Vivre avec un appareil auditif

Vivre avec un appareil auditif

Il ne suffit pas de porter une aide auditive pour récupérer automatiquement l’audition perdue. Un temps d’adaptation est indispensable pour rééduquer l’oreille, et même le cerveau.

Même les appareils les plus performants ne nous rendront pas nos oreilles de 20 ans. Et pour bénéficier pleinement de ce que peuvent apporter les aides auditives, il vaut mieux équiper les deux oreilles, car notre audition fonctionne en stéréo. Enfin, il faut faire l’effort de s’y adapter progressivement, sinon la prothèse restera dans un tiroir !

S’entraîner à porter l’appareil chez soi

Les audioprothésistes conseillent de commencer par porter l’appareil quelques heures par jour à domicile, dans un environnement calme, pour réentendre des bruits familiers : l’eau qui coule, une porte qui se ferme, etc. Au début, notre propre voix peut paraître différente. Il faut s’entraîner à converser avec un proche qui connaît nos difficultés d’audition.

Il est aussi recommandé de porter l’appareil de plus en plus longtemps, chez soi, avant de l’utiliser dans des environnements sonores : la rue, un restaurant… Pour une aide numérique haut de gamme, il faut compter au moins trois jours d’essai à la maison, voire une semaine, avant de commencer à s’immerger dans le bruit.

Il n’y a pas de règle : certains ont besoin d’un mois ou plus pour s’y accoutumer, comme les personnes âgées qui ont tardé à s’occuper du problème. Passé 75 à 80 ans, il devient difficile de s’équiper. D’où l’intérêt de ne pas trop attendre pour s’appareiller.

Des accessoires pour davantage de confort

De toute façon, un temps est nécessaire pour récupérer l’audition, car ce n’est pas seulement l’oreille qu’il faut rééduquer, mais également le cerveau. Durant ce temps d’adaptation, de nouveaux réglages seront effectués par l’audioprothésiste.

Pour un meilleur confort, les aides auditives peuvent être améliorées par l’utilisation d’accessoires :

  • une boucle magnétique, sorte de casque conçu pour certains contours d’oreille, qui permet d’entendre la télévision ou la radio sans gêner l’entourage ;
  • un micro directionnel, avec ou sans casque, à adapter à l’aide auditive pour mieux suivre un spectacle, une conférence, ou participer à des échanges en société ;
  • des amplificateurs pour téléphone fixe ou portable, des réveils vibrants ou lumineux, etc.

Un coût élevé

Le prix moyen d’une aide va de 900 à 2 500 €, soit le double pour appareiller les deux oreilles. Prévoir une fourchette de 900 à 1 400 € pour un appareil analogique et de 1 200 à 2 500 € pour un numérique. Ces montants comprennent l’appareillage et les interventions de l’audioprothésiste (tests, réglages et suivi après l’achat).

Pour les personnes de plus de 20 ans, l’assurance-maladie prend chaque appareil en charge à 65 %, quel que soit le modèle, sur la base d’un forfait de 199,71 € (soit un remboursement de 129,80 € l’unité). Un forfait annuel de 36,59 € (remboursement : 23,78 €) est également accordé par l’assurance-maladie pour l’achat des piles et des produits d’entretien (comptez une dépense réelle d’environ 150 € par an).

Certains contrats de complémentaire maladie prennent en charge une partie des coûts. Toutefois, l’ensemble de leurs remboursements ou des allocations dépasse rarement 600 €.

Une faible durée de vie

Quelles que soient les aides, la somme à débourser pour un appareillage reste élevée, d’autant que sa durée de vie est courte : cinq à six ans si l’on prend soin d’assurer un entretien quotidien de l’embout avec un aérosol spécifique qui le nettoie et le désinfecte.

Avant de se lancer, il est utile de mettre les prothésistes en concurrence, de demander des devis et de comparer les prix sur la base des mêmes appareils et des mêmes prestations. Renseignez-vous aussi sur le service après-vente. Certains centres proposent en effet des financements personnalisés, offrent des possibilités de dépannage immédiat, sans rendez-vous, etc.

Quand faut-il opérer ?

En cas de surdité profonde ou congénitale, l’implantation cochléaire est l’intervention chirurgicale indiquée. Il s’agit d’installer une vingtaine d’électrodes le long d’un fil introduit dans la cochlée, qui stimuleront les cellules nerveuses auditives.

Cette implantation s’adresse aux personnes dont la cochlée est atteinte mais dont le nerf auditif est épargné, et qui ne peuvent plus bénéficier de prothèses classiques. Avec un soutien psychologique et orthophonique adapté, elles peuvent retrouver pleinement une communication orale.

Il s’agit d’une technologie extrêmement délicate et coûteuse. Selon le Pr Bruno Frachet, il existe 70 000 implantés cochléaires dans le monde (2 500 à 3 000 en France). Le coût d’une implantation est de 30 000 € (pris en charge à 100 % par l’assurance-maladie).

D’autres types d’implants chirurgicaux sont en train d’être mis au point. Directement insérés dans l’oreille moyenne, ils s’adressent aux mêmes personnes présentant des pertes d’audition moyennes à sévères, de 40 à 90 dB. Il en existe deux sortes :

  • les implants semi-implantables, dont la partie externe correspondant au "micro", de la taille d’une pièce de monnaie très fine et aimantée, se positionne sur la partie implantée ;
  • un appareil totalement implantable, présenté au congrès de la Société française d’ORL en octobre dernier à Paris. Il utilise les vibrations du tympan comme micro et possède une batterie de longue durée de type "pacemaker". Pour l’heure, cet appareillage n’a pas été testé sur plus de 150 personnes dans le monde. Rendez-vous dans quelques années !