Pourquoi les médecins s’opposent–ils au projet de loi Santé ?

Pourquoi les médecins s’opposent–ils au projet de loi Santé ?
Depuis samedi et au moins jusqu'à mardi, de nombreux médecins libéraux sont en grève, à l’appel de syndicats et de coordinations locales. - © sturti

Mardi 5 octobre, le projet de loi Santé sera voté au Sénat. De nombreux médecins généralistes manifestent aujourd’hui et demain leur opposition au texte. Ils protestent notamment contre la généralisation du tiers payant et souhaitent que le tarif de la consultation passe à 25 euros. 

Fermeture des cabinets de soins, manifestation et rassemblement devant les agences régionales de santé (ARS), le Sénat ou encore les caisses primaires d’Assurance maladie, opération escargot dans les parcelles d’autoroutes… Depuis samedi et au moins jusqu'à mardi, de nombreux médecins libéraux sont en grève, à l’appel de syndicats et de coordinations locales. Si certains praticiens libéraux n’honoreront aucun rendez-vous avec des patients, d’autres seront en grève partielle en refusant de prendre la carte vitale ou fermeront les portes de leur cabinet seulement une partie de la journée. Ils manifestent leur rejet de la « loi pour la modernisation de notre système de santé », portée par la ministre de la Santé, Marisol Touraine. Ils accusent le texte, voté et discuté demain au Sénat, de « déshumaniser » leur métier et de conduire à une « étatisation » de la santé. Le point sur les principaux griefs des médecins sur la loi Santé.

Tiers payant généralisé d’ici 2017

Mesure phare de la loi Santé, le tiers payant sera généralisé d’ici 2017. Le patient n’avancera plus les frais lors de la consultation, comme c’est le cas à l’hôpital, dans les laboratoires biologiques et les pharmacies notamment…

Beaucoup de médecins craignent des retards de paiement de la part de l’Assurance maladie et des complémentaires santé. Ils s’inquiètent de la surcharge administrative générée par cette mesure. Puis, ils dénoncent le contrôle et la surveillance des ARS et des complémentaires qui seront directement en charge du paiement des médecins.

Hausse du prix de la consultation

Le syndicat majoritaire, MG France, réclame le passage du tarif de la consultation de 23 à 25 euros. D’autres syndicats demandent que le tarif de la consultation soit à 30 euros (CSMF) ou encore entre 42 et 45 euros (SML).

Dossier médical partagé

Cette mesure permettra de partager l’ensemble du dossier médical des patients. Tous les professionnels de santé et les mutuelles auront accès à l’historique du patient. Les médecins craignent une renégociation des contrats de mutuelle en fonction des données de santé et dénoncent la fin du secret médical.

Dévalorisation de la profession

A la faculté de médecine, l’option médecine générale ne séduit pas. Dans les zones rurales en particulier, les départs en retraite sont difficilement remplacés. Les généralistes veulent agir en faveur du renouvellement de la profession, revaloriser le métier et le rendre plus attractif auprès des étudiants en médecine. 

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