La migraine n'est pas une fatalité

La migraine n'est pas une fatalité

Huit migraineux sur dix se soignent mal et continuent de souffrir alors qu'ils pourraient être soulagés.

Maladie à part entière, la migraine peut être une affection à éclipses. Après avoir entraîné beaucoup de crises, elle peut se faire oublier pendant des mois ou des années, avant de se manifester à nouveau. C'est pourquoi, les spécialistes s'accordent à dire qu'on ne la guérit pas.

Mais il est tout à fait possible d'améliorer la qualité de vie du migraineux en soulageant ses crises et en les espaçant, à condition bien sûr que celui-ci consulte, s'informe et oublie les a priori.

Des médicaments spécifiques de la migraine

Quand les médicaments classiques (antalgiques, anti-inflammatoires) ne sont pas efficaces, on peut, dans un deuxième temps, recourir à des médicaments plus performants, tels les triptans (qui agissent à la fois sur la dilatation des vaisseaux du crâne et sur les terminaisons nerveuses). Ils ont révolutionné le traitement de la migraine.

Plus rapide d'action, il offre une très bonne tolérance. Il arrive cependant que certains migraineux ne réagissent pas à ces médicaments. De même, un triptan peut être plus ou moins efficace selon les patients.

Mais avant de conclure à son inefficacité, il est recommandé de le tester sur au moins trois crises. Les triptans sont toutefois des médicaments qui présentent des contre-indications et ne sont vendus que sur prescription médicale.

Par ailleurs, une molécule antiépileptique récente, le topimarate, est arrivée sur le marché pour le traitement de fond de la migraine.

La migraine et le mal de tête, c'est la même chose

FAUX

Le mal de tête banal, que les médecins appellent céphalée de tension, concerne 70 à 80 % de la population et a pour origine le surmenage ou la fatigue. Les crises de migraine, elles, touchent 12 % des adultes et répondent à des critères bien précis.

On ne peut ainsi parler de migraine à moins de cinq crises par an, chaque crise durant un minimum de 4 heures et pouvant se prolonger jusqu'à 72 heures ! Pas de migraine non plus si deux des critères suivants ne sont pas réunis : douleur prédominant d'un côté, d'intensité grave ou modérée, mal de tête pulsatile (battant au rythme du cœur) ou aggravé par l'effort.

Enfin, la migraine s'accompagne de nausées, vomissements, gêne au bruit et à la lumière.

La migraine, c'est psychologique

FAUX

Tout comme il existe des facteurs alimentaires ou climatiques, des facteurs psychologiques sont susceptibles de favoriser le déclenchement des crises, mais ce ne sont que des facteurs déclenchants.

La migraine est une maladie qui s'explique par une excitabilité anormale de certaines cellules du tronc cérébral ainsi que du trijumeau, ce nerf qui véhicule la sensibilité du visage. Il faut avoir - sans doute pour des raisons génétiques - un seuil d'excitabilité très bas de ces cellules pour en être victime.

La migraine dont on souffre pendant les règles est liée à une baisse du taux d'œstrogènes

VRAI

Il ne s'agit en aucun cas d'une anomalie hormonale, mais d'une chute normale du taux d'œstrogènes à cette période du cycle féminin. C'est un facteur déclenchant chez 60 % des migraineuses.

Un apport hormonal par patch ou gel cutané un à trois jours avant le début des règles et durant toute leur durée permet d'éviter cette chute brutale.

Pendant une crise, il peut arriver de perdre une partie de la vision

VRAI

Près de 15 % des patients atteints de cette maladie présentent ce qu'on appelle une "migraine avec aura".

Il s'agit de troubles visuels (taches brillantes ou colorées, éclairs, flou visuel, rétrécissement du champ de vision) ou sensitifs (fourmillements, engourdissement de l'avant-bras et d'une moitié du visage.) Certains souffrent même de troubles de la parole.

C'est à cause de la vésicule biliaire qu'on souffre de nausées

FAUX

Ces symptômes ne proviennent ni de la vésicule ni du foie mais de la stimulation du centre du vomissement, qui se trouve dans le cerveau. Il est donc inutile de se faire opérer de la vésicule biliaire.

Au mieux, on sera soulagé durant quelques mois, mais, tôt ou tard, les crises finissent par revenir. On a en effet constaté que n'importe quel événement (opération chirurgicale, naissance, nouveau travail…) peut modifier leur fréquence.

À prendre trop de médicaments, on peut augmenter les crises

VRAI

L'abus médicamenteux est à l'origine de "migraines transformées", fréquentes chez les patients qui souffrent à la fois de migraines et de céphalées de tension. Ignorant si leur crise va passer ou se transformer en tempête, ils prennent les devants, avalant un, deux, voire jusqu'à six comprimés en quelques heures.

C'est ainsi qu'on voit des crises espacées évoluer en mal de tête chronique permanent. À ce stade, il ne reste plus que la solution d'un sevrage en milieu hospitalier, d'une durée de dix jours environ.

Prendre du paracétamol en début de crise permet de la stopper

FAUX

L'efficacité du paracétamol dans le traitement de la migraine n'a jamais été démontrée. L'aspirine, en tant qu'anti-inflammatoire non stéroïdien (AINS), a un meilleur résultat.

L'Anaes (Agence nationale d'accréditation et d'évaluation en santé) recommande ainsi, en cas de crise, la prise d'un AINS, suivie de celle d'un triptan si le patient n'a pas été soulagé en deux heures par l'AINS.

L'acupuncture permet d'espacer les crises

VRAI

Avec la relaxation, c'est l'une des rares médecines parallèles dont l'effet positif a été évalué. Les publications concernant l'homéopathie ne permettent pas de conclure pour l'instant.

Quant à l'hypnose, son efficacité n'a pas été prouvée, mais certains patients affirment en tirer bénéfice…