Sida : la maladie menace toujours

Sida : la maladie menace toujours

Trente ans après son apparition, le sida fait toujours des ravages en France : toutes les cinq heures, trois personnes sont contaminées par le VIH. Une seule solution : se protéger.

Contrairement aux années 1980, la peur du Sida n’est plus irrationnelle. On sait qu’il se transmet par voies sexuelle et sanguine, et chacun connaît les stades de sa progression dans le corps.

Une fois que le virus a pénétré dans l’organisme, il a la particularité de se fixer sur les lymphocytes T4, les globules blancs essentiels du système immunitaire, de les infecter et de les détruire.

L’organisme n’est plus capable d’empêcher la prolifération de certaines bactéries ou virus, ou l’apparition de tumeurs. Ce sont ces infections 'opportunistes' qui finissent par entraîner la mort.

On peut déplorer que les progrès médicaux n’aillent pas plus vite. Le traitement de référence reste la trithérapie. Elle permet de tenir en sommeil la maladie, offrant ainsi aux malades la possibilité de vivre "presque comme tout le monde".

Les personnes exposées au VIH

Selon les chiffres de l’Institut de veille sanitaire (InVS) publiés en décembre 2012, les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes et les personnes contaminées par rapports hétérosexuels nées à l’étranger (dont les trois-quart dans un pays d’Afrique subsaharienne) restent les deux groupes les plus concernés et représentent chacun 40 % des découvertes de séropositivité en 2011.

Environ 6 100 découvertes de séropositivité ont été relevées en 2011. Le nombre de découvertes est stable depuis 2008, alors qu’il avait significativement chuté entre 2004 et 2007.

Il n'y a plus de transmission par transfusion sanguine et la contamination mère-enfant est aujourd'hui résiduelle grâce à l'efficacité des traitements. Chez les hétérosexuels nés en France, le nombre de découvertes de séropositivité est stable depuis plusieurs années. Toutefois, l’augmentation de certaines IST dans cette population incite à rester vigilant pour les années à venir. Enfin, les usagers de drogues représentent un faible nombre de découvertes d’infection par le VIH.

Des préservatifs pour se protéger du virus du Sida

Pour éviter la contamination, un seul moyen sûr : utiliser des préservatifs lors de chaque rapport sexuel, y compris les rapports bucco-génitaux. Les préservatifs masculins sont largement disponibles, y compris dans les lycées qui se sont équipés de distributeurs. Il existe aussi des préservatifs féminins, à placer dans le vagin. Ils sont tous deux disponibles dans les pharmacies, au prix respectif de 0,20 € et 1 €.

Lorsque le virus s’est introduit dans l’organisme, une primo-infection (fièvre, angine, fatigue, ganglions…) peut parfois survenir, environ quinze jours après la contamination, mais c’est rare. Bien souvent, les premiers symptômes n’apparaissent que lorsque la maladie en est au stade sida. Une personne peut parfaitement être séropositive, donc contagieuse, pendant dix à quinze ans sans le savoir.

Le dépistage du virus du Sida en cas de prise de risque

C’est pourquoi, en cas de prise de risque (rapport non protégé, partage d’une seringue avec une personne infectée…), il faut réagir vite. Il existe des traitements post-exposition qui, pris dans les 48 heures, permettent de diminuer la quantité de virus circulant dans le sang, et ainsi réduire le risque de transmission.

Pour cela, il faut consulter au plus vite le service des urgences de l’hôpital, un médecin de la consultation de dépistage anonyme et gratuit (CDAG) ou son médecin traitant.

On commence par faire un test de dépistage. S’il est positif, une multithérapie (association de plusieurs antirétroviraux) est prescrite pendant une durée de quatre semaines pour tenter d’empêcher l’infection de se développer en affaiblissant les défenses immunitaires.

Le traitement est efficace dans près de 95 % des cas. Puis, dans les trois à six semaines qui suivent l’arrêt du traitement, un autre test de dépistage du virus du sida est pratiqué, puis un dernier cinq mois plus tard pour confirmer que la contamination est bel et bien écartée.

Les antiviraux mettent la maladie en sommeil

Dans le cas contraire, le médecin prescrit un traitement antiviral. Les antiviraux sont à prendre à vie et sans interruption, car, malgré les immenses progrès de la médecine, on ne guérit toujours pas du sida. Les médicaments ont pour but d’empêcher la prolifération du virus. Le traitement se compose d’inhibiteurs de la transcriptase inverse, qui empêchent le virus de se multiplier, et d’antiprotéases, qui bloquent l’infection des autres cellules.

Ces traitements se sont beaucoup simplifiés : en 1996, il fallait prendre une vingtaine de comprimés par jour ; aujourd’hui, la plupart des patients ne prennent plus qu’une seule gélule qui contient tout le traitement. Cependant, les effets secondaires restent éprouvants, même si les médicaments dont on dispose aujourd’hui sont généralement assez bien tolérés.

Les patients ne sont pas à l’abri de troubles digestifs (diarrhées, nausées), notamment en début de traitement, mais ceux-ci disparaissent en une quinzaine de jours. Par la suite, d’autres complications peuvent se manifester, comme une augmentation des triglycérides et du cholestérol, et des effets psychiques (troubles d’humeur, dépression).

Une nouvelle molécule, mais toujours pas de vaccin

Malheureusement, pour environ 10 à 15 % des malades, la trithérapie n’agit pas suffisamment sur le virus, qui continue de se développer. Jusqu’à présent, la science ne pouvait rien pour eux. Mais, depuis 2008, le raltégravir, commercialisé sous le nom d’Isentress ®, offre de nouvelles perspectives.

C’est le premier médicament qui empêche l’intégration du virus dans les cellules. Grâce à lui, la charge virale de nombreux patients devient indétectable, c’est-à-dire que la maladie est en sommeil dans l’organisme. Autre point important, cette nouvelle molécule est plutôt bien tolérée par les patients. Quant au vaccin préventif, il est malheureusement loin d’être au point.

Où trouver de l’aide ?

Pour connaître les centres de dépistage anonyme et gratuit et avoir des informations sur la maladie :

Sida Info Service

Fil Santé Jeunes

Pour faire valoir ses droits :

Sida Info Droit
Tél : 0 810 636 636 (numéro Azur, coût d’un appel local).

À lire aussi : Sida : prévenir et soigner au féminin

Et aussi sur Dossier familial