Inflation : baisse record du pouvoir d’achat des Français en 2022

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Sur un marché à Nice, mardi 7 juin. - Eric Gaillard – Reuters

La prévision est sombre. Le pouvoir d’achat va diminuer de 0,8 % en 2022 sous le poids de l’inflation, estime l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) dans une étude parue jeudi 9 juin (à télécharger ici).

« En tenant compte des évolutions démographiques, le pouvoir d’achat par unité de consommation se contracterait de 0,8 % en 2022 […], malgré la revalorisation accélérée de 4 % des prestations sociales dès juillet […], une hypothèse de hausse de l’indice de la fonction publique de 2 points cet été et la mise en place d’un chèque alimentaire à l’automne », explique l’OFCE, centre de recherche rattaché à Sciences Po et classé à gauche.

Le gouvernement va faire adopter une aide à l’inflation, qui doit être versée « à la rentrée » aux foyers les plus modestes, a fait savoir mardi sur France Bleu la Première ministre, Elisabeth Borne, devant les difficultés de mise en place d’un chèque alimentation, qui n’est cependant officiellement pas enterré. La perte de pouvoir d’achat constitue la forte chute enregistrée « depuis 2013, année marquée par un choc fiscal de grande ampleur », au début du quinquennat de François Hollande, remarque l’OFCE.

En 2022, les prix vont grimper de 4,9 %, les seuls prix de l’énergie bondissant « de 22 % en moyenne sur l’année », anticipent les économistes qui ont rédigé l’étude. « En raison du choc inflationniste, le pouvoir d’achat des ménages a […] reculé de 1,8 % sur le premier trimestre 2022, l’effet ayant été amplifié par la comptabilisation de la totalité de l’indemnité inflation sur le quatrième trimestre 2021, accentuant le contrecoup de la baisse de revenu en début d’année », selon les auteurs.

Les boucliers tarifaires et la remise carburant ont atténué le choc

Boucliers tarifaires pour l’électricité et le gaz, remise de 15 centimes hors taxes par litre de carburant : le gouvernement de Jean Castex puis celui d’Elisabeth Borne ont porté des mesures pour atténuer le choc. L’OFCE considère que les « mesures budgétaires spécifiques pour amortir la hausse des prix de l’énergie », ont permis « de réduire l’inflation de 2,1 points en 2022, pour un coût budgétaire estimé à 1 point de PIB ».

Comme lors la mise en œuvre de la formule d’Emmanuel Macron « Quoi qu’il en coûte » face à la pandémie de Covid-19, « [l]a dégradation des comptes publics » a permis de « préserver les comptes privés ».

Sans empêcher une diminution record de la demande. Au premier trimestre, « la consommation des ménages » a dégringolé de 1,5 %, « soit la plus forte baisse depuis plus de 70 ans en dehors de l’épisode Covid de 2020 », rappelle l’OFCE, liant cette tendance au recul du pouvoir d’achat ainsi qu’« aux contraintes générées par la vague Omicron ».

Ralentissement du rythme des créations d’emplois

L’organisme a révisé à la baisse sa prévision de croissance pour l’année. Selon l’organisme, le produit intérieur brut (PIB) va progresser de 2,4 % sur l’année et non, comme il l’anticipait dans une publication du 25 mai, de 2,7 %. L’économie française était tombée en récession en 2020 (– 7,9 %), puis avait rebondi à hauteur de 6,8 % en 2021. Sa dégradation pénalise le rythme des créations d’emplois. « L’emploi salarié dans le secteur marchand augmenterait de 0,9 % en 2022 puis 0,2 % en 2023, après 3,1 % en 2021 », écrivent les auteurs.

« Bien qu’en net ralentissement à partir du deuxième trimestre 2022, les créations d’emplois seraient suffisantes pour stabiliser le taux de chômage à 7,3 % sur le reste de l’année », ajoutent les économistes. Emmanuel Macron décrivait dans son programme de campagne « le plein-emploi » comme à « portée de main ». Atteindre cet « objectif » risque d’« être difficile », selon des propos d’Eric Heyer, directeur de l’OFCE, rapportés par Les Echos.

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