Réagir à une baisse auditive

Réagir à une baisse auditive

La meilleure manière de remédier à une baisse de ses facultés auditives est de faire contrôler son audition. En allant consulter un professionnel.

"La prise en charge d’une audition déficiente doit intervenir dès son apparition, lorsque les troubles sont encore réversibles, recommande le Pr Frachet, car un dépistage tardif rend souvent la réhabilitation plus difficile."

Autant le savoir : on ne guérit pas d’une baisse d’audition. Mais, grâce à un appareillage adapté, on peut retrouver le plaisir d’une audition presque intacte.

Un examen chez l’ORL

Commencez par parler de ses problèmes auditifs à son médecin traitant. Si la perte le justifie, il orientera vers un médecin otho-rhino-laryngologiste (ORL).

L’ORL est le seul médecin à pouvoir poser un diagnostic de presbyacousie ou d’un autre type de surdité. Pour cela, il procède en deux étapes. D’abord il examine le tympan (otoscopie), puis il mesure le déficit grâce à l’audiométrie. Cet examen, qui dure une demi-heure environ, comprend deux audiogrammes : l’un porte sur les sons bruts, l’autre sur la perception des mots.

L’ORL préconise une aide auditive lorsque la personne a perdu 30 % de son audition et que le pourcentage des mots compris est inférieur à 60 %. Il la dirige vers un professionnel de la correction auditive, l’audioprothésiste.

Le rôle de l’audioprothésiste

"Le premier travail du médecin ORL et de l’audioprothésiste, précise le Pr Frachet, consiste à mettre en confiance le patient, qui, le plus souvent, vient consulter à reculons. À nous de trouver les mots justes pour lui expliquer ce qu’est la perte auditive et quelles sont les solutions."

L’audioprothésiste procède à l’appareillage, ce qui demande du temps. La première visite consiste, au moyen d’un long entretien, à faire le point sur les attentes, les difficultés, les conditions de vie du patient. Cet entretien est complété par des tests audiométriques. L’audioprothésiste propose ensuite un ou plusieurs types d’appareillage.

Puis il effectue une empreinte du conduit auditif. La deuxième séance est consacrée à l’essai de l’appareil. Plusieurs rendez-vous seront peut-être nécessaires pour arriver à le régler.

Rééducation chez l’orthophoniste

L’intervention d’un orthophoniste constitue une autre étape, très importante, celle de l’adaptation et de l’éducation du patient. Car, si s’équiper d’un appareil permet de mieux entendre, "mieux entendre ne signifie pas nécessairement mieux comprendre", indique Christine Toffin, orthophoniste à l’hôpital Avicenne.

Quand l’audition baisse, on ne perçoit plus les fréquences aiguës. Or ce sont justement celles qui facilitent la compréhension de la parole. Ceux qui sont restés longtemps avec une surdité non appareillée ont perdu la capacité de reconnaître les mots et les sons. En sollicitant, par des exercices appropriés, des fonctions cognitives qui n’ont plus travaillé depuis longtemps, un orthophoniste peut, en quelques séances, aider les personnes les plus en difficulté à rééduquer leur fonction auditive.

Différentes aides auditives

Il existe deux gammes de prothèses auditives : les analogiques et les numériques. Les premières, moins chères, font mal la distinction entre les bruits environnants et la parole. Résultat : la personne équipée d’une aide auditive de ce type ne peut profiter pleinement de l’amélioration de son audition que dans un milieu peu bruyant, ce qui limite l’intérêt des appareils analogiques.

Les secondes, mises au point il y a une dizaine d’années, sont plus performantes en environnement bruyant. "Ce sont de véritables mini-ordinateurs, des appareils capables de sélectionner les sons à amplifier", souligne un audioprothésiste francilien. Une aide auditive numérique est en effet programmée pour analyser les sons captés, sélectionner et amplifier ceux qui sont utiles à la personne appareillée tout en atténuant les bruits parasites. Cela permet d’adapter les appareils à la perte auditive.

