Les vrais risques de la grippe aviaire

Les vrais risques de la grippe aviaire

En 2013, la grippe aviaire frappe à nouveau en Chine (9 cas en avril 2013, dont 3 mortels, selon l'OMS). En cas de retour en France, quelle attitude adopter ?

La grippe aviaire peut toucher presque toutes les espèces d'oiseaux sauvages ou domestiques. La grippe est fortement contagieuse dans les élevages industriels de poulets et de dindes, d'où le nom de "peste aviaire". Et certains mammifères peuvent être touchés, comme le porc ou le chat.

Fort heureusement, aucun cas de transmission de virus H5N1 entre humains n'a encore été mis en évidence. Le virus pandémique n'existe pas encore et personne en peut prédire sa virulence chez l'homme.

Quelle est l'origine du virus H5N1 ?

L'influenza aviaire, ou grippe aviaire (ou du poulet), a été décrite pour la première fois en 1878 en Italie chez des poulets. Cette maladie très contagieuse a été observée à de nombreuses reprises depuis. Mais c'est en 1997 à Hongkong qu'elle se transmet à l'homme pour la première fois.

Comment le virus H5N1 se transmet-il ?

Les hommes et les animaux qui ont été atteints par l'infection avaient été mis en présence d'un grand nombre d'oiseaux malades (cohabitation dans la même pièce, contact avec des volatiles infectés) pendant une longue durée. C'est ce qu'on a nommé l'effet aérosol : les virus sont présents en grand nombre dans l'air que l'on respire.

On a observé que certaines espèces sont plus sensibles au H5N1 : les chats mais aussi les grands félins qui, quand ils sont en contact étroit avec des oiseaux contaminés, peuvent contracter la maladie. Dans les zones exemptes d'oiseaux infectés, le risque est nul.

Quels sont les volatiles les plus sensibles à la grippe aviaire ?

Les vétérinaires ont démontré que si toutes les espèces aviaires peuvent être contaminées, les espèces domestiques les plus sensibles sont la poule, la dinde, le faisan, la caille et la pintade. Parmi les oiseaux sauvages, les espèces aquatiques sont les plus exposées, car le virus peut rester présent dans l'eau. Les cygnes et les canards sont les espèces les plus touchées.

Y a-t-il des précautions à prendre contre la grippe aviaire ?

Il n'y a pas de restriction en ce qui concerne les voyages, mais, si vous vous rendez dans un pays d'Asie du Sud-Est, le ministère des Affaires étrangères a publié une série de recommandations pour limiter les risques de transmission :

  • proscrire tout contact direct avec les volailles oiseaux sauvages et porcs vivants, notamment sur les marchés,
  • éviter la consommation de produits alimentaires crus ou peu cuits, en particulier les viandes et les œufs,
  • se laver régulièrement les mains à l’eau et au savon ou avec un soluté hydro-alcoolique et systématiquement s’il y a eu contact avec des animaux ou des oeufs.

En Europe, ce sont les zones humides qui servent de passage et de halte aux oiseaux migrateurs et sont en même temps des zones d'élevage avicole qui présentent le plus de risque. On peut citer la Brière, le bassin d'Arcachon ou le marais poitevin à l'Ouest, mais aussi l'étang de Thau au Sud ou le lac du Bourget à l'Est. Ces zones font l'objet d'une surveillance renforcée.

Aux chasseurs et à leur entourage, on peut conseiller d'éviter tout contact avec les fientes d'oiseaux (bécasses, canards…) et de mettre un masque lors du plumage. Il n'y a pas de risque par ingestion de volailles ou de gibier : le virus ne résiste ni à la chaleur, ni à l'acidité gastrique.

Que faire si l'on trouve un oiseau mort ?

Il faut d'abord éviter de le toucher. S'ils sont nombreux (à partir de cinq oiseaux) et s'il n'y a pas de signe montrant qu'ils ont été tués par un choc (voiture) ou par un braconnier, il faut appeler le 18. Les pompiers vont transmettre votre observation à la direction départementale des services vétérinaires, qui viendra récupérer les volatiles.

En période d'épidémie, peut-on consommer des volailles ?

Oui, car le virus ne résiste pas à la cuisson. Les virus influenza sont détruits très rapidement (5 minutes à 60 °C, 1 minute à 100 °C). De plus, la probabilité de se trouver en présence d'une denrée infectée est quasiment nulle. Dans l'hypothèse de l'ingestion de viande de volaille ou d'œufs crus, le virus sera détruit par l'acidité du liquide gastrique. Enfin, aucun cas de contamination humaine par l'alimentation n'a été constaté à ce jour.

Quel est le plan français en cas d'épidémie de grippe aviaire ?

En 2007-2008, le gouvernement avait prévu un stock d'un milliard de masques de protection individuels. Le stock de médicaments antiviraux était proche de 14 millions de traitements, dont plus de sept millions et demi de traitements de Tamiflu® adulte en gélules, 9 millions de traitements Relenza® et 10 tonnes d'oseltamivir en poudre, soit l'équivalent de 19 millions de traitements supplémentaires. Le plan est en sommeil depuis lors.

Existe-t-il des antiviraux efficaces contre le virus H5N1 ?

L'efficacité des traitements antiviraux (Tamiflu par exemple) pour atténuer les symptômes et les complications de la maladie a été démontrée. Mais il faut les administrer dans les quarante-huit heures après le début des symptômes.

Les autorités sanitaires ont préparé un plan d'utilisation de ces médicaments uniquement curatifs lors de la précédente épidémie. Ils seront distribués gratuitement en cas de besoin. Il est utile de rappeler que les antibiotiques sont inactifs contre le virus. Ils ne seraient utilisés qu'en cas de surinfection bactérienne.

Quand existera-t-il un vaccin pour l'homme ?

Comme pour la grippe humaine saisonnière, il faut attendre l'apparition du virus pour développer un vaccin efficace. Il ne pourra être fabriqué que si le virus subit une mutation et s'il devient transmissible d'homme à homme. C'est seulement à ce moment-là que la souche pourra être isolée, identifiée, et que l'on pourra mettre au point un vaccin. Le délai de fabrication serait alors de plusieurs mois après le début de l'épidémie.

Comment se présente la grippe aviaire chez l'homme ?

Après une période d'incubation pouvant aller jusqu'à sept jours, la maladie se présente d'abord comme une grippe banale (avec fièvre supérieure à 38 °C, associée à des maux de gorge, des douleurs musculaires et des troubles respiratoires comme une toux). Le risque potentiel est lié à l'apparition de troubles respiratoires sévères.

Le virus H5N1 est-il toujours mortel chez l'homme ?

Repéré pour la premièrefois en 1997, lors d'une épidémie à Hongkong, le virus H5N1 avait alors causé la mort de six personnes. Depuis il réapparait épisodiquement.

Son taux de mortalité dépend de la précosité ou non du dépistage et des facteurs de surinfection. On ne peut comparer la prise en charge médicale en Asie où moins d'une victime du virus sur deux est mortellement touchée et les soins dispensés en Europe.

Et aussi sur Dossier familial