Femmes : bien vivre le cap de la cinquantaine

Femmes : bien vivre le cap de la cinquantaine

La ménopause ? Elles la vivent sans drame dès lors qu’elles s’y sont bien préparées.

Quasi grand-mères en 1950, les quinquas sont aujourd’hui des battantes, jeunes dans leur tête et dans leur corps. Prêtes, pour certaines, à refaire leur vie. Pourtant, les hormones, elles, continuent à marquer le cap. L’âge de la ménopause n’a pas changé, avec ses bouleversements qui marquent l’entrée dans une nouvelle vie. Comment vit-on aujourd’hui ce "passage" ?

Une transition à négocier

"La période qui précède l’arrêt définitif des règles continue à beaucoup perturber les femmes, note Françoise Kremer, présidente de l’association Femmes pour toujours. Les règles deviennent capricieuses, le moral fluctue. Les bouffées de chaleur et les prises de poids sont difficiles à contrôler. De plus, personne n’est en mesure de dire combien de temps cette période va durer : quelques mois pour certaines, plusieurs années pour d’autres. Le fait de ne pas maîtriser les choses renforce le sentiment de perte de repères."

Une information indispensable

Pourtant, dès lors qu’elles sont bien informées, les femmes ne vivent pas forcément mal cette transition : "Nous, association, les aidons à dédramatiser en leur expliquant que ce n’est qu’un événement hormonal qu’il faut relativiser. La plupart des femmes, passé la quarantaine, ne souhaitent plus d’enfant. Dès lors, pourquoi s’affoler ? La féminité ne s’arrête pas avec la fin de la fécondité, bien au contraire. Pour certaines, c’est même un soulagement : finies les règles, finie la contraception."

"Pour que les femmes vivent bien ce cap, il faut qu’il y ait un suivi gynécologique de qualité", explique pour sa part Martine Teillac, psychothérapeute et psychanalyste. Le gynécologue doit tenir un discours d’anticipation et de prévention, en parlant plus d’hygiène de vie, de nouveau mode de vie. Cela permet de réguler son poids et d’éviter l’ostéoporose.

L’ère des nouveaux projets

"Les femmes qui travaillent ou qui ont une passion en dehors de la vie familiale sont moins vulnérables au temps qui passe. Elles restent créatives, pleines d’énergie, avec une ouverture sur le monde bien plus grande que ne l’avait leur propre mère", poursuit Martine Teillac. 50 ans, l’âge des grands chamboulements ? C’est en effet plus que jamais le moment d’envisager une reconversion professionnelle, de s’engager dans le bénévolat, ou de reprendre des études.

À 52 ans, Élisabeth vit ce tournant avec des projets plein la tête : "J’ai consacré vingt-cinq ans à élever mes quatre enfants. Aujourd’hui, ils ont moins besoin de moi et j’ai pu monter une petite entreprise de fabrication de sacs en tissus, comme alternative aux sacs en plastique. Ce redéploiement m’apprend plein de choses ! Je m’occupe aussi plus de moi. J’ai pris rendez-vous chez un dermato pour qu’il m’enlève les taches de soleil sur le visage. Ça m’a redonné un coup d’éclat. On dirait que j’ai cinq ans de moins !"

Pourquoi pas une deuxième carrière ?

D’autres prennent conscience qu’il est temps de penser à une deuxième carrière, comme Nathalie, 46 ans, qui veut tourner le dos au secrétariat médical : "En décrochant un bilan de compétences, je découvre que j’ai au moins deux formations à saisir pour changer radicalement de vie professionnelle." D’autres rêvent de se mettre à leur compte : "Après vingt ans dans la même entreprise, j’en ai fait le tour, témoigne Geneviève. À 47 ans, j’ai très envie d’ouvrir une franchise pour un magasin de cosmétiques naturels."

Prendre des responsabilités dans sa commune est aussi une voie explorée. "Depuis le départ des enfants, j’emploie le temps désormais libéré à l’animation d’un comité de quartier, explique Isabelle, 56 ans. Nous planchons sur un projet de conversion de friches industrielles."

Un tournant pour le couple

Les enfants ayant quitté le foyer, le couple se retrouve en tête-à-tête. Certains divorcent, d’autres redécouvrent une vie à deux moins contraignante. "J’ai la chance de pouvoir compter sur l’affection et le soutien de mon mari, note Sandrine. Le cap de la ménopause ne l’a pas choqué, cela m’a rassurée. Il m’aime, il m’écoute… Il n’en a pas fait de problème."

Le rôle du conjoint est d’autant plus important que la sexualité ne s’arrête pas à 50 ans ! Bonne nouvelle, elle est nettement plus riche qu’il y a trente-cinq ans, comme le montre une enquête de l’Inserm : en 1970, les femmes de plus de 50 ans n’étaient que 53 % à déclarer une activité sexuelle dans les douze mois précédents, contre 77 % en 1992 et 90 % aujourd’hui !

Le suivi médical est essentiel

La ménopause n’est pas une maladie et la moitié des femmes passent ce cap sans symptômes particuliers. Pour l’autre moitié, se pose la question de la substitution hormonale. Le recours au THS reste indiqué en cas de troubles climatériques importants (bouffées de chaleur, sécheresse vaginale…).

"Certaines préfèrent s’en passer et recourir aux vitamines et minéraux, aux hormones naturelles et aux gels lubrifiants locaux. L’essentiel reste le suivi médical, qu’il y ait ou non un traitement associé, afin de continuer à pratiquer les dépistages nécessaires (frottis, mammographie, bilans sanguins et osseux à intervalles réguliers)", note Françoise Kremer. S’assurer de sa bonne santé, c’est le gage d’être bien dans sa tête.