Se faire enlever la vésicule biliaire

Se faire enlever la vésicule biliaire

L’ablation de la vésicule biliaire est une intervention chirurgicale fréquente qui, seule, permet de se débarrasser de façon définitive des menaces de calculs douloureux.

On estime que 3 à 4 millions de personnes "hébergent" des calculs biliaires. La majorité d’entre elles ne le savent pas ou le découvrent lors d’examens effectués pour une autre raison.

Cependant, chaque année, 100 000 à 200 000 personnes souffrent de la douleur engendrée par les calculs. Et parmi elles, plus de 70 000 subissent une cholécystectomie (ablation de la vésicule biliaire).

L'ablation de la vésicule biliaire fréquente après 50 ans

L’affection, appelée lithiase biliaire, est plus fréquente chez les plus de 50 ans. Elle concerne plutôt les femmes, leurs hormones favorisant la formation des calculs au cours de la vie.

C’est le cas d’Annie, 61 ans, qui a été surprise par la soudaineté de l’événement : "Dès 22 heures, j’ai ressenti des douleurs abdominales violentes, remontant sous les côtes, se poursuivant dans les omoplates et qui m’empêchaient de respirer. La douleur a cédé au petit matin avec des antalgiques et des antispasmodiques. Le lendemain, on me diagnostiquait une colique hépatique due à un calcul biliaire. Ne présentant pas d’infection, je n’ai pas été opérée dans l’urgence. Un mois après, le chirurgien m’enlevait la vésicule. Le “gros caillou”, de 1 cm de diamètre, ressemblait à une fleur de mimosa."

Des nausées ou des douleurs abdominales

La vésicule biliaire est un petit réservoir relié au canal cholédoque qui dirige la bile, sécrétée par le foie, vers l’intestin. Elle stocke la bile et la transmet dans l’intestin au moment des repas pour faciliter la digestion des graisses.

Lorsque la vésicule se vide mal, la bile, qui est une émulsion instable, a tendance à stagner, à se coaguler et à former des calculs. 80 % d’entre eux sont composés de cristaux de cholestérol, d’où leur couleur jaune, et 20 % de résidus pigmentaires. Leur formation est imprévisible.

Ils se signalent par des nausées ou des douleurs abdominales liées à la distension des voies biliaires (la crise hépato-biliaire). Ils peuvent aussi entraîner une inflammation et une infection de la vésicule (cholécystite) et donner des complications lorsqu’ils migrent pour passer, par exemple, dans le canal cholédoque et provoquer une jaunisse.

Opérer en cas d'infection

"Dès qu’une infection est présente, annoncée par de la fièvre en sus des douleurs, il y a urgence à opérer", précise le Dr Bruno Guiberteau, chirurgien aux Nouvelles Cliniques nantaises. Et d’ajouter : "Plus les calculs sont gros et moins il y a de danger, plus ils sont petits et plus ils ont tendance à migrer."

On peut être en présence, parfois, de plus d’une centaine de calculs de moins de 1 mm, comme d’un seul de très grande taille. L’échographie est l’examen qui convient le mieux pour localiser le ou les calculs.

La chirurgie plutôt que les médicaments

Deux méthodes permettent de venir à bout des "cailloux" : les médicaments destinés à les dissoudre et les ondes de choc. Leur efficacité étant inconstante et souvent transitoire, elles ne sont proposées que chez certains malades présentant un risque opératoire élevé.

"Le traitement de référence est aujourd’hui la chirurgie de la vésicule. N’ôter que les calculs exposerait à un risque de récidive, précise le Dr Guiberteau. Elle se fait sous cœlioscopie, après consultation avec un médecin anesthésiste, ce qui permet de diminuer le temps d’hospitalisation - 48 heures en moyenne - et d’éviter les grosses cicatrices."

Une intervention fréquente

Quatre petites incisions de 0,5 à 1 cm sont faites sous le sternum, entre les côtes et au-dessus du nombril, par lesquelles passent une caméra et les instruments nécessaires à l’ablation et à l’aspiration. Le ventre est gonflé avec du CO2 (gaz incolore et non toxique), que l'organisme sait éliminer par les poumons. On pourra laisser quelques drains si la voie biliaire est trop inflammatoire.

Cette intervention est fréquente et bien standardisée. Simple, elle dure en général une heure, sauf en cas d’infection importante. Les complications sont rares.

La vésicule biliaire n’est pas vitale

La vésicule biliaire n’est pas indispensable à la digestion, et un régime alimentaire particulier ne se justifie généralement pas après son ablation. La reprise alimentaire débute par des aliments semi-liquides, puis solides.

"On s’en remet totalement en une quinzaine de jours en moyenne. Il faut surtout éviter de manger trop gras et de faire des efforts physiques importants, conseille le Dr Guiberteau. Le foie continue de travailler comme avant et il n’y a pas de changement dans son fonctionnement. La bile s’écoule alors directement dans l’intestin."

Ne pas confondre calcul biliaire et calcul urinaire

Ces deux calculs n'ont ni la même composition, ni la même localisation. Ils provoquent tous deux des douleurs insoutenables, crise hépatique pour les calculs biliaires ou colique néphrétique pour les calculs rénaux.

Calcul biliaire Calcul urinaire
Composition

Cristaux de cholestérol plus résidus pigmentaires

Cristaux de calcium plus acide urique

Douleur Colique hépathique Colique néphrétique
Risques

Migration dans le canal cholédoque, le canal pancréatique plus infections

Migration dans l\'uretère plus infections

Traitement Analgésique, antispasmodique Antidouleur, antispasmodique, ondes de choc, chirurgie (rare)
Ablation de la vésicule (cholécystectomie)
Prévention Aucune Boire beaucoup d\'eau

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