Psoriasis : halte aux idées reçues !

Psoriasis : halte aux idées reçues !

En France, près de 2 millions de personnes souffrent de psoriasis. Les réactions de répulsion que cet état provoque sont sans fondement.

Seuls les adultes souffrent de psoriasis

Faux. Même si elle touche plus les adultes, cette dermatose peut apparaître à tout âge. Près d’un tiers des psoriasis ont ainsi débuté avant l’âge de 16 ans.

Le psoriasis est dû à un dérèglement de l’immunité

Vrai. La peau se comporte comme si elle avait été agressée. Elle produit une grande quantité de kératinocytes (cellules de l’épiderme). L’épiderme se renouvelant trop vite, les nouvelles cellules s’accumulent et une réaction inflammatoire apparaît. Cette altération de la peau, qui n’est pas belle à voir, provoque une réaction de répulsion.

C’est génétique

Vrai en partie. On retrouve dans 30 à 50 % des cas un antécédent familial. On sait, depuis les années 1960, que certaines mutations génétiques sont responsables de prédispositions à développer la maladie sur les coudes, les genoux, le cuir chevelu, les pieds et le bas du dos. "Mais on peut aussi être porteur de l’une de ces mutations et ne pas souffrir de psoriasis, précise le Pr Pierre Vabres, dermatologue. Pour que cette prédisposition s’exprime, elle doit être associée à certains facteurs tels que l’âge (la maladie peut se manifester tardivement) ou la survenue d’une infection (angine à streptocoque chez l’enfant, par exemple), mais aussi à des facteurs psychologiques (stress professionnel ou familial)".

Cette maladie évolue par poussées

Vrai. Rien ne permet de présager la fréquence et la gravité des poussées. Certains ne déclarent la maladie qu’à 50 ans et n’ont ensuite que peu de répit, tandis que d’autres ont leur première poussée à 20 ans et la deuxième des années plus tard.

Le psoriasis peut être contagieux

Faux. Cette dermatose n’est pas plus contagieuse qu’elle n’est liée à une question d’hygiène. Il n’y a donc aucun risque à nager dans le même bassin qu’une personne atteinte de psoriasis ou à lui serrer la main.

Le soleil est un facteur aggravant

Faux. Les rayons ultraviolets freinent la production des kératinocytes et leur prolifération. Les UVB ou UVA sont d’ailleurs utilisés en traitement (photothérapie) lorsque les crèmes ne suffisent plus ou que les malades, lassés, ne les appliquent plus. Mais ce traitement ne peut être que ponctuel, car les effets des UV s’accumulent dans les cellules et lorsque le seuil maximal est atteint, ils favorisent le développement de cancers de la peau.

Le psoriasis ne se guérit pas

Vrai. Tout l’enjeu est donc de traiter les poussées ou de prévenir leur réapparition lorsqu’elles sont fréquentes (voire permanentes) et gênantes. L’application quotidienne d’émollients est la base de tout traitement. Ensuite, selon la gravité du psoriasis et son retentissement sur la qualité de vie du malade, le médecin a le choix entre des soins locaux et des traitements généraux.

Les traitements à base de cortisone sont dangereux

Faux. "Leur utilisation ne doit pas être considérée comme dangereuse si l’on respecte les règles de bon usage", affirme le Dr Vincent Sibaud, dermatologue. Ils existent sous différentes formes : pommade, crème, gel, lotion, shampooing (propionate de clobétasol 0,05 %). On trouve même, depuis un an, un bioadhésif (Betesil ®), une sorte de patch qui permet d’appliquer le traitement de façon plus efficace. Ces traitements sont souvent associés à des kératolytiques tels que l’acide salicylique, des crèmes à l’urée et/ou des dérivés de la vitamine D ou de la vitamine A.

Les cures thermales ne présentent aucun intérêt

Faux. Comme les ateliers d’éducation thérapeutique des services hospitaliers de dermatologie, elles permettent aux curistes de mieux connaître leur maladie, et donc de mieux la prendre en charge. Par exemple, "les patients qui ont suivi une cure thermale à la station d’Avène ont une amélioration d’au moins 60 % de leur état pendant la cure", souligne le Dr Sibaud. Les taux de satisfaction sont semblables dans les autres stations thermales de La Roche-Posay et Saint-Gervais.

Les biothérapies apportent un réel bénéfice

Vrai. Ces nouveaux médicaments issus des biotechnologies agissent sur les processus clés de l’inflammation en modulant la réponse immunitaire de l’organisme. Disponibles en France pour le psoriasis depuis près de cinq ans, ils s’administrent par injection sous-cutanée (une ou deux par semaine) ou par perfusion à l’hôpital toutes les huit semaines.

Ils représentent une alternative aux traitements par voie générale, notamment le méthotrexate et les rétinoïdes, efficaces mais contre-indiqués chez les femmes qui souhaitent donner le jour à un enfant. "En revanche, la plupart ont le même type d’inconvénient, précise le Pr Vabres : ils rendent plus vulnérables aux infections, à la tuberculose notamment."

Notre sélection : soins de la peau

  • Le premier shampoing corticoïde pour le psoriasis modéré du cuir chevelu : Propionate de clobétasol 0,05%, Galderma, 19,29 € environ en pharmacie ;
  • Le premier dermocorticoÎde bioadhésif, Betesil®, Genévrier, il permet dans un même geste d’appliquer le traitement et de dissimuler les lésions, 13,95 € la boîte de 4 en pharmacie ;
  • Pour le corps, Iso urea, La Roche Posay, lait hydratant lissant anti-rugosités, 18 € le tube de 200 ml, en pharmacie.
  • Pour bien hydrater son visage, Ictyane HD crème, Ducray, 11,90 €, le tube canule de 50 ml, en pharmacie et parapharmacie ;
  • Maquillage, fond de teint correcteur fluide pour imperfections modérées, Avène, en 5 couleurs selon votre carnation, 15 € en pharmacie et parapharmacie.