Stress au travail : la situation se dégrade

Stress au travail : la situation se dégrade

Les relations au travail se tendent, comme le constate une récente enquête réalisée par Opinion Way pour les Editions Tissot. Appelés à se prononcer sur les facteurs de stress, les sondés ont mis en tête « la surcharge de travail » (43 %) et la « pression de la hiérarchie » (41 %). Les responsables de ressources humaines, interrogés lors d’une autre enquête, sont près de 9 sur 10 à déclarer avoir été confrontés dans l’année à un stress de leurs salariés.

Quand on leur demande leur perception du stress au travail, les sondés sont sans ambiguïté : pour une immense majorité d’entre eux (65 %), le stress est « une mauvaise chose car cela me fait perdre tous mes moyens ». On est loin de la perception positive du stress (« une bonne chose car cela permet de se dépasser »), citée par seulement 28 % des personnes interrogées.

Ce sont les femmes et les non-cadres qui sont les plus négatifs dans leur perception du stress, les salariés du public et du privé étant au même niveau (respectivement 66 et 65 %).

>>> A lire : nos conseils pour faire face à la souffrance au travail

La surcharge de travail en première place

Hommes et femmes, fonctionnaires ou salariés du privé, cadres, employés ou ouvriers... pour tous la surcharge de travail arrive en première place.

Si les hommes (45 %) se déclarent plus surchargés que les femmes (41 %), les salariés du public un peu plus que ceux du privé (46/42%), ce sont les cadres qui se sentent le plus surchargés (50 % pour 42 %).

La pression de la hiérarchie, en revanche, est davantage ressentie par les femmes (43 % contre 39 % pour les hommes), les salariés du public (44 % contre 40 % du privé) et les non cadres (41 % contre 40 % pour les cadres).

La peur de perdre son travail

Le troisième facteur de stress relevé par cette étude est la situation économique de l’entreprise ou de la France (peur de perdre son travail). Près d’un salarié sur trois (32 %) est concerné et, sans surprise, ce sont les femmes et les salariés du privé qui placent cet item en tête (37 %).

Privé et professionnel : une frontière floue

Le sondage montre également que pour la moitié des salariés, les événements qui surviennent dans leur vie privée contribuent à les stresser dans leur vie professionnelle.

Au premier rang des facteurs de stress, ils mettent les « difficultés financières de mon foyer ou la gestion de mon budget au quotidien » (49 %).

Une situation qui se dégrade

Une autre enquête menée auprès de 634 professionnels de ressources humaines avec le cabinet Sysman, spécialisé dans la prévention des risques psychosociaux, montre que la situation empire.

Ils sont près de 7 sur 10 (69 %) à juger que la situation s’est dégradée ces trois dernières années et près de 9 sur 10 (87,2 %) à avoir été confrontés dans l’année à un stress de leurs salariés.

Un risque pour l'entreprise, aussi

Le stress professionnel apparaît depuis quelques années comme un risque professionnel à part entière et fait partie des principaux risques psychosociaux parmi lesquels on peut également citer le harcèlement, les violences, les conduites addictives...

Les causes du stress sont multiples. De la nécessité continuelle d'accroître ses performances en passant par l'angoisse de perdre son emploi, la liste des facteurs explicatifs du stress au travail est longue : facteurs liés à l’organisation du travail, aux relations interpersonnelles, à l’environnement économique, etc.

Pour 60,6 % des fonctions RH interrogées, l’« ambiguïté des rôles et responsabilités de chacun » est l’un des principaux facteurs de stress dans leur métier. Ils sont 30 % des salariés à penser que cette ambiguïté des rôles contribue à les stresser.

Des obligations pour l’employeur

Le Code du travail (art. L. 4121-1) précise que l’employeur doit tout mettre en œuvre pour assurer la sécurité et protéger la santé des salariés. Ainsi, il doit prendre la mesure des conséquences de sa politique de ressources humaines sur la santé physique et mentale des salariés placés sous sa responsabilité.

S’il ne satisfait pas à ses obligations et si un accident du travail se produit, son manquement sera qualifié de faute inexcusable. Une décision lourde de conséquences financières pour l’entreprise.