Presbytie : la chirurgie est possible

Presbytie : la chirurgie est possible

Passé 45 ans, personne n’échappe à la presbytie ! Elle peut désormais être corrigée par des techniques chirurgicales efficaces, qui permettent de se libérer des lunettes pour voir de près.

 

Effet naturel du vieillissement, la presbytie résulte de l’usure du cristallin, cette lentille située à l’intérieur de l’œil qui, avec l’âge, perd de son élasticité et n’arrive plus à jouer son rôle d’autofocus.

Si les myopes résistent un peu plus longtemps, ceux qui ne souffrent d’aucun trouble de la vision – tout comme les astigmates et les hypermétropes – doivent se résigner à porter des verres correcteurs parfois dès 40 ans. 

Au total, 700 000 personnes deviennent presbytes chaque année en France.

Une chirurgie récente

Alors que la chirurgie au laser de la myopie est entrée dans les mœurs, celle de la presbytie est encore récente.

 Il est possible d’opérer dès l’âge de 45 ans, mais il sera parfois nécessaire de pratiquer une petite retouche 5 à 7 ans plus tard, indique le Dr Nader Robin, chirurgien ophtalmologiste à Grenoble. L’idéal est d’attendre que la presbytie ait fini d’évoluer, vers 55 ans. ” 

Les deux techniques couramment pratiquées sont le laser et la pose d’implants intracornéens, chacune correspondant à des indications bien précises. 

La plus courante, l’intervention au laser, appelée Lasik, est plutôt indiquée chez les moins de 60 ans, pour des défauts mineurs et pour les presbytes hypermétropes (vision de loin floue).

Elle consiste à compenser le défaut d’accommodation du cristallin en “sculptant” la cornée, pour obtenir plusieurs rayons de courbure correspondant à plusieurs distances focales : la zone centrale permettra la vision de près et la zone périphérique la vision de loin.

L’opération est indolore et dure moins d’une demi-heure pour les deux yeux. On rentre chez soi juste après l’intervention et on récupère une vue normale en moins de 24 heures.

Une correction pour les plus âgés

L’autre technique, plus lourde et plus chère, est réservée aux défauts importants et aux plus de 60 ans.

Pratiquée sous anesthésie locale, en ambulatoire, elle consiste à remplacer le cristallin vieillissant par un cristallin artificiel, appelé aussi implant intra-oculaire. Les implants permettent :

  • Soit la monovision ou vision alternée (la vision de loin est assurée par l’œil "dominant” et la vision de près par l’œil « dominé ») 
  • Soit la multifocalité qui permet une vision simultanée de près et de loin, mais nécessite un temps d’adaptation. 

 Les patients à qui l’on pose des implants cornéens ont l’assurance de ne plus se faire opérer de la cataracte. En revanche, je les déconseille aux personnes qui conduisent la nuit, car ils provoquent un éblouissement lors de la vision de loin ”, met en garde le Dr Robin.

Combien ça coûte ? 

La technique au laser (ou Lasik) revient à environ 1 500 € par œil, non remboursés par l’Assurance-maladie.

L'implant coûte de 3 000 à 4 000 € par œil, remboursés en partie (500 € par œil) si le cristallin est déjà atteint par la cataracte, en général à partir de 60-70 ans. Cette dépense non négligeable peut être financée partiellement par certaines mutuelles.

Il faut relativiser ce coût en le comparant au prix des lunettes, que l’on remplace en moyenne tous les deux ans.

Quel que soit le type d’opération, vous ne retrouverez pas les yeux de vos 20 ans, mais vous pourrez vous passer de lunettes dans la plupart des situations.

Des lunettes d’appoint peuvent être utiles pour ne pas trop fatiguer ses yeux (la nuit ou avec un faible éclairage).