ORL : aider vos enfants à affronter l'hiver

ORL : aider vos enfants à affronter l'hiver

L’hiver, les affections de l’espace "nez-gorge-oreilles" sont fréquentes chez le jeune enfant. Les prévenir et les traiter est essentiel si l’on veut éviter les complications.

Il est difficile d’échapper aux affections hivernales ! La crèche ou l’école, ainsi que les transports en commun sont autant d’occasions offertes aux virus pour migrer d’un hôte à un autre. Les petits sont particulièrement exposés à ce phénomène, dans la mesure où leur organisme doit apprendre à se défendre et ne peut fabriquer d’anticorps pour lutter contre les virus qu’après avoir été à leur contact. D’où de nombreuses infections, qui se raréfient spontanément vers l’âge de 5-6 ans…

Apprendre à se moucher

Se moucher pour dégager le nez des sécrétions qui l’encombrent est "la" mesure efficace. Pour l’enfant, le mouchage est une opération compliquée, qui sera initiée et encouragée par les parents. Le mouche-bébé vendu en pharmacie vient au secours des plus petits : il est composé d’un embout jetable et d’un aspirateur de mucosités manipulé par les parents.

Dès 2 ans, l’enfant doit apprendre à se moucher narine par narine. Une fois acquis, le mouchage correct évitera un grand nombre de répercussions sur les oreilles, la gorge et… les bronches. Il reste à lui proposer de se moucher régulièrement tout l’hiver.

Il se plaint de l’oreille

S’il n’a pas de fièvre, la douleur a sans doute pour origine une congestion du tympan due à une rhino-pharyngite. Un antalgique en viendra facilement à bout. S’il a de la fièvre, il s’agit probablement d’une otite moyenne aiguë. Deux germes principaux sont en cause : Haemophilus influenzae et le pneumocoque.

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La fièvre est élevée - de 38,5 °C à 40 °C - et la douleur à l’oreille s’accompagne parfois d’un écoulement, signifiant que le tympan a percé.

Ce qu’il faut faire

Un rendez-vous chez un spécialiste ORL s’impose pour vérifier l’aspect du tympan. Purulent et bombé, il peut nécessiter une paracentèse pour évacuer le pus et calmer la douleur. Le praticien utilise une fine aiguille par laquelle le liquide est aspiré. Dans tous les cas, une antibiothérapie est indispensable pour éviter que l’infection ne se complique.

Les gestes pour prévenir

Les végétations adénoïdes sont comme un filtre qui obstrue les trompes d’Eustache reliant l’arrière du nez à l’oreille. En fonction de la pollution, du tabagisme passif, du nombre de microbes rencontrés…, ce filtre s’encrasse, s’infecte et infecte à son tour la trompe d’Eustache, puis le tympan. Pour empêcher cette réaction en chaîne, il faut laver le nez de l’enfant de manière régulière, plus souvent en cas de problème.

Il a le nez qui coule

"D’origine le plus souvent virale, la rhinite est généralement associée à une atteinte de la gorge. On parle alors de rhino-pharyngite", explique le Dr Patrick Abitbol, otorhino-laryngologiste (ORL). Quantité de virus peuvent la provoquer.

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L’obstruction nasale s’accompagne d’écoulements plus ou moins clairs, fréquemment associés à de la fièvre et à des éternuements, voire à des maux de tête ou de gorge. Un écoulement jaune verdâtre ou vert peut signaler une surinfection, mais seule l’expérience du médecin lui permettra d’en juger.

Ce qu’il faut faire

Consulter, car s’il n’existe pas de traitement pour écourter l’épisode (les antibiotiques sont efficaces sur les bactéries mais inutiles face aux virus, sauf en cas de surinfection), le médecin pourra néanmoins veiller à faire baisser la fièvre et à soulager les éventuels maux de tête ou de gorge par l’un des médicaments classiques de la fièvre et des douleurs (paracétamol, ibuprofène…).

Les gestes pour prévenir

Réaliser systématiquement une fois par jour un lavage des fosses nasales avec du sérum physiologique et, en cas de rhume, renouveler l’opération au moins trois fois par jour chez le jeune enfant et jusqu’à six fois par jour chez le nourrisson.

