À quoi servent les cures thermales ?

À quoi servent les cures thermales ?

Apaiser ses maux loin du quotidien trois semaines durant, encadré par des professionnels attentifs (médecins, kinésithérapeutes, diététiciens) qui prodiguent soins et conseils, c’est ce qu’offre le thermalisme.

Certains sceptiques se demandent pourquoi des malades partent chaque année de chez eux trois semaines durant pour suivre une cure thermale. La médecine n’a-t-elle pas fait d’immenses progrès ? Pourquoi recourir encore à des pratiques remontant à la Rome antique ?

Des cures thermales pour soigner les maladies chroniques

Parce qu’il reste des maladies chroniques qui évoluent au rythme des poussées ou des récidives et que la médecine moderne ne sait toujours pas guérir.

Il s’agit surtout d’affections rhumatismales (arthrose, lombalgie chronique, polyarthrite rhumatoïde), allergiques (asthme), cutanées (eczéma, psoriasis), d’insuffisance veineuse (phlébite), de troubles psychosomatiques, etc.

Autant de pathologies que le thermalisme, s’il ne les guérit pas davantage, sait prendre en charge de façon globale, sans effets secondaires.

D’autant que les médicaments, si efficaces soient-ils, présentent des limites, car certains malades chroniques arrêtent un jour leur traitement parce qu’ils ne sont pas suffisamment soulagés, ou parce qu’ils n’en supportent plus les effets secondaires, ou simplement par lassitude.

Un environnement adapté

C’est notamment pour ces malades dont la qualité de vie se dégrade que les cures représentent une autre solution. Elles ne remplacent pas les médicaments, mais agissent en complément.

Constituant une médecine à part entière, elles soulagent les douleurs de toute nature, atténuent les symptômes durant plusieurs mois et permettent pendant ce temps de prendre moins de médicaments.

De plus, les curistes bénéficient d’un environnement unique : médecins, kinésithérapeutes, diététiciens se relaient pour leur prodiguer des conseils sur leur traitement et leur hygiène de vie.

Mieux, des activités à visée éducative complètent les soins thermaux : conférences de médecins ou de diététiciens, ateliers pratiques, séances de relaxation, activités physiques.

Autant de propositions permettant aux curistes d’apprendre à prévenir les complications de leur maladie, à mieux la gérer, bref à être acteurs de leur santé.

Cures thermales : une efficacité prouvée

À l’heure de la médecine scientifique, le thermalisme a dû, comme toute discipline médicale, apporter la preuve de son efficacité. Des études récentes ont démontré l’action des cures sur les douleurs rhumatismales, notamment le mal de dos.

La dernière a porté sur les troubles anxieux. Elle a comparé un groupe ayant suivi une cure dans quatre stations traitant ces troubles avec un autre groupe traité par un médicament considéré comme le traitement de référence de l’anxiété.

Résultat : la cure présente des résultats supérieurs à ceux du médicament. De plus, son action se renforce à distance au bout de huit semaines, voire jusqu’à vingt-quatre semaines !

Une action multiple

Bains et douches individuels, massages sous affusion (rampe d’eau thermale), applications de boues, usage de gaz thermaux, soins collectifs en piscine de mobilisation, cure de boisson pour certaines pathologies… Ces soins sont délivrés selon un protocole défini par indications et adaptés à chacun par le médecin lors de la visite préalable à la cure.

Ils agissent par plusieurs biais :

  • de façon mécanique par les diverses puissances de jet (douches, hydromassages) et par l’effet de relative apesanteur dans l’eau favorisant une plus grande ampleur des mouvements sans douleur ;
  • par le passage transcutané des oligoéléments des eaux thermales qui renforcent les défenses naturelles de l’organisme ;
  • par la chaleur (sauf pour les problèmes veineux), celle-ci ayant un effet décontracturant et antalgique.

Enfin, la mise à distance de la vie quotidienne durant trois semaines permet un lâcher-prise salutaire pour le corps et l’esprit : loin du domicile et des soucis quotidiens, le temps de la cure permet enfin de s’occuper de soi dans les meilleures conditions !

Ne pas confondre thermalisme et thalassothérapie

Les soins prodigués avec l’eau de source (thermalisme) n’apportent pas les mêmes bénéfices que ceux de l’eau de mer (thalassothérapie). Une cure thermale conjugue les actions thermique et mécanique des soins et les vertus intrinsèques, sédatives et anti-inflammatoires, des eaux thermales.

Les composants des eaux (oligoéléments, minéraux, soufre, zinc…) constituent l’effet biochimique de la thérapeutique. Reconnus, ces soins, suivis dans un cadre de trois semaines de cure prescrite par le médecin, sont pris en charge par l’assurance-maladie.

La thalassothérapie relève, elle, d’une autre logique. L’eau de mer contient du sel, des oligoéléments et une richesse en algues que possèdent rarement les eaux thermales. Les centres de thalassothérapie ont développé des concepts où l’expérience a professionnalisé l’accueil et les soins.

