Prêt immobilier : à quelle hausse des taux faut-il s'attendre ?

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Maison, pourcentage
© Puttachat Kumkrong

La tendance se confirme. Les taux moyens des nouveaux crédits immobiliers ont progressé de 1,18 % en mars à 1,27 % en avril, indique l’Observatoire Crédit Logement/CSA dans son étude mensuelle parue jeudi 5 mai.

Dans le détail, les taux moyens, « hors assurance et coût des sûretés », ont grimpé à 1,12 % sur 15 ans (1,01 % en mars), à 1,25 % sur 20 ans (1,13 % en mars) et à 1,37 % (1,25 %) sur 25 ans. 

« Depuis le déclenchement de la guerre en Ukraine, les emprunteurs modestes ou faiblement dotés en apport personnel rencontrent des difficultés supplémentaires pour accéder au crédit et le déplacement de la demande vers les tranches de revenus supérieures se renforce », commente l’Observatoire Crédit Logement/CSA.

Les banques augmentent leurs taux « plusieurs fois par mois »

Ces résultats ne constituent « pas du tout une surprise », réagit auprès de Dossier Familial Cécile Roquelaure, directrice des études d’Empruntis, qui rapporte que les banques augmentent leurs exigences « plusieurs fois par mois » et non plus seulement en début de mois.

Les taux moyens pratiqués par les partenaires bancaires d’Empruntis s’élèvent à 0,85 % sur 15 ans, 1,1 % sur 20 ans et 1,3 %, d’après un communiqué diffusé mercredi 4 mai par le réseau de courtage en crédit.

« Dès la fin de l’année, nos partenaires bancaires nous avaient informés que les taux allaient augmenter », souligne Cécile Roquelaure, en liant cette tendance au rebond du rendement des obligations assimilables du trésor (OAT) sur 10 ans, ces titres émis sur les marchés financiers par l’Etat pour financer sa dette. Le taux de l’OAT sur 10 ans atteignait 1,51 % mercredi 4 mai, selon le site de la Banque de France. L’année dernière, il a pu se situer en deçà de 0 : cela signifiait que les acquéreurs de titres de dette payaient des intérêts à l’Etat.

« Les banques répercutent le renchérissement du coût de l’argent. Mais elles ne le font que partiellement. Elles doivent répondre à leurs objectifs de production de crédit et sont bloquées par la hausse des taux de l’usure », au-delà desquels elles ne peuvent aller, note la cadre d’Empruntis. Si elles augmentent les taux d’intérêt trop fortement, les banques risquent d’exclure un nombre important de candidats à l’emprunt. Elles doivent faire un arbitrage entre leurs marges et le volume de prêts accordés. « Un établissement partenaire nous a indiqués qu’il voulait baisser ses taux », rapporte Cécile Roquelaure.

Les taux du crédit immobilier vont-ils rester sur la même pente ? Notre interlocutrice estime que le contexte macro-économique (guerre en Ukraine, inflation, stagnation de l’activité) est propice à une hausse du rendement des OAT exigé par les investisseurs. Pour elle, la hausse des taux d’emprunt va donc se maintenir, « au moins jusqu’à l’été ». Le premier semestre est en effet stratégique pour les banques en matière de production de crédit.

« Des taux largement inférieurs à l’inflation »

Malgré le relèvement des taux, les personnes pouvant obtenir un prêt profitent toujours d’une exception historique. « [L]a totalité des emprunteurs bénéficient toujours de crédits à des taux largement inférieurs à l’inflation, ce qui n’était jamais constaté depuis le début des années 1960 », remarque l’Observatoire Crédit Logement/CSA. Une telle situation n’avait même pas eu lieu « à la suite du premier choc pétrolier, lorsque l’inflation culminait à 14,2 %, en 1974 ».

D’après une estimation « provisoire » publiée le 29 avril par l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee), les prix à la consommation ont crû de 4,8 % sur un an le mois dernier.

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