La technologie numérique améliore la qualité sonore, le confort d’écoute et l’intelligibilité de la parole, en particulier dans les environnements bruyants, car l’appareil est programmé pour réagir de façon automatique à différentes ambiances sonores. Une qualité qui a un coût : le prix des appareils numériques est 30 % plus élevé que celui des analogiques, sans que le forfait pris en charge par l’assurance-maladie soit modifié.

Aides auditives : pour faire le bon choix

Intra-auriculaires : discrets ou invisibles

Il est essentiel que ces appareils soient bien adaptés à chaque personne. Une prise d’empreinte est donc réalisée par l’audioprothésiste, puis la coque renfermant les composants est fabriquée sur mesure. Il en existe de trois sortes :

  • L’intra-conduit se dissimule totalement dans le conduit auditif et ne laisse apparaître qu’un mince fil de nylon translucide servant à l’extraire. Il est conçu pour les pertes légères (jusqu’à 40 dB).
  • L’intra-canal, placé à l’entrée du conduit auditif, est à peine visible et convient aux pertes moyennes, de 40 à 60 dB.
  • L’intra-conque, placé dans le pavillon de l’oreille, est apparent. Il est adapté aux pertes auditives sévères (60 à 80 dB). Mais il a un défaut, celui d’être trop visible. Il est donc de plus en plus remplacé par un mini-contour d’oreille, plus facilement dissimulable dans les cheveux et plus puissant.

Point fort. La miniaturisation.

Points faibles. Ils ne conviennent pas aux pertes d’audition trop importantes (sauf l’intra-conque), ni aux conduits auditifs trop étroits ou coudés. Une bonne dextérité manuelle et une bonne acuité visuelle sont nécessaires pour changer les piles et nettoyer les plus petits appareils. Techniquement, on note une faiblesse au niveau de l’écouteur.

Pour qui ? Les appareils intra-auriculaires sont plutôt adaptés aux "jeunes seniors" capables de gestes précis.

Contours d’oreille : visibles mais plus solides

Placés derrière le pavillon de l’oreille, ils sont reliés à un embout transparent placé dans le conduit. Ils existent en plusieurs tailles et couleurs, ce qui les rend plus discrets. Ils représentent actuellement 60 % des aides auditives achetées. De plus en plus miniaturisés, ils bénéficient, pour les plus récents, de la technologie numérique.

Points forts. Ils s’adaptent à toutes les baisses d’audition et sont faciles à manipuler, sont plus robustes que les autres modèles et plus faciles à entretenir. Ils sont conseillés en cas de sécrétions abondantes de cérumen.

Points faibles. Certains anciens modèles sont peu discrets ou peu esthétiques, mais les plus récents sont plus faciles à dissimuler.

Pour qui ? Ils sont plutôt conçus pour les personnes âgées dont la perte auditive est importante et dont les gestes ont perdu de leur précision.

Lunettes auditives : sans en avoir l’air

Il s’agit en fait de la technologie des contours d’oreille intégrée dans des branches de lunettes, celles-ci pouvant être factices.

Points forts et faibles. Les mêmes que ceux des contours d’oreille.

Pour qui ? Pour ceux qui sans, en avoir l’air, veulent corriger leur vision et leur audition !

Systèmes ouverts : une audition naturelle

Ces appareils ressemblent à des contours d’oreille, avec une coque à placer derrière l’oreille, mais ils possèdent un embout ouvert à ailettes qui, une fois inséré dans le conduit auditif, ne bouche pas l’oreille.

Point fort. Ils évitent à l’utilisateur la désagréable impression d’entendre sa propre voix déformée par l’amplification lorsqu’il mâche ou avale. La captation des sons graves se fait naturellement sans passer par l’appareil, celui-ci n’étant là que pour renforcer les aigus qui manquent.

Point faible. Adaptés uniquement aux pertes d’audition faibles, ils restent moins discrets que les intra-auriculaires.

Pour qui ? Ils sont indiqués pour ceux dont c’est le premier équipement.