450 centres d’information et d’orientation sont menacés de fermeture

Le gouvernement envisage d’affecter les 3 700 psychologues de l’Education nationales des centres d’information et d’orientation dans les collèges et lycées et de transférer les délégations régionales de l’Onisep aux régions.

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Le gouvernement envisage de fermer environ 450 centres d’information et d’orientation (CIO).
Le gouvernement envisage de fermer environ 450 centres d’information et d’orientation (CIO).

Le projet de loi « pour la liberté de choisir son avenir professionnel », qui sera présenté en Conseil des ministres le 27 avril prochain, prévoit de transférer la compétence de l’orientation scolaire aux régions.

L’article 10 du projet de loi élargit, en effet, les domaines d’intervention des régions « aux actions d’informations sur les métiers et la formation en direction des élèves et des étudiants, notamment dans les établissements scolaires ». En clair, ce serait les Conseils régionaux qui assureraient l’information en matière d’orientation et non plus les Centres d’information et d’orientation (CIO) qui, pour la plupart, pourraient disparaître. Conséquence : les 3 700 psychologues de l’Education nationale (psy-EN) qui y travaillent seraient affectés dans les établissements scolaires.

Les conséquences de la fermetures des CIO

Un projet qui inquiète vivement l’association nationale des directeurs de CIO (ANDCIO) et les syndicats. Services publics gratuits du ministère de l’Education nationale, les CIO sont des lieux d’accueil, d’information et de conseil dédiés à l’orientation et à la formation tout au long de la vie. Ils sont ouverts à tous : collégiens, lycéens, étudiants, parents, éducateurs, enseignants mais également adultes en reconversion professionnelle et décrocheurs scolaires.

Ils permettent de trouver de la documentation sur les études, les formations professionnelles, les qualifications et les professions. Il est également possible de bénéficier d’un entretien individuel avec un(e) psychologue de l’Education nationale (psy-EN) afin de définir un projet d’orientation ou de réorientation.

En les fermant, « certaines familles qui ne souhaitent pas se rendre dans les établissements scolaires ne pourront plus avoir accès à du conseil et de l’information », déplore Marie-Agnès Monnier, psy-EN et responsable du collectif des psy-EN au Snes-FSU interrogée par EducPros. Certains jeunes en difficulté ne sauront plus à qui s’adresser. « En août, nous recevons tous les jours des jeunes non affectés ou des élèves néo-arrivants », explique Marie-Agnès Monnier.

L’avenir des CIO dépendrait des régions. « Certains pourraient [les] garder à certains endroits, à d’autres non… Cela risque de porter atteinte à l’égalité de traitement de l’information à l’orientation des jeunes sur tout le territoire », estime la psy-EN.

L’ONISEP menacé

En plus de la suppression des CIO, le projet de loi prévoit de transférer aux régions les missions des délégations régionales de l’Office national d’information sur les enseignements et les professions (Dronisep). Ces organismes administratifs rattachés aux rectorats sont notamment chargés de collecter l’information sur les formations et professions de leur territoire. Elle est ensuite remontée à l’Onisep qui s’en sert pour alimenter sa base de données nationale et produire des guides diffusés dans les collèges et lycées.

En confiant aux régions les missions des Dronisep, cela risque de créer des inégalités. « En fonction de leurs moyens, les régions ne pourront pas toutes proposer des outils d’information performants sur les formations et les métiers », déplore le personnel de l’Onisep dans une pétition en ligne pour s’opposer au projet de démantèlement. Autre motif d’inquiétude : les régions pourraient avoir « tendance à créer et à valoriser les formations locales correspondant aux besoins économiques définis à court terme ».

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df
Sarah Corbeel
Publié le

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