À quoi sert l’ENA ?

À quoi sert l’ENA ?
L’ENA, à Strasbourg. - © Vincent Kessler – Reuters

Emmanuel Macron devait annoncer la suppression de l’Ecole nationale d’administration, dans le discours dont la diffusion a été annulée lundi.

L’établissement est maudit par les « gilets jaunes » qui l’associent aux élites, mais aussi par le président de la République. Ancien élève comme trois de ses prédécesseurs, Emmanuel Macron devait annoncer la suppression de l’Ecole nationale d’administration (ENA) dans son discours enregistré lundi 15 avril, dont l’incendie de Notre-Dame de Paris a imposé l’annulation de la diffusion à la télévision et à la radio. Le chef de l’Etat ne répètera pas son texte dans sa prochaine allocution destinée à répondre aux attentes exprimées par les gilets jaunes et dans le cadre du grand débat national. Il n’est donc pas certain qu’il persiste dans sa volonté de réformer l’ENA. Mais son projet a suscité l’ire de hauts fonctionnaires, après que plusieurs médias ont révélé les grandes lignes de son discours.

L’Ecole nationale d’administration a été précisément créée en 1945 pour les former. « Il s’agissait d’ouvrir enfin une école de la haute fonction publique, qui n’existait pas sous la IIIème République où le recrutement encourageait encore davantage le népotisme, l’entre-soi et le manque de transparence », a expliqué le chercheur Cédric Passard au Figaro.fr.

Aujourd’hui encore, le cursus, accessible sur concours après de longues études et/ou une expérience professionnelle, est conçu pour « préparer aux emplois offerts à la sortie de l’école », précise le site de l’établissement. Les élèves « sont donc formés à la conception, à la mise en œuvre et à l’évaluation des politiques publiques ainsi qu’aux méthodes de management nécessaires à l’exercice des responsabilités propres à la haute fonction publique de l’Etat »

Au fil des 24 mois de scolarité, gratuite et rémunérée, ces fonctionnaires, stagiaires ou détachés s’ils faisaient déjà partie de la fonction publique avant leur entrée à l’ENA, alternent stages dans des administrations et des entreprises et enseignements à Strasbourg.

Un passage dans la haute fonction publique

Les élèves – le terme « diplômés » ne doit pas être utilisé, aucun diplôme n’étant délivré à l’issue de la scolarité – les mieux placés dans le classement de sortie de l’ENA sont affectés à l’un des « grands corps », l’Inspection générale des finances, le Conseil d’Etat et la Cour des comptes.

Mais certains énarques cèdent aux propositions de recrutement dans le secteur privé ou font une carrière politique : pour eux, la fonction publique n’est qu’un passage. À sa sortie de la promotion Léopold Sédar Séghor, en 2004, Emmanuel Macron a rejoint l’Inspection générale des finances où il a travaillé 4 ans, avant d’être embauché par la banque d’affaires Rothschild.

En mars 2017, alors candidat à la présidentielle, il a réglé 53 653 € à l’Etat. S’ils ne le servent pas pendant une durée minimale fixée en principe à 10 ans, les anciens élèves doivent payer à l’Etat une indemnité, la « pantoufle ».

Les passerelles entre le public et le privé nourrissent les critiques anciennes contre l’ENA. Déjà, en 1967, Jacques Mandrin dénonçait L’Enarchie ou les mandarins de la société bourgeoise, titre d’un ouvrage réquisitoire paru à La Table ronde. Derrière ce pseudonyme, 3 auteurs, dont Jean-Pierre Chevènement. 2 ans plus tôt, avec notamment Lionel Jospin, le futur ministre sortait de l’ENA.

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