bouleversements « qui pourraient s’inscrire dans la durée » selon l’Observatoire rattaché à la Banque de France, le rapport note également la baisse de plus de 20 % des paiements par carte bancaire « de proximité », c’est-à-dire avec saisie du code confidentielle sur un terminal dédié.

Enfin, il est important de noter que l’utilisation des espèces est également en net recul, en France. En septembre, le nombre d’opérations de retraits aux distributeurs automatiques accusait une baisse de 10 % sur un an.

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