A quoi sont dus les troubles de l'érection ?

A quoi sont dus les troubles de l'érection ?

Malgré l'apparition de divers médicaments destinés à lutter contre les troubles de l'érection, ces derniers demeurent tabous. Pourtant, ils peuvent être un signe précurseur de maladies graves…

Selon une enquête Ipsos effectuée en novembre 2003, 42 % des hommes de plus de 35 ans avouent avoir connu ponctuellement des troubles de l'érection. Encore le chiffre est-il sous-évalué puisque beaucoup sont réticents à évoquer le sujet. De leur côté, 83 % des femmes du même âge disent que leur compagnon en souffre occasionnellement !

Les troubles sexuels, un problème de cœur

Jusqu'à présent, ces problèmes intéressaient essentiellement l'urologue ou le psychiatre sexologue. Mais, depuis peu, les cardiologues portent un intérêt tout particulier à la sexualité masculine. Plusieurs études sont en effet venues confirmer ce que l'on devinait : les maladies cardio-vasculaires et les troubles de l'érection ont partie liée.

Un bilan cardiaque peut être utile

"Quand on examine des patients souffrant de troubles érectiles, on observe un nombre incroyablement élevé de personnes souffrant de pathologies vasculaires", confirme le Pr Jacques Tostain, responsable du comité d'andrologie de l'AFU (Association française d'urologie).Ces dysfonctionnements pourraient ainsi être un véritable signal d'alarme, indiquant que les vaisseaux sanguins sont fragilisés. Selon des études, ils précéderaient d'environ trois ans les premiers signes d'une maladie cardio-vasculaire.La conclusion s'impose : quand on observe un fléchissement de sa virilité, il est bon d'en parler à son médecin et, au besoin, de faire un bilan approfondi chez le cardiologue.

Vaisseaux altérés

La logique qui sous-tend ce raisonnement est simple. Quand la verge ne réagit pas à la stimulation, c'est qu'elle a du mal à se remplir de sang. Et si elle se remplit mal, c'est notamment parce que les vaisseaux qui l'irriguent sont altérés.

Le tabac et le supoids, facteurs de risque

Rétrécissement du diamètre des vaisseaux, plaque d'athérome, inflammation de la paroi artérielle en sont la cause. Il en est de même des autres pathologies vasculaires qui, de l'infarctus à l'accident vasculaire cérébral, mettent la vie en péril. D'ailleurs, les facteurs de risque sont les mêmes : tabac (surtout chez l'homme jeune), surpoids (qui augmente le risque de 30 %), sédentarité, lipides sanguins (cholestérol, triglycérides)…

Gare aux idées reçues

Les principaux médicaments utilisés pour lutter contre les affections vasculaires n'ont pas d'effet négatif sur la sexualité. Et pourtant, combien de patients ont arrêté de prendre leur bêtabloquant au motif qu'il entraînait une impuissance. Faux ! C'est la maladie vasculaire qui est en cause !

Pas d'inquiétude si les "pannes" sont rares...

Quand les pannes sont rares et entrecoupées de périodes où

la virilité de l'homme est satisfaisante, il n'y a pas lieu de s'inquiéter. Elles traduisent souvent des périodes de stress, de fatigue passagère. Une fois la cause identifiée et le problème résolu, la situation retourne à la normale.Cas classique : le commercial en période de négociation serrée avec ses fournisseurs ou celui qui doit atteindre ses objectifs avant la fin de l'année… Vigilance tout de même si les incidents se poursuivent une fois la vague de stress passée. On peut craindre un épuisement chronique ou un fond de déprime.

Ne pas laisser perdurer la situation

Quand la dysfonction érectile est installée, il convient de ne pas laisser perdurer la situation, car, si l'on cesse de pratiquer l'acte sexuel, la fonction peu à peu disparaît ! Mais surtout, cette baisse de la virilité peut traduire de nombreuses maladies, pas seulement vasculaires. La dépression, bien entendu, mais aussi des atteintes métaboliques comme le diabète.

Testostérone et cancer

Quand aucune autre cause n'est trouvée, le médecin préconise un bilan pour connaître le niveau de testostérone (hormone mâle) dans le sang. S'il est bas, on peut redonner de la vigueur aux érections en prescrivant cette hormone. "On examine toujours la prostate auparavant, précise le Pr Tostain. Pour deux raisons : d'abord parce que la prescription de testostérone risque d'aggraver un cancer déjà existant. Ensuite, parce qu'on a observé que les cancers de la prostate étaient plus fréquents chez les hommes victimes de ce déficit en hormones." Combien de cancers ont ainsi été dépistés grâce aux investigations menées pour comprendre une dysfonction érectile !

Battons en brèche une idée reçue : soigner les troubles érectiles est loin d'être futile… Cela peut aussi sauver la vie !