Geste sur la CSG : quels retraités vont en bénéficier ?

Geste sur la CSG : quels retraités vont en bénéficier ?
Une hausse de la CSG est entrée en vigueur le 1er janvier 2018. - © Jérôme Rommé

Entre 300 000 et 350 000 foyers sont concernés par la mesure détaillée jeudi par Edouard Philippe.

Le gouvernement va-t-il réussir à apaiser la colère des personnes à la retraite ? Le Premier ministre, Edouard Philippe, a détaillé, jeudi 20 septembre sur France Inter, les modalités d’application du geste sur la contribution sociale généralisée, un changement qui doit bénéficier à certains retraités en 2019.

La CSG avait progressé le 1er janvier dernier, pour compenser la baisse des cotisations sociales salariales, dans le cadre de la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2018. Quelque 60 % des foyers de retraités avaient vu la contribution prélevée sur leur pension monter de 6,6 % à 8,3 %, soit ceux disposant d’un revenu fiscal de référence supérieur à :

  • 14 404 € pour une personne seule ;
  • 22 096 € pour un couple.

Les retraités aux ressources plus modestes peuvent être, selon les cas, soumis au taux réduit de 3,8 % ou exonérés de CSG.

Des « petites variations de revenu »

« Des dizaines de milliers de foyers de retraités sont à la limite du seuil de revenu qui déclenche le taux plein de CSG et font, en raison de petites variations de revenu, des allers-retours entre les deux taux » selon les années, nous explique l’entourage du Premier ministre.

« Dorénavant, il faudra être passé pendant 2 ans en continu au-dessus du seuil » du taux plein « pour être concerné par l’augmentation », précise-t-on à Matignon.

« Au total, entre 300 000 et 350 000 foyers de retraités bénéficieront de cette mesure en 2019 – et les années à venir », évalue l’entourage d’Edouard Philippe, qui vante un effort financier de 350 millions €.

Le geste sur la CSG doit figurer dans le projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2019, ajoute-t-on à Matignon. Ce texte sera présenté lundi 24 septembre en Conseil des ministres.

Des réformes défavorables au pouvoir d’achat des retraités

Depuis le début du quinquennat d’Emmanuel Macron, en mai 2017, outre l’augmentation de la CSG, plusieurs réformes ont pénalisé le pouvoir d’achat des retraités :

  • le décalage au 1er janvier 2019 de la revalorisation des pensions prévue le 1er octobre 2018 ;
  • une hausse des pensions limitée à 0,3 % en 2019 et en 2020.

En défense, le gouvernement met en avant la progression de l’allocation de solidarité aux personnes âgées (Aspa) ainsi que la mise en œuvre d’exonérations de taxe d’habitation, destinées aux retraités et au reste de la population.