Aide à domicile : des métiers peu connus et reconnus

Aide à domicile : des métiers peu connus et reconnus
80 % des postes créés d'ici 2030 seraient en contrat à durée indéterminée. - © DGLimages

Le 1er février, le gouvernement a lancé une campagne d’information pour promouvoir les métiers de l’aide à domicile qui peinent à recruter. D’ici 2030, 300 000 emplois pourraient être créés.

« Aider les autres, c’est mon métier ». C’est le slogan de la campagne d’information lancée par le gouvernement le 1er février dernier pour promouvoir les métiers de l’aide à domicile auprès des personnes âgées. Objectif : revaloriser ce secteur très dynamique où pourtant les candidats ne se bousculent pas.

« Aujourd’hui, la France compte 15 millions de personnes âgées de plus de 60 ans. Elles seront 20 millions en 2030 et près de 25 millions en 2060 », dont 5 millions de plus de 85 ans, a rappelé dans un communiqué Pascale Boistard, la secrétaire d’Etat chargée des Personnes âgées et de l’Autonomie. Ce boom démographique implique de mettre en place des « moyens adéquats » pour notamment permettre à ces personnes de continuer à vivre chez elles. Ainsi, les professionnels de l’aide à domicile ont un rôle important à jouer.

Des métiers porteurs d’avenir

Actuellement, environ 500 000 personnes travaillent dans les services d’aide et d’accompagnement à domicile, selon le ministère des Affaires sociales. A 98 % ce sont des femmes, âgées en moyenne de 45 ans, 62 % sont sans diplôme et 70 % travaillent à temps partiel. Les métiers sont divers : accompagnant éducatif et social, auxiliaire de vie, garde itinérante de jour et de nuit, etc.

D’ici 2030, 300 000 emplois devraient être créés, hors remplacement des départs à la retraite. Et 80 % des postes seraient en contrat à durée indéterminée. Ce sont de « vrais métiers, insuffisamment connus et reconnus », juge la secrétaire d’Etat.

Des métiers ouverts à tous

Pourtant, ces métiers sont « ouverts à toutes et tous », notamment aux personnes sans diplôme qui peuvent suivre des formations qualifiantes au cours de leur carrière. Pour simplifier l’offre de formation, le gouvernement a créé, en janvier 2016, un diplôme unique : le diplôme d’Etat d’accompagnant éducatif et social (DEAES). Il couvre trois domaines : l’accompagnement de la vie à domicile ou en structure collective ainsi que l’aide à l’autonomie des enfants, adolescents et jeunes adultes en situation de handicap.

Par cette campagne, le gouvernement cherche à intéresser les jeunes en cours d’orientation ainsi que les personnes en reconversion professionnelle qui peuvent se renseigner auprès des Directions régionales de la jeunesse, des sports et de la cohésion sociale (www.drjscs.gouv.fr).

Des salaires à revaloriser

Reste toutefois la question des salaires. Selon la Fédération nationale du personnel des organismes sociaux (FNPOS-CGT), les aides à domicile gagnent en moyenne 700 à 800 euros par mois pour environ 20 heures de travail hebdomadaire. « Les temps partiels sont subis, les horaires sont découpés », explique à l’AFP Estelle Pin du FNPOS-CGT.

L’association AD-PA, qui représente les directeurs de maisons de retraite et de services à domicile, demande ainsi aux pouvoirs publics de revaloriser les tarifs. Selon elle, une heure à domicile revient à 24 euros mais n’est prise en charge qu’entre 18 et 21 euros.

Pour tenter d’améliorer la situation, le gouvernement a mis en place un fonds d’appui aux bonnes pratiques et d’aide à la restructuration des services d’aide et d’accompagnement à domicile (SAAD), doté de 50 millions d’euros. Il s’adresse aux conseils départementaux, qui fixent les tarifs d’intervention à domicile.

Une soixantaine de conseils départementaux se sont engagés dans la démarche. Ils doivent respecter un guide de bonnes pratiques : garantie du libre choix de l’intervenant à domicile par les personnes âgées, application du « juste tarif » (prise en compte du coût de revient de l’intervention par la tarification départementale), amélioration des conditions de travail des professionnels.

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