Peut-on se fier aux sites de santé ?

Peut-on se fier aux sites de santé ?

Des milliers de pages déroulent sur le Web des renseignements sur les maladies, les examens médicaux, les médicaments. Reste à distinguer l’information scientifique de la rumeur.

En consultant un site de santé, posez-vous 4 questions :

  • Qui me parle ? Une association de malades, des médecins spécialistes, un site officiel (rattaché aux pouvoirs publics ou à un grand hôpital), des journalistes, des blogueurs ?
     
  • Avec quelle intention ? Défense d’une cause (pourquoi pas, mais il faut que cela soit dit), dialogue, voire échanges amicaux, commerce ?
     
  • D’où vient l’information ? Les conseils médicaux viennent-ils d’un médecin, d’une publication scientifique, d’une revue (laquelle ?) ou s’agit-il du point de vue d’un particulier ?
     
  • De quand date-t-elle ? Est-elle actualisée ? Certaines données médicales sont durablement valables, d’autres se périment très vite.

Le label HONcode, un gage de fiabilité

La certification HONcode, délivrée par une fondation suisse pour le compte notamment de la Haute Autorité de santé française, donne un repère de fiabilité aux sites de santé.

Le label HONcode est ce que l’on appelle un « plug-in », un outil à télécharger sur www.hon.ch. L’opération s’effectue en quelques secondes et le logo du label s’affiche en gris dans le coin supérieur droit du navigateur. Il passe en couleur dès que l’on entre sur un site certifié HONcode.

Le label ne garantit pas la qualité des contenus, au grand regret de Que Choisir Santé. De fait, des sites médicaux ou des forums de qualité ne le demandent pas. Il reste que sa présence sert de repère dans la jungle de l’Internet santé.

Sélectionner le bon site d'info médicale

Les sites de santé généralistes se regroupent en quatre catégories :

  • Les sites « encyclopédiques » sont les plus faciles à compulser :
    • Doctissimo se classe en tête des sites consultés.
    • eurekasante.fr, le site du dictionnaire médical Vidal.
    • passeportsante.net, site canadien.
    • D’autres sites à vocation généraliste, comme l’encyclopédie collaborative Wikipédia, proposent ­également des pages d’informations ­médicales assez détaillées.

La recherche d'infos n'est pas un diagnostic

Internet ne donne pas de réponse personnalisée. Une recherche par mot-clé sur Google nous dirige automatiquement vers les pages les plus consultées. Résultat, ce ne sont pas forcément les diagnostics les plus fiables sur le plan médical qui s’affichent en tête de la page, mais ceux qui font l’objet des ­associations de mots-clés les plus fréquentes.

Toujours en parler à son médecin

Il faut absolument parler à son médecin de ce qui nous a interpellés, voire inquiétés, sur Internet, insiste Patrick Légeron, psychiatre au service universitaire de l’hôpital Sainte-Anne à Paris. Il vous expliquera les termes obscurs, vous évitera des quiproquos, vous montrera en quoi cette information vous concerne ou pas. Rester avec des interrogations, c’est aussi faire le lit d’une anxiété qui peut ­s’accentuer plus tard. »

Échanger avec d'autres patients

Le site www.atoute.org est par exemple dédié à l’échange. Il est géré par une communauté dynamique.

Les internautes partagent sur le web leurs inquiétudes et leurs espoirs, mais aussi une expertise sur ce qu’ils vivent. Cela permet de conseiller un sirop pour diluer un médicament au goût amer ou d’avertir sur la meilleure façon de repérer les premiers symptômes d’un effet secondaire rare. C’est ainsi que se créent des communautés de patients qui se soutiennent.

Attention, ces dialogues sur Internet véhiculent le meilleur comme le pire : erreurs factuelles, rumeurs et même tentatives de manipulations commerciales, voire sectaires.