Faut-il mieux reconnaître le vote blanc ?

Faut-il mieux reconnaître le vote blanc ?
Un bureau de vote à Tulle (Corrèze), lors du second tour de l’élection présidentielle, le 7 mai 2017. - © Regis Duvignau – Reuters

Des participants au grand débat national veulent que le vote blanc soit pris en compte dans les suffrages exprimés. Mais la mise en œuvre de cette doléance impose une vaste réforme.

Glisser dans l’urne une enveloppe sans bulletin : l’acte simple du vote blanc à une élection ou à un référendum n’est pas pris en compte dans les suffrages exprimés. Des participants au grand débat national, qui s’achève vendredi 15 mars après deux mois de travaux, réclament que le vote blanc soit ainsi reconnu, une doléance complétant celle en faveur du vote obligatoire.

Si en application d’une loi du 21 février 2014, les « bulletins blancs sont décomptés séparément » des nuls, ils « n’entrent pas en compte pour la détermination des suffrages exprimés ». Comme le remarque Le Monde.fr, les bureaux de vote ne proposent pas de bulletin blanc. C’est la raison pour laquelle une « enveloppe ne contenant aucun bulletin est assimilée à un bulletin blanc », selon la loi.

Pour ses partisans, l’inclusion du vote blanc dans les suffrages exprimés doit permettre de prendre davantage en considération le point de vue des Français ne souhaitant pas donner leur voix à un candidat ou refusant de répondre à une question posée lors d’un référendum : il s’agit d’un outil de lutte contre l’abstention.

Des effets difficiles à mesurer

Mais une telle prise en compte est susceptible d’avoir des conséquences difficiles à mesurer.

Ainsi, actuellement, le candidat victorieux dès le premier tour d’une élection législative doit disposer :

  • de la majorité absolue des suffrages exprimés, soit plus de 50 % ;
  • d’un nombre de suffrages égal au quart du nombre des électeurs inscrits (article L. 126 du Code électoral).

La prise en compte du vote blanc dans les suffrages exprimés induirait un durcissement de la première condition.

Au second tour d’une élection présidentielle, le candidat devançant son concurrent avec moins de 50 % des suffrages exprimés serait-il victorieux ? Pas selon l’article 7 de la Constitution, qui prévoit l’élection du président de la République « à la majorité absolue des suffrages exprimés ». Une modification de la loi fondamentale doit être menée.

Le vote blanc serait-il pris en compte dans les suffrages exprimés lors des référendums ? Dans cette hypothèse, quelle serait les conséquences d’une victoire de ce vote ?

Mieux prendre en compte le vote blanc impose une vaste réforme des règles électorales.

En 2017, 8,52 % des participants au second tour de la présidentielle ont voté blanc, contre 1,78 % au premier tour. Le signe d’un refus de choisir entre Marine Le Pen (Front national, devenu Rassemblement national) et Emmanuel Macron.

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