Les agences du bonheur

Les agences du bonheur

Les agences matrimoniales résistent à la montée en puissance des sites de rencontres. Elles jouent la carte d’un accompagnement plus individualisé dans la quête de l’âme sœur et promettent des services complémentaires.

Un peu trop rapidement mises au placard, accusées d’être chères et ringardes, de se spécialiser dans les rencontres exotiques (femmes slaves, asiatiques), les agences matrimoniales n’ont pas disparu du paysage. L’irruption des sites de rencontres sur Internet n’a en effet pas signé leur arrêt de mort, mais a permis de faire le ménage dans la profession. Elles appartiennent à de grands réseaux nationaux et internationaux (Fidelio, UniCentre, Unicis, Union Conseil), mais aussi à des indépendants qui exercent dans une seule ville.

Le rôle de l’agent matrimonial

Stéphane Maillard, président de la Fédération française matrimoniale et du réseau Unicis, pointe d’emblée la différence entre les sites Internet et les agences. "Les premiers sont un peu comme un libre-service avec en rayon des hommes et des femmes candidats à la rencontre. À ce jeu, on choisit autant qu’on est choisi. La déception peut donc être grande. C’est là que l’agent matrimonial a un rôle important à jouer. Il arbitre les désirs, modère parfois les rêves des uns, mais aussi revalorise ceux qui n’ont pas une très bonne image d’eux-mêmes."

Premier point à connaître, de façon générale, les jeunes hommes (moins de 35 ans) sont plus nombreux dans les agences que les jeunes femmes. En revanche, à partir de 60 ans, les femmes sont en majorité.

Choisir la bonne agence

Liés à leurs clients par un contrat, les agents matrimoniaux ont un devoir de conseil à leur égard et se doivent de vérifier les informations fournies par les candidats au mariage (loi n° 89-421 du 23 juin 1989 et décret n° 90-424 du 16 mai 1990). Sur Internet, les "approximations" sur les revenus, le niveau d’études, la taille, l’âge, le statut marital ne sont pas rares. Une agence digne de ce nom vérifiera un certain nombre de documents avant l’inscription : pièce d’identité, avis d’imposition, bulletins de salaire, justificatif de domicile, jugement de divorce, certificat de décès du conjoint, etc.

Mieux vaut choisir une agence qui a pignon sur rue depuis un certain temps dans sa région ou qui fonctionne en réseau, ce qui présage un carnet d’adresses plus fourni. Avec un établissement franchisé, un déménagement n’est pas synonyme d’interruption de la prestation.

De même, on privilégiera les agences qui, au-delà de simples contacts en tête-à-tête, proposent des randonnées, dîners, spectacles, danse, jeux de société, activités sportives… Ces professionnels remarquent en effet que, souvent, leurs clients arrivent avec une demande précise, par exemple rencontrer un homme de haute taille ou une femme sans enfants…

Pourtant, au cours de rencontres informelles, ils tombent sous le charme de celui ou celle qu’ils n’avaient pas demandé à rencontrer. Des agences proposent également des services de relookage et des tests psychologiques pour aider les candidats à tirer le meilleur parti de leurs atouts.

Des contrats de 3 mois à un an

On peut être tenté de choisir un contrat de trois ou six mois à partir de 700 ou 800 €, alors que les contrats d’un an, a priori plus onéreux (entre 2 000 et 2 500 €), se révèlent à terme plus avantageux. "Une rencontre sérieuse intervient rarement en trois mois. Il faut plutôt se donner environ une année. À raison d’une rencontre par mois, c’est donc au bout de dix ou douze rencontres qu’on a une chance de trouver l’homme ou la femme qu’on recherche", assure Stéphane Maillard.

On n’oubliera pas d’interroger l’agence sur les moyens qu’elle mettra en œuvre pour accompagner la quête. Par exemple, à chaque mise en relation, est-ce qu’un compte rendu de visite est établi ? Le taux de succès, c’est-à-dire la formation de couples stables, est un critère important de choix. Mais là, les chiffres avancés par la profession - 50 % après six mois d’inscription, 80 % au bout d’un an - ne sont guère vérifiables…

Ce que l’on est en droit d’exiger

Les agents matrimoniaux doivent remettre un contrat écrit. Outre les coordonnées du professionnel, y figurent obligatoirement le détail des prestations fournies, le prix et les modalités de paiement. Sans ces indications, le contrat est nul. Si possible, la fiche précisant les caractéristiques de la personne recherchée est annexée. Une fois le contrat signé, l’adhérent dispose de sept jours pour réfléchir. Pendant ce délai, aucune somme ne peut être réclamée.

Les contrats sont établis pour une période qui ne peut excéder un an. Tout renouvellement fera l’objet d’un avenant. En cas de motif légitime (maladie, changement de lieu de résidence…), le client peut résilier et se voir restituer les sommes versées prorata temporis. La plupart des agences s’engagent à mettre en œuvre tous les moyens pour qu’une union stable, un mariage se réalise, mais elles ne garantissent pas le résultat. Dernier point, il ne faut pas confondre agences matrimoniales et clubs de rencontres. Seules les premières sont soumises à ces règles spécifiques.

Cinq réseaux

Alliance chrétienne www.alliance-chretienne.com et 0 810 121 117 (prix d’un appel local)

Fidelio

www.fidelio.fr

UniCentre

www.unicentre.eu et 0 820 204 104 (0,12 €/min)

Unicis

www.unicis.com et 0 820 366 206 (0,12 €/min)

Union Conseil

www.union-conseil.com