Les vaccins sont-ils efficaces ?

Les vaccins sont-ils efficaces ?

La multiplication des vaccins et la quasi-disparition de certaines maladies infectieuses posent de nombreuses questions. Toutes ces injections sont-elles bien nécessaires et sans danger ?

La disparition de maladies telles que la diphtérie, encore mortelle en 1945, ou la variole, éradiquée en 1980, le recul du tétanos ou la tuberculose sont essentiellement dus à la pratique systématique de la vaccination dès le plus jeune âge. Aujourd'hui, le danger est que nous nous croyions à l'abri de ces affections graves et le plus souvent mortelles, alors que le risque de contamination n'a pas toujours complètement disparu.

La vaccination n'a pas qu'un intérêt individuel, elle protège aussi toutes les personnes que vous côtoyez.

Selon le docteur A. Simons de Fanti, spécialiste en médecine préventive, "pour éradiquer une maladie, il faut qu'au moins 80 % de la population soit vaccinée".

Armer nos défenses immunitaires

Notre système immunitaire se défend généralement très bien tout seul contre les maladies bénignes, l'organisme réagissant en fabriquant des anticorps qui constituent de véritables remparts contre la maladie, mais il se révèle insuffisamment armé face à des maladies infectieuses comme la polio, le tétanos, l'hépatite, la rage...

Le vaccin a la propriété de stimuler notre système immunitaire en produisant des anticorps qui, en cas d'infection, sauront reconnaître et arrêter l'agent véhiculant la maladie. Cette immunité est plus ou moins durable, mais pour certaines vaccinations les rappels empêchent qu'elle s'éteigne.

Les vaccins sont-ils tous obligatoires ?

On entend parfois dire qu'à trop vacciner, on affaiblit l'organisme en diminuant sa capacité à se défendre. Certains pensent même que "rien ne vaut une bonne maladie". "C'est une grave erreur, s'insurge le docteur Simons de Fanti, au contraire, la vaccination renforce notre résistance et nous protège de maladies infectieuses ou parasitaires."

Les vaccins non obligatoires

Quant aux vaccins non obligatoires, comme le ROR contre la rougeole, les oreillons et la rubéole, le ministère de la Santé préfère désormais convaincre plutôt que contraindre. La rougeole ne doit pas être considérée comme une maladie bénigne : elle fatigue beaucoup et peut entraîner des complications parfois graves, comme des encéphalites qui réduisent chaque année en France une dizaine d'enfants à l'état végétatif et provoquent une vingtaine de décès. Le vaccin ne protégeant qu'à à 95 %, on recommande de revacciner les enfants vers 10 ans.

Hépatite B, oreillons, rubéole

La polémique autour de la vaccination contre l'hépatite B, suspectée de provoquer des cas de sclérose en plaques, a réveillé l'inquiétude des parents. La vieille peur des effets secondaires a relancé le refus de certains de faire vacciner leurs enfants contre certaines maladies. Alors, faut-il ou non vacciner ?

L'hépatite B

A l'heure actuelle, aucune étude n'a pu établir un lien de causalité entre la vaccination et la sclérose en plaques. Il n'empêche que ce qui a pu paraître comme des indécisions ou des doutes dans les directives des responsables de la santé publique conduit à un bilan mitigé : à peine 30 % des enfants de moins de 2 ans ont été vaccinés. Pourtant, c'est sur les tout-petits que ce vaccin est le plus efficace !

Les oreillons

Sans être une maladie grave, les oreillons entraînent des méningites dans 5 % des cas. Surtout cette maladie peut parfois déclencher une inflammation des testicules ou des ovaires, susceptible de provoquer une stérilité. Il est donc fortement recommandé de faire vacciner les enfants avant la puberté.

La rubéole


La vaccination est conseillée aux petites filles pour leur éviter de contracter cette maladie plus tard pendant une grossesse, ce qui pourrait conduire à des malformations du fœtus. La vaccination des petits garçons a pour objectif majeur de diminuer la propagation du virus : des épidémies chez les garçons ont déclenché des rubéoles chez des femmes enceintes mal vaccinées.

Les nouveaux vaccins

Après le vaccin pentavalent (c'est-à-dire utile contre cinq maladies : diphtérie, tétanos, polio, coqueluche, haemophilus B), le vaccin hexavalent (qui intègre la vaccination contre l'hépatite B) est désormais disponible sur le marché européen. Mais il est toujours possible de dissocier ces vaccins.

D'autres vaccins sont attendus contre certains cancers (mélanome), contre la bronchiolite, l'Helicobacter pylori (responsable d'ulcères et de cancers de l'estomac), l'herpès, le zona, etc.

Le calendrier des vaccins pour les enfants

1 mois : BCG (enfants gardés en collectivités). Attention, le vaccin n'est plus obligatoire depuis juillet 2007

2 mois : DTCPolioHib (Diphtérie-tétanos-coqueluche-polio- B) : 1re injection

Hépatite B : 1re injection

3 mois : DTCPolioHib : 2e injection

4 mois : DTCPolioHib : 3e injection / Hépatite B : 2e injection

12 mois : ROR (Rougeole-oreillons-rubéole) : 1re injection

De 16 à 18 mois : DTCPolioHib : 1er rappel / Hépatite B : 3e injection

De 3 à 6 ans : Rougeole-oreillons-rubéole : 2e injection

Avant 6 ans : BCG, pour les enfants non vaccinés, obligatoire pour entrer à l'école.

