Se remettre d’une maladie cardio-vasculaire

Se remettre d’une maladie cardio-vasculaire

Après une maladie cardio-vasculaire, le malade remet souvent en cause son mode de vie. À une fatigue générale s’ajoutent une perte de repères et un manque de confiance dans un avenir qu’il faut reconstruire, parfois avec de nouvelles priorités.

Simple pompe musculaire, le cœur est en réalité associé dans notre inconscient aux émotions et aux sentiments ("avoir le cœur gros", "j’ai le cœur qui saigne", "tu me fends le cœur", "avoir le cœur à l’ouvrage" sont des expressions connues de tous).

Une détresse psychologique en amont

Les malades dont l’organe est défaillant sont confrontés - souvent sans signes annonciateurs - à une détresse psychologique qui dépasse la simple maladie organique et qui, souvent, va changer leur vie.

Une fois les dangers vitaux écartés, le malade rejoint un service de ré-adaptation fonctionnelle dans lequel il a la possibilité de rencontrer un psychologue. "Au centre Capio Bayard de Lyon-Villeurbane, je les rencontre d’abord tous en groupe de parole, ce qui peut déboucher sur un suivi individuel, décrit Claire André, psychologue clinicienne.

L’hospitalisation souvent brève et très médicalisée qu’ils viennent de subir crée un réel traumatisme psychique.

Les premiers jours, certains ont le sentiment d’être perdus. Ils doivent retrouver peu à peu leur autonomie alors qu’ils sont épuisés physiquement.

C’est là que le contrecoup psychologique apparaît." Alors que la récupération physique suit une courbe ascendante, le traumatisme psychologique s’intensifiera s’il n’est pas repéré et pris en charge.

Le mur des défenses émotionnelles

La sensation d’avoir frôlé la mort, l’obligation d’accepter et de supporter un corps marqué d’une cicatrice qui signe l’accident cardiaque se bousculent dans la tête des malades. Il s’agit alors de mettre des mots sur l’hypersensibilité postopératoire qui marque cette période très particulière de leur existence.

"Le mur des défenses émotionnelles s’effondre et nous assistons à la résurgence de traumatismes anciens - deuil, abandon, etc. - dans un climat de sous-activité physique et de suractivité psychique déstabilisantes. Il n’est alors pas rare de constater des troubles du sommeil ou de l’appétit en lien avec ces angoisses", continue Claire André.

À leur retour au domicile, sortis de cet environnement médicalisé protecteur, ils se heurtent soit à une attitude de surprotection de l’entourage, soit, au contraire, à une négation de leur vulnérabilité.

Des séances de soutien psychologique

Pour toutes ces raisons, après ce séjour en réadaptation, des séances de soutien psychologique peuvent être prescrites dans les mois qui suivent.

Elles sont mises à profit pour consolider le rétablissement psychique et installer de nouvelles priorités, comme un lâcher-prise sur les plans professionnel et personnel.

Plus le patient a été surpris par la maladie, plus cette "dépression réactionnelle" est nette et fréquemment observée au moment de la reprise. Le conjoint et l’entourage doivent alors s’y préparer.

Toujours être vigilant après un infarctus

"Victime d’un infarctus à 39 ans, j’ai cru que j’étais fichu. Je n’oublierai jamais la douleur qui m’a emporté. Depuis, j’ai adopté une hygiène de vie stricte. J’ai abandonné la charcuterie du Sud-Ouest pour le poisson ou la viande blanche. Moi qui jouais au tennis en compétition, je me suis mis au vélo. Quinze ans après, je suis toujours vigilant : je ne me sépare jamais du vasodilatateur pour les artères, car je suis conscient qu’il peut à tout moment me sauver la vie", explique Jacques, 54 ans.