Investir dans une chambre d’Ehpad : gare aux arnaques

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© KatarzynaBialasiewicz

Après les places de parking d’aéroport l’an dernier, les placements dans les chambres d’établissement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) sont le nouvel appât des escrocs pour usurper les investisseurs. Depuis le début de l’année, l’Autorité des marchés financiers (AMF) a reçu plusieurs centaines de demandes d’épargnants concernant d’alléchantes propositions d’investissements dans des chambres d’Ehpad.

Le procédé utilisé par les aigrefins « semble proche » de celui utilisé pour les fausses propositions de placement dans des places de parking. « Après avoir renseigné leurs coordonnées sur des formulaires en ligne à la suite de publicités faisant miroiter un rendement attrayant, des épargnants sont contactés par téléphone ou par mail par des soi-disant conseillers qui leur proposent d’investir dans des Ehpad au travers de faux produits d’épargne ou d’investissement (livrets, fonds d’épargne à taux garantis, chambres d’Ehpad vendues à la découpe en Espagne et au Portugal) », explique le gendarme de la bourse française dans un communiqué.

Pour rendre leur offre crédible, les démarcheurs n’hésitent pas à transmettre des brochures commerciales aux nom et logo de véritables acteurs financiers ou grands groupes du secteur. « Les épargnants sont ensuite invités à signer un faux contrat de location ou un bulletin de souscription pour un présumé produit financier ou à souscrire à un livret avec versement d’intérêts », poursuit l’AMF.

Comme à chaque fois dans ce type d’arnaque, le placement est présenté comme hautement rentable (entre 6 % et 10 % par an) et sans risque, « mais il n’y a en réalité aucune acquisition ni location de chambres d’Ehpad derrière les offres frauduleuses de ce type ». Selon l’AMF, le préjudice moyen déclaré par les victimes avoisine les 60 000 €.

Les conseils pour ne pas vous faire piéger

Le gendarme boursier recommande aux investisseurs de ne pas donner suite aux sollicitations des personnes les incitant à investir dans ce type de placement sans avoir vérifié qu’elles disposaient des garanties ou des autorisations nécessaires. Pour le savoir, il faut consulter le registre en ligne des agents financiers agréés (entreprises françaises et étrangères, autorisées à exercer des activités financières en France) ainsi que le site Internet de l’ORIAS, organisme chargé de tenir le registre des intermédiaires.

D’une manière générale, l’AMF recommande, avant tout investissement, d’appliquer les règles de vigilance suivantes :

  • se méfier des promesses de gains trop rapides sans contreparties et des publicités pour des offres de placement qui circulent sur les réseaux sociaux ;
  • ne pas céder aux pressions du démarcheur ;
  • se méfier des demandes de transfert d’argent vers des pays sans aucun rapport avec la société ni avec l’Etat de résidence de l’investisseur ;
  • ne jamais communiquer ses coordonnées personnelles (téléphone, mail, pièces d’identité, RIB, IBAN, justificatifs de domicile…) à des sites dont on ne peut attester la fiabilité.

Contactez l'AMF en cas de doute

En cas de doute sur un placement, il est possible de contacter l’AMF Epargne Info Service :

  • par téléphone au 01 53 45 62 00 (prix d’un appel local), du lundi au vendredi de 9h à 12h30 et de 13h30 à 17h
  • en remplissant le formulaire en ligne.

Attention, si « la société qui vous contacte n’a pas fait l’objet d’une mise en garde de la part de l’AMF, cela ne signifie pas pour autant que celle-ci est autorisée à vous fournir des services financiers ».

L’AMF propose aussi une application, « AMF Protect Epargne », disponible sur l’Apple Store ou sur internet, qui permet d’obtenir une indication sur le niveau de risque d’arnaque d’une proposition d’investissement, de rechercher un acteur non autorisé dans les listes noires de l’AMF, de signaler des fraudes, de se tenir informé des alertes et mises en garde de l’AMF et de contacter l’AMF ou un autre interlocuteur.

Que faire en cas d’escroquerie ?

Si vous avez été victime de l’escroquerie, signalez-la à l’AMF via son service « AMF Protect Epargne » afin d’éviter que d’autres épargnants ne soient piégés et portez plainte.

Si la somme investie est inférieure à 10 000 €, présentez-vous au commissariat ou à la gendarmerie en communiquant tous les éléments factuels utiles (coordonnées des personnes avec lesquelles vous avez été en contact, copies des mails, enregistrements des échanges téléphoniques, somme totale perdue, ordre de virement, etc.).

Si la somme est supérieure à 10 000 €, vous pouvez porter plainte au commissariat, à la gendarmerie ou bien vous adresser directement au procureur de la République du tribunal judiciaire de votre lieu de résidence en envoyant une lettre recommandée avec accusé de réception. Une fois votre plainte enregistrée, vous recevrez un récépissé avec la référence de votre dossier afin de pouvoir suivre son évolution.

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