80 km/heure : comment vont-ils être aménagés ?

80 km/heure : comment vont-ils être aménagés ?
La limitation de vitesse à 80 km/heure sur les routes secondaires est entrée en vigueur le 1er juillet 2018. - © Tomasz Zajda

En annonçant une modification de la réforme controversée, Edouard Philippe a soutenu un amendement au projet de loi mobilités qui laisse aux présidents des conseils départementaux la possibilité de mettre en place des dérogations.

Est-ce bientôt la fin de la limitation de vitesse à 80 km/heure sur les routes secondaires dans votre département ? Edouard Philippe a annoncé jeudi 16 mai un assouplissement de cette réforme en vigueur depuis le 1er juillet 2018, honnie par les « gilets jaunes » et des élus ruraux.

« Si les présidents de conseils départementaux souhaitent prendre leurs responsabilités, je n’y vois aucun inconvénient », a dit le Premier ministre au micro de France Info, ajoutant que ce droit doit être « systématiquement assorti de mesures » pour garantir « le plus haut niveau de sécurité routière possible ».

Le chef du gouvernement est ainsi favorable à un amendement présenté par des députés La République en marche (LREM) au projet de loi d’orientation des mobilités, une modification votée dans la nuit de jeudi à vendredi au sein de la commission du Développement durable de l’Assemblée nationale.

Une faculté aux seuls présidents des conseils départementaux

La version du projet de loi adopté le 2 avril par le Sénat, à majorité de droite, attribuait aux présidents des conseils départementaux mais aussi aux préfets la faculté de fixer « pour tout ou partie des routes départementales une vitesse maximale autorisée supérieure à celle prévue par le Code de la route ».

L’amendement retire cette possibilité aux préfets, lesquels représentent l’Etat. « [I]l convient uniquement de président de département de prendre une décision politique sur une telle mesure et d’assumer une politique moins ambitieuse qu’au niveau national en matière de sécurité routière », indiquent les signataires dans leur exposé des motifs.

« Laisser la responsabilité au département, c’est un peu pervers et malhonnête », a critiqué auprès de l’Agence France-Presse le président socialiste du conseil départemental de Tarn, Christophe Ramond.

L’assouplissement envisagé constitue une demi-victoire pour les opposants à la réforme. La diminution de la vitesse maximale autorisée de 90 à 80 km/heure visait toutes les routes à double sens, à chaussée unique et dépourvues de séparateur central. Le projet de loi adopté par le Sénat et l’amendement ne permettent pas de retour aux 90 km/heure pour les nationales concernées.

Un moyen de lutte contre la mortalité routière

Edouard Philippe défend l’abaissement de la vitesse à 80 km/heure comme un moyen de lutte contre la mortalité routière. Cette dernière a diminué en 2018, « année la moins meurtrière de l’histoire », se félicitait la Sécurité routière en janvier.

Pendant la crise des gilets jaunes, en décembre, Emmanuel Macron avait envisagé de supprimer le dispositif, selon le quotidien Le Parisien/Aujourd’hui en France. Le Premier ministre lui avait exprimé son désaccord.

Le 15 janvier, lors de l’ouverture du grand débat national, le président de la République s’était déclaré ouvert à des aménagements.

Le chef du gouvernement a cédé à l’approche des élections européennes du 26 mai.

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