Il rechigne à aller chez mes parents

Il rechigne à aller chez mes parents

Les repas obligatoires chez les beaux-parents peuvent provoquer des frictions avec le conjoint. Comment entretenir de bonnes relations avec sa belle-famille tout en préservant son couple ?

Un moment privilégié pour les membres de la famille

Pour le fils ou la fille de la maison, les repas de famille sont l’occasion de se "réchauffer" auprès de l’affection des siens et de renouer avec son enfance. De "sentir qu’on peut compter les uns sur les autres, que la famille tient le coup, malgré les épreuves", explique Maryse Vaillant, psychologue.

Même si tout le monde s’observe, certains profitant de la pause-cigarette ou de la vaisselle pour cancaner : la belle-sœur a pris du poids, le père est fatigué… "Le lien familial est bâti sur ces connivences qui rassurent, même si, le reste du temps, chacun vit sa vie", estime la psychologue.

Un regard critique sur la belle-famille

Souvent détaché de la mêlée, le beau-fils ou la belle-fille observe les manies des uns et des autres - la belle-mère qui régente son monde, le beau-frère provocateur - ou constate avec tristesse que son conjoint est infantilisé. Aveugle vis-à-vis de ses propres parents, on est plus lucide sur les défauts de sa belle-famille », remarque Maryse Vaillant. Et le malaise peut s’aggraver si "le conjoint préfère se soumettre à sa belle-famille plutôt que d’entrer en conflit ouvert avec son époux(se). C’est plus économique psychiquement", affirme la psychologue.

Il est d’autant plus difficile à la "pièce rapportée" de se soustraire à ce rituel car les habitudes sont anciennes. Catherine, voulant échapper pour une fois au traditionnel repas, tente de convaincre son époux Bruno : "Pour moi, c’est une corvée. Comme je ne partage pas vos souvenirs et que je ne veux pas me mêler de vos bisbilles, je me tais… et je m’ennuie."

Blessée de constater que son mari est peu réceptif, elle hausse le ton : "J’ai suffisamment de contraintes pour ne pas avoir à en rajouter ; n’oublie pas que mes parents vieillissent aussi !" Comment éviter que la belle-famille soit à l’origine d’une scène de ménage ?

Trouver une solution à deux

"Vous n’êtes pas forcé(e) d’être au garde-à-vous devant vos beaux-parents et de répondre présent à chaque invitation. En revanche, refuser d’y aller systématiquement, c’est s’exclure. Entre le tout et le rien, des compromis sont possibles. Essayez de trouver avec votre conjoint des alternatives et de vous y tenir", propose Maryse Vaillant.

Vous n’êtes pas de toutes les réunions familiales, mais vous n’omettez aucune fête importante pour eux. Ils vous en sauront gré. Faites-leur part de vos habitudes : vous ne tenez pas en place et vous n’avez pas la culture des journées passées à table. Ils vous excuseront, car ce qu’ils souhaitent, c’est avoir leurs enfants auprès d’eux.

Proposer des alternatives

Si le repas se prolonge, allez promener les enfants ou installez-vous dans un transat. Si possible, ne fixez rien d’intangible et partez chez vos beaux-parents si vous le décidez. Vous pouvez aussi charger votre conjoint de les éclairer sur un report de date. "'Nous ne viendrons pas le week-end prochain parce que nous avons besoin de souffler après la semaine de contrôles des enfants ; ça sera pour la prochaine fois.' Formulé avec tact, le report sera recevable", estime Maryse Vaillant.

Lorsque les familles sont géographiquement proches, le conjoint peut rendre visite à ses parents seul dans la semaine ou arriver en avance pour échanger sur ce qui relève de la "cuisine familiale". L’ouverture sur des propos plus généraux se fera à votre arrivée.

Par ailleurs, vous pouvez mobiliser votre belle-famille en proposant de lui laisser vos enfants (journée ou vacances). "Être grands-parents aujourd’hui ne se limite pas à préparer le poulet et à attendre que les petits-enfants arrivent propres et bien habillés. Il est important de leur offrir l’opportunité de se sentir utiles", ajoute-t-elle.

Manifester autrement son affection

Par des petits gestes, signifiez à vos beaux-parents que vous les appréciez : envoyez une carte pour les anniversaires, téléphonez régulièrement pour prendre des nouvelles. Ils seront alors plus tolérants vis-à-vis de vos absences. Si vous ne devez pas vous soumettre au bon vouloir des parents de votre conjoint, vous avez l’obligation morale de veiller sur leurs vieux jours.

Sachez leur montrer qu’ils peuvent compter sur vous : proposez-leur d’enlever les feuilles de la gouttière, de tailler la haie… On ne peut pas attendre que ses beaux-parents changent leur comportement, mais on peut améliorer le sien en agissant en adulte responsable.

Mieux vaut en rire

Au lieu de vous plaindre des idées rétrogrades de votre beau-père ou de la cuisine vapeur de votre belle-mère, prenez le parti de l’humour : "Tiens, ta mère ne t’a pas mis à côté d’elle à table, cette fois-ci", "Après les carottes Vichy, les fromages à 0 % débarquent"… "C’est sain et vivant de se moquer des travers de sa belle-famille. Mieux vaut un éclat de rire salutaire que des récriminations sans fin qui risquent de créer des dissensions au sein du couple", conclut Maryse Vaillant.

Sophie, 35 ans : "J'ai changé de tactique."

"J’ai toujours senti une grande rivalité entre ma belle-mère et moi. Quand nous mangions chez elle, je subissais ses reproches déguisés : Tu as mauvaise mine, disait-elle régulièrement à son fils. Pendant longtemps, j’ai rongé mon frein en silence, jusqu’au jour où j’ai changé de tactique. Dès que je sens qu’elle me lance une pique, je prends le parti d’en rire ou je reformule ses remarques : Vous voulez dire que j’épuise votre fils ou que je le nourris mal ?… Cette simple boutade a modifié nos relations. Désormais, je sens qu’elle me respecte."

Quand le conflit s’envenime

La fédération nationale Couples et familles propose du conseil conjugal ou des thérapies de couple

28 place Saint-Georges, 75009 Paris

Tél. : 01 42 85 25 98

Web : www.couples-et-familles.com

Association nationale des conseillers conjugaux et familiaux (Anccef)

BP 23073, 69397 Lyon Cedex 03

Tél. : 04 72 32 26 86

Web : www.anccef.fr

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