Guerre en Ukraine : quels risques pour votre épargne ?

4 min de lecture

Ce contenu a bien été ajouté à vos favoris

Voir mes favoris

Ce contenu a bien été supprimé de vos favoris

Voir mes favoris

Pour ajouter ce contenu à vos favoris vous devez être connecté(e)

Me connecter

Pour ajouter ce contenu à vos favoris vous devez être abonné(e)

M'abonner
Ordinateur, cours de bourse
La guerre en Ukraine renforcer l’inflation. - © phongphan5922

Sous l’impulsion du maître du Kremlin, Vladimir Poutine, la Russie est entrée jeudi 24 février en guerre contre l’Ukraine, à la consternation des puissances de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN), dont la France et les Etats-Unis.

« Il y aura évidemment un impact économique pour l’Europe et pour la France, il ne faut pas se cacher derrière son petit doigt et vendre des illusions », a expliqué dimanche sur France Inter le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, cité par Le Monde.

Moins de croissance, plus d’inflation et d’épargne

En vidéo : 3 min pour comprendre : les répercussion de la guerre en Ukraine sur votre pouvoir d'achat

D’ores et déjà, les économistes abaissent leurs prévisions concernant l’évolution de l’activité en 2022, sans parvenir encore à faire des anticipations précises, rapporte Le Parisien/Aujourd’hui en France. Le ministre de l’Economie, des finances et de la relance, Bruno Le Maire, avait indiqué en janvier prévoir une croissance du produit intérieur brut (PIB) de 4 % en 2022. L’année dernière, la hausse de 7 % avait effacé la récession de 2020 due à la pandémie de Covid-19.

La dégradation de l’activité économique va s’accompagner d’un renforcement de « la menace inflationnaliste », observe l’économiste Philippe Crevel auprès de Dossier Familial. Pour le directeur du Cercle de l’épargne, la guerre risque de tirer encore les prix à la hausse. « La Russie et l’Ukraine sont des pays exportateurs de matière premières, notamment d’énergies comme le pétrole et le gaz, mais également de métaux rares », souligne le président du Cercle de l’épargne.

« Traditionnellement, les ménages épargnent davantage en période de crise, même si tout dépend du niveau de la crise, rappelle Philippe Crevel. La guerre se conjugue avec la menace inflationnaliste. Cela pourrait conduire à une légère ré-augmentation du taux d’épargne. » « De manière contre-intuitive », les foyers économisent davantage par crainte d’une montée des prix encore plus forte.

Consultez le guide pratique "Je me constitue un patrimoine financier"

Une check-list pour ne rien oublier

Des outils pratiques

Tous les articles utiles

J'y vais

Baisse du « rendement réel » du Livret A

Le Livret A, le Livret de développement durable et solidaire (LDDS), le plan épargne logement (PEL) ou les assurances-vie libellées en fonds en euros ne présentent aucun risque de perte en capital, même en cas de choc économique. Mais en raison du renforcement de l’inflation, « le rendement réel de certains produits de taux va être encore plus mauvais. C’est vrai pour les livrets, réglementés [comme le Livret A et le LDDS] ou non, mais aussi pour les obligations », ces titres que peuvent émettre les Etats et les sociétés pour financer leur dette.

Opportunités sur les marchés actions

Pour les personnes qui ont placé leur épargne de précaution dans des produits sûrs et ont la possibilité d’investir dans des actifs à risque de perte, les marchés actions présentent davantage d’atouts. « À cause de l’inflation, le marché actions était déjà volatil avant la crise ukrainienne, rappelle l’économiste, faisant référence aux fortes évolutions de ce marché. Il va être encore plus volatil. » Les valeurs des groupes spécialisés dans les énergies, comme Engie ou TotalEnergies, et celles des transporteurs ou des banques, « vont être chahutées » par le conflit et les sanctions économiques. Le constructeur automobile Renault, fortement implanté en Russie, est aussi pénalisé. Cependant, « nous ne sommes pas à la veille d’un krach, ajoute Philippe Crevel. Les résultats des entreprises sont plutôt bons, ils leur permettent de faire face à une baisse de leur chiffre d’affaires ».

Notant que « les Français qui détiennent des actions sont désormais matures et font preuve d’une certaine résilience », l’économiste conseille aux actionnaires de « ne pas céder à la panique » et de ne pas vendre leurs titres au cours malmené. Il conseille même de saisir des opportunités en acquérant des actions dont la valeur chute, dans l’attente d’une remontée.

Les épargnants doivent maintenir une stratégie de diversification, tant en matière de secteurs que de zones géographiques. Les sociétés cotées en Asie souffrent moins de la crise que les groupes européens. Mais selon Philippe Crevel, l’espoir de gain futur peut encore exiger de garnir son portefeuille de titres européens plutôt qu’asiatiques.

Découvrez comment soutenir la population ukrainienne : 

 

A lire aussi