Lutter contre un zona

Lutter contre un zona

Le zona est une infection dont la fréquence augmente avec l'âge. Très douloureux, il doit être traité à temps pour limiter les complications.

Toute personne ayant eu la varicelle dans son enfance peut attraper un zona à l'âge adulte, car il s'agit de la résurgence du même virus, appelé virus zoster-varicelle (VZV). On compte ainsi 140 000 nouveaux cas de zona par an en France, principalement chez les personnes de plus de 60 ans. En fait, une fois guérie la varicelle, ce virus reste à l'état latent dans certaines cellules du système nerveux central.

Les symptômes

Un jour, sans que l'on sache pourquoi, peut-être sous l'effet du stress, de la fatigue ou d'un système immunitaire déficient, il se réveille. Comme il ne peut pas passer par le sang, à cause des anticorps fabriqués par l'organisme pour lutter contre la varicelle, il emprunte la voie nerveuse. Selon le nerf concerné, les manifestations sont variées.

"Le zona débute souvent par une douleur, un picotement, une démangeaison, sur le corps ou le visage, accompagnés d'un peu de fièvre et de fatigue, expliquait le Dr Jean Bruxelle, de l'hôpital Cochin, à Paris, lors de la première Journée nationale de la douleur, qui s'est tenue le 12 septembre à Paris. Bien peu y prêtent attention.

Quelques heures plus tard ou deux à trois jours après, à ce même endroit, survient l'éruption : des plaques rouges qui se recouvrent rapidement de petites vésicules blanches contenant un liquide clair, qui démangent et qui font très mal." Une douleur aiguë d'intensité variable est ressentie par 60 à 90 % des personnes atteintes de zona.

Il peut être douloureux

Une fois sur deux, le zona se localise au niveau du thorax, sur le trajet d'un nerf intercostal. Les plaques sont alors situées sur le buste, le long des côtes. Elles peuvent aussi apparaître sur un bras, une cuisse, l'abdomen, la nuque, et toujours d'un seul côté du corps. Lorsque le zona atteint les nerfs crâniens, les zones les plus fréquemment touchées sont le cuir chevelu, le visage, le front, les conduits auditifs, mais aussi les paupières (conjonctive) et l'œil (cornée). Dans ce cas, on parle de zona ophtalmique, un des plus douloureux, qui impose une prise en charge par un ophtalmologiste.

Risque de contagion

Même si le zona est faiblement contagieux, on conseille d'éviter les contacts physiques avec les femmes enceintes (danger pour le fœtus), les personnes qui ont un système immunitaire affaibli et celles qui n'ont pas eu la varicelle, notamment les nouveau-nés.

Pourquoi il faut se soigner

Sans traitement, les lésions du zona durent environ trois à six semaines. Dans le meilleur des cas, les croûtes finissent par sécher et tomber.

"Mais on a tout intérêt à le soigner pour limiter les complications, les surinfections, et supprimer le risque de douleurs persistantes", conseille le Dr Bruxelle. Ces douleurs, appelées "post-zostériennes", peuvent durer des semaines, des mois, voire des années. Elles vont d'une manifestation modérée de type "brûlure" à une douleur violente et lancinante. Le seul contact avec le tissu d'une chemise, par exemple, peut s'avérer insupportable.

"Il y a dix ans, ces douleurs perduraient six mois après l'éruption et concernaient 30 à 40 % des patients, poursuit le médecin. Aujourd'hui, on a une meilleure connaissance de la duplication des virus et les médecins disposent de médicaments permettant de diminuer des deux tiers la durée de ces souffrances."

Quels traitements ?

Le médecin dispose d'un arsenal thérapeutique étendu. Il administre un traitement antiviral (aciclovir, vidarabine, famciclovir) dès la phase éruptive et pendant une semaine. Ce traitement accélère la guérison, réduit la douleur et limite les complications. "Mais si on attend quatre jours, l'efficacité baisse" précise le Dr Bruxelle.

Selon l'intensité des souffrances, le médecin proposera du paracétamol, des anti-inflammatoires, de la cortisone ou encore de la morphine. En cas de douleurs plus importantes (lancinantes, persistantes, sensation de chocs électriques), il aura recours à des médicaments antiépileptiques et/ou antidépresseurs. Pour éviter la surinfection, il conseillera des antiseptiques locaux pour les lésions.

En agissant sur tous les fronts, on réduit à présent l'intensité de la douleur d'au moins 50 % chez près de la moitié des patients. Encore faut-il accorder de l'importance à cette maladie dès son apparition, notamment chez les personnes âgées, qui ont tendance à attendre trop longtemps avant de se plaindre.

Bientôt un vaccin ?

La mise au point récente d'un vaccin contre le virus zoster-varicelle (VZV), le Zostavax, permet d'espérer une réelle prévention du zona et de ses douleurs.

Avec un recul de trois ans, l'administration de ce vaccin "en double aveugle contre placebo" à 38 546 hommes et femmes de plus de 60 ans a en effet permis de constater :

une diminution de 51,3 % de la survenue du zona ; une réduction de l'incidence, de la sévérité, de la durée de la douleur et de l'inconfort du zona de 61 % ; une réduction pouvant atteindre 67 % de l'incidence des douleurs post-zostériennes.

Ces résultats ont été publiés dans le "New England Journal of Medicine".

Le vaccin Zostavax a reçu son autorisation de mise sur le marché mais aucune campagne de vaccination n'est encore envisagée : le Conseil supérieur d'hygiène publique de France attend des données plus complètes pour délivrer sa recommandation.