Limitation de vitesse à 80 km/heure : vers des aménagements

Limitation de vitesse à 80 km/heure : vers des aménagements
Emmanuel Macron mardi à Grand Bourgtheroulde, pour l’ouverture du grand débat national. - © Philippe Wojazer – Reuters

Emmanuel Macron veut aboutir à une réforme « plus pragmatique ». Mais pas supprimer la mesure honnie par les « gilets jaunes ».

En quelques phrases, mardi 15 janvier à l’ouverture du grand débat national à Grand Bourgtheroulde (Eure), le président de la République a nourri l’espoir des « gilets jaunes » et des élus ruraux de voir remise en cause la limitation de vitesse à 80 km/heure sur les routes secondaires.

« Peut-être que par le dialogue, on peut trouver quelque chose de plus pragmatique », a dit devant environ 600 maires Emmanuel Macron, qui a invité ses auditeurs à « faire des propositions »

« Est-ce qu’il faut tout arrêter ? Franchement, non… Est-ce qu’on peut faire quelque chose qui soit mieux accepté et plus intelligent ? Sans doute, oui », a précisé le chef de l’Etat, cité par l’Agence France-Presse.

Emmanuel Macron a ainsi laissé la voie ouverte à des modifications du dispositif plus qu’à une annulation pure et simple. L’exécutif envisage la possibilité pour les collectivités territoriales de déterminer quelles portions de route seraient concernées par la limitation à 80 km/heure.

Le retour à la limitation de vitesse à 90 km/heure sur les routes secondaires bidirectionnelles dépourvues de séparateur central, constitue l’une des revendications des participants à la mobilisation populaire.

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Diminution de la mortalité routière

Le gouvernement d’Edouard Philippe a reculé le seuil dans l’objectif de diminuer la mortalité routière. Le ministère de l’Intérieur évoquait peu avant l’entrée en vigueur de la réforme, le 1er juillet dernier, les estimations des « plus grands experts en accidentologie » selon lesquels cet abaissement « pourrait permettre de sauver chaque année plus de 300 vies ».

L’argument n’a pas fait mouche en zone rurale, malgré la campagne de communication gouvernementale. Les détracteurs de la nouvelle limitation ont critiqué une mesure technocratique prise depuis Paris sans considération du rallongement des temps de trajet, notamment entre le domicile et le travail.

Juridiquement, il suffirait au gouvernement de prendre un décret pour supprimer le dispositif, qui figure dans un décret du 15 juin 2018.

Un bilan sous 2 ans

« Si cette mesure n’a servi à rien, alors oui nous pourrons revenir au 90 km/h », avait affirmé le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, dans un entretien publié lundi dans La Dépêche du midi.

Ce proche d’Emmanuel Macron avait fait référence au bilan qui doit être tiré de la réforme 2 ans après son entrée en vigueur. D’ici la mi-2020, opposants comme partisans de la mesure examineront avec intérêt les statistiques d’accidents établies par la Sécurité routière.