Êtes-vous riche ?

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Tempura

Aucun organisme officiel ne fixe de seuil de richesse, symétrique au seuil de pauvreté. L’Observatoire des inégalités a comblé cette absence en posant des planchers dans un « Rapport sur les riches en France », paru mercredi 1er juin.

Pour cette association, un adulte vivant seul est riche dès lors que son revenu atteint 3 673 euros, après perception de prestations sociales et paiement d’impôts. Les planchers montent à 5 511 euros pour un couple et à 7 713 euros pour un couple avec deux enfants de moins de 14 ans.

Ils peuvent être plus hauts suivant la zone d’habitation. « Le seuil d’entrée pour l’ensemble de la commune de Paris est de 5 790 euros par mois », a indiqué à 20 Minutes Anne Brunner, directrice d’études à l’Observatoire des inégalités.

Un niveau de vie médian de 1 837 euros par mois

L’association, qui avait publié une première édition du rapport en 2020, a utilisé des données de l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) fixant à « 22 040 euros, soit 1 837 euros » mensuels « le niveau de vie annuel médian » métropolitain en 2019.

Un tel « montant partage la population en deux, la première moitié ayant un niveau de vie inférieur et la seconde un niveau de vie supérieur », précisait l’Insee dans un document paru le 5 octobre 2021. Ce seuil « correspond à un revenu disponible de 1 837 euros par mois pour une personne seule et de 3 857 euros par mois pour un couple avec deux enfants de moins de 14 ans ».

L’association, qui a donc doublé ces montants pour établir les seuils, souligne que les riches ne sont pas seulement les personnes à la tête des plus grandes fortunes. Certes, elle rappelle les écarts vertigineux de revenus. « Nous calculons par exemple que Bernard Arnault, le PDG du luxe, pourrait s’offrir tous les logements de la ville de Marseille », explique l’Observatoire des inégalités dans sa présentation de l’étude. Mais pour l’association, une vision trop restrictive de la richesse permet de fonder un système fiscal de son point de vue insuffisamment redistributif.

D’après elle, « penser que la répartition des richesses se résume au combat des 99 % d’en ‘‘bas’’ contre le 1 % du haut de la pyramide, comme le dit le plus souvent la gauche française, est démagogique. Derrière quelques PDG ultra-riches, s’abrite toute une partie de la population, qui montre du doigt l’étage supérieur des revenus, tout en profitant de l’insécurité sociale subie par les catégories populaires », est-il écrit dans la présentation.

Les riches représentent 7,1 % de la population

Selon les calculs de l’Observatoire, « 4,5 millions d’individus » sont riches, ce qui représente 7,1 % de la population. « Si une personne qui touche davantage que 93 % du reste de la population n’est pas ‘‘riche’’, comment peut-on alors la qualifier ? », fait mine de s’interroger l’association.

L’animateur de l’Observatoire, Louis Maurin, admet cependant les limites des planchers monétaires, excluant « le poids du logement ». Selon des propos tenus par le fondateur de l’association auprès du Monde« il faudrait enrichir cette notion de seuil d’indicateurs de conditions de vie, par exemple posséder une résidence secondaire, partir en vacances à l’étranger, employer du personnel, tout comme le seuil de pauvreté s’assortit déjà d’une liste de privations matérielles comme ne pas partir en vacances, devoir sauter des repas ou renoncer à des soins… »

Polémiques sur le seuil de 4 000 euros

« Le seuil de pauvreté est fixé par convention à 60 % du niveau de vie médian de la population, rappelait l’Insee dans un document publié le 10 novembre 2021. Il correspond à un revenu disponible de 1 102 euros par mois pour une personne vivant seule et de 2 314 euros pour un couple avec deux enfants âgés de moins de 14 ans. » À rebours du seuil de pauvreté, ni la classe moyenne ni la richesse ne font l’objet de définition officielle.

Les personnalités politiques estimant qui relève de ces catégories, s’exposent à de vives critiques. Le 7 février 2021, dans un entretien au Grand Jury RTL-LCI-Le Figaro, François Bayrou, Haut commissaire au plan et pilier de la majorité, avait jugé que « 4 000 euros par mois […], c’est classe moyenne ». Avant d’être élu à la présidence de la République, François Hollande s’était attiré les foudres de la droite en considérant que ce seuil était synonyme de richesse.

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