6 ans : Diphtérie-tétanos-polio : 2e rappel

ROR, chez les non vaccinés et ceux qui n'ont eu qu'une dose

De 11 à 13 ans : Diphtérie-tétanos-polio : 3e rappel

Coqueluche, rappel recommandé pour tous les enfants

Coqueluche-rougeole-oreillons-rubéole (pour les non vaccinés)

Épreuve tuberculinique

Hépatite B (pour les non vaccinés)

14 ans : Papillomavirus humains (HPV)

De 15 à 23 ans : Papillomavirus humains (HPV), si le vaccin n'a pas été administré à 14 ans. Il n'est injecté qu'aux jeunes femmes n'ayant jamais eu de rapport sexuel ou lorsque la vaccination se situe dans l'année suivant le début de leur vie sexuelle.

De 16 à 18 ans : Diphtérie-tétanos-polio : 4e rappel

Rubéole (pour les jeunes femmes non vaccinées, en âge de procréer)

Le calendrier des vaccins pour les adultes

18 ans : Tétanos-polio tous les 10 ans

Hépatite B, pour les groupes à risque

Rubéole (pour les femmes non vaccinées, jusqu'à 45 ans)

Entre 26 et 28 ans : Coqueluche (une dose) pour les adultes qui n'ont pas été vaccinés depuis 10 ans. A effectuer lors d'un rappel décennal diphtérie, tétanos, poliomyélite)

65 ans : Tétanos-polio tous les 10 ans

Grippe tous les ans

Pneumocoque tous les 5 ans pour les sujets susceptibles d'être hospitalisés.

Pourquoi les adultes doivent-ils continuer à faire des rappels ?

L'immunité n'est pas acquise à vie, comme "dans le temps" lorsqu'on avait attrapé la maladie. En effet, la maladie devenant plus rare, il y a moins de "rappels spontanés", qui amènent notre organisme à réactiver son système de défenses chaque fois qu'il croise le microbe. C'est pourquoi il faut généralement effectuer des rappels.

Or les rappels sont le talon d'Achille de la stratégie vaccinale. Dès l'adolescence, ils passent à la trappe, et l'on estime que la moitié de la population adulte n'est plus protégée contre le tétanos, la diphtérie, la polio et la coqueluche.

Autre conséquence de cette négligence : les maladies bénignes de la petite enfance se déplacent vers l'adolescence et l'âge adulte. Or, plus l'infection survient tardivement, plus elle risque d'être sévère. Lorsqu'ils se déclarent après la puberté, les oreillons provoquent des pancréatites, qui mettent la vie en péril, et des stérilités. Les hôpitaux se remplissent aussi d'adultes atteints des complications respiratoires de la rougeole, qui peuvent être graves et apparaissent plus d'une fois sur deux lorsqu'on croise la maladie pour la première fois à l'âge adulte.

Grippe : faut-il se faire vacciner ?

L'ère des épidémies n'est pas révolue. Entre 1918 et 1920 la "grippe espagnole" a provoqué au moins 20 millions de morts dans le monde. La grippe ne sera jamais éradiquée car le virus évolue, obligeant à mettre au point un vaccin différent chaque année, dont l'efficacité n'est que de 60 à 80 % selon les personnes.

Considérée à tort comme une maladie bénigne, la grippe représente un réel danger, notamment pour les personnes âgées ou souffrant de certaines affections de longue durée.

La vaccination, si elle est renouvelée chaque année, est le seul moyen de se protéger efficacement.

A partir de votre 65ème anniversaire, le vaccin anti-grippal est gratuit.

Votre Caisse primaire d'assurance maladie vous enverra automatiquement le formulaire "Prise en charge du vaccin anti-grippal" qui, avec la prescription de votre médecin traitant, vous permettra d'obtenir gratuitement le vaccin en pharmacie.

Le vaccin anti-grippal est également gratuit pour les personnes atteintes de l'une des affections suivantes :

diabète insulino-dépendant ou non insulino-dépendant, ne pouvant être équilibré par le seul régime,accident vasculaire cérébral invalidant, néphropathie chronique grave et syndrome néphrotique pur primitif,forme grave d'une affection neuro-musculaire (dont la myopathie), mucoviscidose, cardiopathie congénitale mal tolérée, insuffisance cardiaque grave et valvulopathie grave, insuffisance respiratoire chronique grave (dont l'asthme), déficit immunitaire primitif grave nécessitant un traitement prolongé, drépanocytaires homozygotes.

Dans les autres cas, le vaccin anti-grippal n'est pas du tout remboursé.

Où se faire vacciner ?

Les vaccinations peuvent être faites soit au cabinet du médecin traitant, soit dans les centres de vaccinations ou les dispensaires. Les mairies donnent les adresses des centres les plus proches et les dates de séances de vaccinations organisées par les services médico-sociaux.

On peut également se renseigner au Institut national de prévention et d'éducation pour la santé (INPES) - 42, bd de la Libération - 93203 Saint Denis Cedex, http://www.inpes.sante.fr.