Apprentissage : comment éviter les ruptures de contrat ?

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Près de 38,5 % des contrats d’apprentissage ont été rompus avant leur terme.
Près de 38,5 % des contrats d’apprentissage ont été rompus avant leur terme. Près de 38,5 % des contrats d’apprentissage ont été rompus avant leur terme.

Peu après l’élection présidentielle, en septembre 2012, Thierry Repentin, ministre délégué à l’Apprentissage, annonçait vouloir porter à 500 000 le nombre d’apprentis à l’issue du quinquennat. Fin décembre dernier, ils n’étaient que 403 000 jeunes apprentis en formation.

La formation entre l’entreprise ou l’administration et le centre d’apprentissage souffre d’un déficit d’image. L’apprentissage reste attaché à la voie professionnelle et aux métiers manuels dans beaucoup d’esprits. Méconnaissance de cette voie, méfiance réciproque des jeunes et des entreprises et obstacles juridiques détournent les élèves et étudiants de cette voie d’obtention d’un diplôme.

38,5 % des apprentis dans la restauration décrochent

À défaut d’attirer les élèves et les étudiants, l’apprentissage souffre de ne pas savoir les garder jusqu’au terme de leur contrat. Mardi dernier, le quotidien Les Échos indiquait que 27 % des apprentis ont abandonné avant la finde leur contrat débuté en 2011-2012, un chiffre du ministère du Travail. Près de 21 % des primo-entrants dans la voie de l’apprentissage décrochent avant la fin de leur formation. Dans le secteur du transport-logistique, le taux de rupture s’élève à 12,1 % alors qu’il s’élève à 38,5 % dans l’hôtellerie-restauration. Les taux d’abandons sont les plus importants pour les niveaux V (CAP, BEPA) et IV (Bac Pro et BT) : ils atteignent respectivement 21,6 % et 27,1 %, indique l’Inspection générale des Affaires sociales (Igas) dans son rapport du 4 février 2016.

Anticiper les besoins des entreprises

Pourquoi tant de contrats sont stoppés en cours ? Malgré les financements supplémentaires accordés et multiples plans de communication, le développement de l’apprentissage est freiné par des « obstacles non financiers ». Pour la présidente de l’Association nationale des apprentis de France (Anaf), Sakina Ben Khalifa, ces ruptures sont « dues à l’incapacité du jeune à répondre à la première mission qui lui sont confiés en entreprise ». Dès qu’une tâche importante est confiée à l’apprenti, s’il n’arrive pas à l’accomplir, l’entreprise ne va plus le laisser réaliser que des missions « shampooing, balais ou photocopies ». Ce qui va déclencher la démotivation et l’abandon de la « posture professionnelle » de l’apprenti. Car pour l’Anaf, « le jeune est professionnel dès lors qu’il a conscience qu’il répond à un besoin de l’entreprise identifiée ».

Pour la représentante de l’Anaf, pour éviter ces situations, il faut « anticiper les besoins immédiats de l’entreprise ». Et la solution passe par une formation des formateurs (jeux de rôle, coaching) qui transmettront à leurs élèves ou étudiants la capacité à répondre mieux à leurs premières missions en entreprise. Les cadres des CFA et les services publics peuvent également recevoir cette formation. Soutenue par l’Anaf, leur démarche « proactive » a été mise en place en Ile-de-France en 2009. Sur un échantillon de 60 000 apprentis, seuls 5 % d’entre eux ont rompu leur contrat. « Les jeunes sont plus efficaces en entreprise et s’intéresse plus à leur formation puisqu’elle se concrétise dans l’entreprise ».

Fière de sa « démarche proactive », l’Anaf a convaincu plusieurs candidats à la présidence de région de la développer s’ils étaient élus. Pour la formation des personnels de CFA et des partenaires, elle coûte 300 euros par personne et les projets de mise en œuvre coûtent 180 euros par apprenti dans les CFA.

Quant à l’Igas, elle propose de travailler à l’adéquation des profils du jeune et de l’employeur, de mieux suivre l’apprenti pendant sa scolarité et d’instaurer un système de veille au sein du CFA pour prêter plus d’attention aux conditions de vie de l’apprenti. Un groupe de travail s’est constitué au sein du Conseil national de l’Emploi, de la formation et de l’orientation professionnelles, dès la parution des travaux de l’Igas.

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