Les solutions aux troubles du désir

Les solutions aux troubles du désir

Lorsque le désir n’est plus aussi fort qu’aux premiers jours, il faut s’accorder du temps à deux et en parler, pour faire la part des choses entre une baisse passagère et un réel problème. Les vacances sont une période privilégiée.

Le manque de désir est le trouble sexuel dont les femmes se plaignent le plus souvent. 95 % d’entre elles connaissent au cours de leur vie des baisses de désir qui sont le plus souvent passagères.

Pour une femme sur trois, celles-ci sont durables, et 16 % disent en souffrir. Les hommes semblent être moins touchés, encore que… "De plus en plus d’hommes viennent me voir pour un problème de désir. Les femmes deviennent plus exigeantes, elles demandent plus, et certains hommes ne se sentent pas à la hauteur de leurs attentes", constate le Dr Marie Chevret-Measson, psychiatre sexologue et directeur d’enseignement du diplôme universitaire de sexologie à Lyon.

Réveiller le désir qui sommeille

Mais au fait, qu’est-ce que le désir ? La pulsion spontanée des premiers moments d’une relation, lorsque l’envie de l’autre est plus forte que tout, décline petit à petit en fonction de la durée de vie du couple, pour faire place à un désir plus "sage". Et c’est normal. La période bénie serait de deux à sept ans !

Si l’on attend de ressentir le même désir qu’au début, on peut se croire sans désir, alors qu’un peu plus de temps et de câlins désintéressés permettraient de réveiller l’envie de faire l’amour.

Gare à la routine et au stress !

La fatigue, le stress, des difficultés professionnelles, des soucis par rapport aux enfants ou aux proches, tous ces événements peuvent retentir sur la sexualité, qui passe alors au second plan.

Les conflits dans le couple, un manque de synchronisation entre les attentes de l’un et de l’autre, ou les troubles sexuels de l’homme (troubles érectiles, éjaculation précoce…), peuvent aussi être en cause. Une dépression, la prise de certains médicaments, une maladie grave ou un cancer du sein entraînent un désintérêt temporaire pour la sexualité.

Les fluctuations hormonales à la ménopause ou juste après un accouchement jouent aussi sur le désir. "C’est normal d’avoir moins envie de faire l’amour dans les mois qui suivent la naissance du bébé, mais il faut aussi penser à son compagnon ! En général, je conseille aux femmes de se “booster”, ce qui ne veut pas dire se forcer mais être disponible face au désir de l’autre et se laisser entraîner. Et souvent, elles retrouvent leur désir par l’excitation et le plaisir", explique le Dr Chevret-Measson.

Ne pas tout miser sur les vacances

Moins on fait l’amour, moins on a envie de le faire. Pour casser une routine, les vacances sont le moment idéal. Elles permettent de s’accorder du temps pour soi et pour son couple, et de se retrouver loin des soucis et des contraintes.

Le repos, la détente, le soleil, l’exercice physique contribuent à se sentir mieux dans son corps, et plus disponible à l’autre.

C’est le moment aussi de redécouvrir le plaisir de la sieste à deux, des dîners en amoureux sans les enfants, et pourquoi pas des lectures érotiques ? Mais attention à ne pas tout miser sur les vacances.

"C’est tout au long de l’année que le couple devrait se ménager des moments à lui, par exemple en s’accordant une soirée par semaine et en partant parfois en week-end à deux", souligne-t-elle.

Eviter d'accuser l'autre

Lorsque l’absence de désir persiste, il faut d’abord en parler ensemble. En choisissant le bon moment - jamais à chaud - et en évitant d’accuser l’autre. Mieux vaut dire "nous avons un problème" que "tu ne sais pas t’y prendre", par exemple.

Lire des articles ou des livres sur la sexualité et en discuter aide à aborder la question.

Il ne faut pas tout attendre de l’autre, mais cultiver son propre désir, et n’être ni trop perfectionniste ni dans la performance au risque de tout bloquer.

En parler à son gynécologue

À qui s’adresser ? Tout d’abord à son gynécologue, notamment si les rapports sont douloureux suite à un problème de sécheresse vaginale. Gels et ovules offrent une lubrification satisfaisante.

Si la baisse de désir vient d’un déficit de testostérone chez l’homme, l’andrologue ou l’urologue compensera celui-ci par des patchs ou des gels d’application locale.

Le plus souvent, il n’y a pas de problème physique, et c’est le sexologue qui pourra le mieux aider à remobiliser le désir. On peut consulter seul ou en couple, pour retrouver "l’envie d’avoir envie".

Les femmes sont-elles satisfaites de leur sexualité ?

Selon l’enquête Ipsos-Mimoun 2008, 73 % des femmes sont satisfaites de leur vie sexuelle.

96 % disent avoir des pensées ou des fantasmes sexuels, et 80 % déclarent même qu’ils peuvent se concrétiser dans la réalité.

Pourtant, 95 % connaissent des baisses de désir au cours de leur vie, et 64 % d’entre elles disent ne rien faire pour que cette situation change et attendent que leur désir rejaillisse comme par magie.

S’informer sur l'absence de désir et consulter

  • Association pour le développement de la recherche et de l’information sur la sexualité (Adirs) : www.adirs.com.
  • Des sexologues répondent à vos questions sur le forum www.sexomag.org ou par téléphone au 0 825 00 00 10.
  • Il existe environ 1 000 sexologues diplômés en France. Pour en trouver un dans votre région, consultez les sites de l’Association inter-hospitalo-universitaire de sexologie (www.aihus.fr) et du Syndicat national des médecins sexologues (www.snms.org).
  • Pour une sexothérapie, il faut compter 4 à 12 séances en moyenne. Elles durent de 20 minutes à 1 heure et coûtent entre 50 et 130 €. Pratiquées par des médecins, elles sont remboursées à 70 % du tarif conventionné par l’assurance-maladie.