Il a mal à la gorge

A-t-il de la fièvre ? C’est le facteur discriminant entre une douleur ressentie au niveau du pharynx, généralement liée à une rhino-pharyngite, et une possible angine virale ou bactérienne.

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En cas d’angine, la fièvre est élevée et le mal de gorge s’accompagne d’une difficulté à avaler ainsi que de ganglions au niveau du cou. À l’examen, les amygdales apparaissent enflées, soit très rouges, soit parsemées en surface de dépôts blancs.

Ce qu’il faut faire

"On considère que l’angine rouge serait plutôt d’origine virale tandis que la blanche aurait une origine bactérienne ; ce n’est pas toujours vrai", signale le Dr Abitbol. Pour s’en assurer, le médecin pratiquera un test de dépistage rapide, appelé "strepto-test".

S’il s’agit d’une angine virale (80 % des cas), le traitement consiste à prendre un antalgique de type paracétamol et/ou un antipyrétique sans aspirine, auquel sera associé, à partir de 3 ans, un collutoire antiseptique et anesthésiant à base de lidocaïne ou de tétracaïne.

Même si elle est brève (une heure environ), l’action de ce dernier sur les récepteurs de la douleur est appréciable. Des tisanes de plantes antiseptiques (thym, romarin…), additionnées de miel pour adoucir les muqueuses, aideront à faire front le temps (sept à dix jours) que l’angine guérisse spontanément. S’il s’agit d’une infection bactérienne, les antibiotiques s’imposent.

Les gestes pour prévenir

Bien que leur efficacité n’ait pas été scientifiquement démontrée, les traitements à base de vitamine C, de probiotiques, ou encore les cocktails multivitaminés, peuvent aider à renforcer l’immunité, dès l’automne et jusqu’à la fin de la mauvaise saison. Au quotidien, des gargarismes à l’eau tiède additionnée de sel de mer, de préférence le soir, contribuent à désinfecter la gorge et l’arrière-gorge. Désagréables mais efficaces.

Il tousse beaucoup

Les causes ORL de la toux sont la trachéite et la laryngite (bronchite et bronchiolite relevant de la pneumologie).

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  • Trachéite : la toux, par quintes, s’accompagne de mal de gorge, d’un nez qui coule, d’une voix enrouée, de douleurs thoraciques et, parfois, de fièvre.
  • Laryngite : la toux est sèche, la voix enrouée ou cassée et la fièvre avoisine 39 °C.

Ce qu’il faut faire

  • Trachéite : d’origine le plus souvent virale, elle est généralement sans gravité. Pour calmer la toux, faire boire à l’enfant un lait chaud au miel et/ou citron, ou encore au thym.
  • Laryngite : cette inflammation du larynx, également virale, disparaît en moins d’une semaine mais peut être associée à une infection bactérienne comme l’angine ou la bronchite.

En cas de toux dite "aboyante", de gêne respiratoire et de sifflements au moment de l’inspiration, une consultation en urgence s’impose. Afin de maîtriser rapidement l’inflammation, le médecin peut être amené à prescrire des corticoïdes, voire même de l’adrénaline en aérosol ou en spray buccal. Mieux vaut éviter la mise en collectivité avant l’âge de 6 mois.

Les gestes pour prévenir

Se laver les mains, procéder au lavage des fosses nasales et veiller à ce que l’atmosphère de la chambre ne soit pas trop sèche en plaçant une coupelle d’eau sur le radiateur.

Les infections à répétition

Chez certains enfants, les rhumes se déclarent chaque mois et s’accompagnent fréquemment de complications. Il peut alors être utile de recourir à des traitements plus radicaux. Ainsi, en cas d’otites à répétition, on peut enlever les végétations, ces petites formations lymphoïdes qui, au contact des agents infectieux, s’hypertrophient et deviennent le point de départ d’infections. De même, à partir de cinq angines par an ou de trois par an depuis trois ans, l’ablation des amygdales doit être envisagée.