Partie aussi du médical (la rééducation physique), la thalassothérapie s’est surtout rendue populaire en se démédicalisant. L’intimité, les soins à base d’eau de mer, d’algues ou d’aromates rendent les séjours tonifiants et relaxants.

Le bien-être au bord de la mer se conjugue en termes de remise en forme, d’affinement de la silhouette, de remodelage corporel.

La prise en charge des cures thermales par l’Assurance-maladie

Une cure (une seule par an) ne relève de la Sécurité sociale que si elle est prescrite par un médecin (généraliste ou spécialiste, parfois chirurgien-dentiste). Elle se déroule dans un établissement thermal agréé et conventionné et dure au minimum dix-huit jours.

Avant son départ, le curiste dépose une demande de prise en charge. Si la caisse accepte, elle envoie au malade une "prise en charge administrative de cure thermale et facturation". Dès son arrivée, le curiste remet le volet "Honoraires médicaux" au médecin thermal et celui intitulé "Forfait thermal" au service d’admission.

Le curiste est dispensé d’avance de frais pour les soins, mais les dépassements inhérents au traitement restent dus, à moins que sa complémentaire santé ne les prenne en charge.

Si l’on remplit les conditions de ressources, un troisième volet, intitulé "Frais de transport et d'hébergement", sera transmis à la caisse d'assurance-maladie au retour de cure et ouvrira droit, à hauteur de 65 % et sur présentation des justificatifs, au remboursement des frais de transport et d’hébergement (sur la base d’un billet SNCF en seconde classe, quel que soit le moyen de transport, et de 150 € pour l’hébergement).

L’assurance-maladie intervient par le biais de deux forfaits :

  • Le forfait de surveillance médicale correspond au suivi médical par le praticien thermal. Le remboursement s’effectue au taux de 70 % sur la base de 74,03 € si le médecin a souscrit un contrat de bonne pratique de surveillance thermale (64,03 € dans le cas contraire).
  • Le forfait thermal (soins et traitements) sera remboursé à hauteur de 65 % d’un tarif variable selon l'orientation thérapeutique de la cure.

Il est également possible, sous conditions de ressources, de bénéficier d’indemnités journalières pendant la durée de la cure. Les personnes atteintes d’une affection de longue durée prise en charge à 100 % voient leurs actes médicaux et le forfait de surveillance thermale pris en charge à 100 % sur la base des tarifs conventionnels.

Les affections reconnues par la Sécurité sociale

Seules douze orientations thérapeutiques sont reconnues par la Sécurité sociale :

  • voies respiratoires : maladies d’origine infectieuse (rhinite, sinusite, otite) ou allergique (asthme) ;
  • dermatologie : eczéma, psoriasis, brûlures et cicatrices ;
  • troubles digestifs (colites) ou métaboliques (diabète, surpoids et obésité) ;
  • gynécologie : douleurs pelviennes, séquelles d’infection à répétition ;
  • affections urinaires ;
  • phlébologie : séquelles de phlébite, varices ;
  • affections des muqueuses bucco-linguales ;
  • affections psychosomatiques : anxiété, phobies ;
  • maladies cardio-artérielles : artérite, syndrome de Raynaud ;
  • troubles du développement chez l’enfant : énurésie ;
  • neurologie : maladie de Parkinson, sclérose en plaques.

Frais de transport et d'hébergement : les conditions pour être remboursé

Si vos ressources de l'année précédant la cure n'ont pas dépassé 14 664,38 €, vos frais d'hébergement et de transport sont pris en charge. Ce plafond est majoré de 50 %, (7 332,19 €) pour votre conjoint et pour chaque ayant droit à votre charge.

Situation familiale Plafond de ressources
Célibataire 14 664,38
Couple 21 996,57
Couple + 1 ayant droit 29 328,76

Couple + 2 ayants droit

36 660,95

Pour le voyage, les frais sont pris en charge à 65 % sur la base du tarif du billet SNCF aller/retour 2ème classe, dans la limite des dépenses engagées concrètement et sur présentation des justificatifs.

Les frais de séjour sont remboursés à 65 % sur la base d'un forfait de 150,01 € , soit une prise en charge de 97,5 €

Si vos ressources de l'année précédant la cure n'ont pas dépassé 35 352 €, les arrêts de travail prescrits à cette occasion ne donnent pas lieu au versement d'indemnités journalières sauf lorsque vos ressources de l'année précédant la cure n'ont pas dépassé 35 352 €.

Ce plafond est majoré de 50 %, soit  17 676 € , pour votre conjoint et pour chaque ayant droit à votre charge.

Si vos ressources de l'année précédant la cure n'ont pas dépassé 14 664,38 €, vos frais d'hébergement et de transport sont pris en charge. Ce plafond est majoré de 50 %, (7 332,19 €) pour votre conjoint et pour chaque ayant droit à votre charge.

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