La chirurgie de l'œil est-elle faite pour vous ?

La chirurgie de l'œil est-elle faite pour vous ?

Myopie, hypermétropie, presbytie, astigmatisme : lunettes et lentilles y remédient, la chirurgie dite « réfractive » aussi. Mais ces opérations – sauf pour la cataracte – ne sont pas prises en charge par l’Assurance-maladie.

Comment la vision devient-elle floue ?

Le trajet des rayons lumineux qui pénètrent dans l’œil est modifié par la cornée et le cristallin, qui les font converger vers la rétine. La cornée permet le passage de la lumière comme un verre de montre. Le cristallin, sorte de lentille de forte puissance située à l’intérieur de l’œil, fonctionne comme un objectif d’appareil photographique.

 

 

La myopie, l’hypermétropie, la presbytie et l’astigmatisme sont des déformations de la cornée et du cristallin qui empêchent de bien voir de loin et/ou de près. La cataracte, elle, affecte le cristallin qui s’opacifie progressivement.

Quel est le public concerné ?

La chirurgie de l'œil est destinée aux adultes. Elle n'est pas indiquée pour l’enfant, l’adolescent et le jeune adulte tant que leur vision évolue. Les lunettes ou les lentilles ont en effet le mérite d'offrir une correction qui s’adapte graduellement.

L’opération peut néanmoins présenter un intérêt au regard de pratiques professionnelles demandant une acuité visuelle parfaite ou de certaines activités sportives (les sports aquatiques notamment) pour lesquelles le port de lunettes est gênant.

Comment opère le chirurgien ?

Pour corriger les problèmes qui affectent la cornée et le cristallin, le chirurgien peut proposer plusieurs techniques de compensation, notamment grâce au laser ou en faisant appel aux implants.

La chirurgie réfractive englobe les différentes techniques destinées à réduire ou à compenser les anomalies de la vision, habituellement corrigées par les lunettes ou les lentilles, par traitement au laser ou pose d’implants, résume le professeur Pierre-Jean Pisella, chirurgien à l’hôpital Bretonneau de Tours (Indre-et-Loire).

Lorsque la myopie est importante et représente un véritable handicap pour le patient, la chirurgie permet d’améliorer sa qualité de vue. Dans les cas plus simples, une correction au laser peut être proposée. »

Combien ça coûte ?

Il faut compter entre 600 et 1 500 € par œil. Ces opérations ne sont pas prises en charge par l’Assurance-maladie, mais certains organismes complémentaires couvrent une partie des frais par un forfait, si vous avez souscrit un contrat à couverture élargie.

La cataracte correspond, pour sa part, à l’opacification du cristallin vieillissant. L’opération, qui consiste à le remplacer pour recouvrer la vue, est remboursée par l’Assurance-maladie.

Quel est le déroulement d'une intervention ?

Pour les cas les plus simples : myopie, hypermétropie ou astigmatisme, la correction au laser est envisageable. Des gouttes anesthésiantes sont instillées dans l’œil. L’acte se pratique en ambulatoire – sans installation à l’hôpital – et dure environ un quart d’heure. Une fois l’intervention terminée, la personne repart sans ressentir de douleurs résiduelles.

Chez un patient de plus de 55 ans, un cristallin artificiel de puissance adaptée peut être proposé pour remplacer le cristallin naturel. Il corrigera les défauts de vision en prenant également en compte la presbytie.

Le résultat découle parfois d’un compromis entre vision de loin et vision de près, précise le Dr Pisella. Mais attention aux idées reçues ; l’opération ne permet pas d’améliorer sa vue au-delà de la correction initiale. Si l’intéressé possède 2/10 d’acuité visuelle maximale à l’œil gauche après correction avec lunettes, la chirurgie réfractive offrira la même correction sans lunettes.

Comment agir sur la presbytie après 40 ans ?

À partir de 40-45 ans, les problèmes se compliquent avec l’arrivée de la presbytie. Le cristallin a vieilli, il est devenu moins souple et ne se déforme pas assez pour faire la mise au point correctement.

Depuis dix ans environ, la chirurgie propose une solution. Mais chaque cas est particulier, car la presbytie peut se surajouter à une myopie, une hypermétropie ou un astigmatisme.

Les lunettes ou les lentilles permettent d'effectuer une correction résiduelle avant 45-55 ans. Elles sont prises en charge aux conditions habituelles.

À partir de 55 ans et plus, un implant multifocal peut apporter une solution en vision de loin et de près.

Pour la technique au laser, il faut compter de 600 à 1 200 € par œil. Si le chirurgien utilise un implant correcteur, le coût passe à 1 500 €. L’assurance complémentaire peut alléger la note.

Comment opère-t-on la cataracte ?

Lorsque le cristallin s’opacifie, souvent autour de la soixantaine, la personne voit de moins en moins bien. L’ophtalmologiste propose d'intervenir dès le premier œil atteint car aucune autre correction n’y remédie. L'opération s'est banalisée puisque, selon le Syndicat national des ophtalmologistes, 600 000 cataractes sont désormais opérées chaque année en France.

Au cours de l’intervention, le chirurgien incise l’œil, extrait le cristallin de son enveloppe et le remplace par une lentille synthétique qui fait office de cristallin artificiel. Le modèle d’implant dépend du patient et des caractéristiques de son œil, déterminées par une échographie réalisée avant l’intervention.

Cataracte : quelle est la durée de la convalescence ?

Le patient est immobilisé, en ambulatoire, quelques heures à l’hôpital. Les soins sont réduits à l’instillation de gouttes pour éviter les infections et l’inflammation. Le port d’une protection oculaire est également prescrit pendant plusieurs jours. La vision s’améliore rapidement, mais une correction avec des lunettes peut se révéler nécessaire au bout de quelques semaines. L’opération du deuxième œil sera effectuée un peu plus tard.

La préparation et l’intervention sont prises en charge par l’Assurance-maladie, ainsi que le suivi postopératoire. Seul le surcoût d’un implant correcteur (50 à 70 € environ par œil) peut rester à la charge du patient.

Enfin, au cours des années qui suivent, la capsule peut à son tour s’opacifier dans 30 % des cas, responsable d’une nouvelle baisse de la vision, appelée cataracte secondaire. Une intervention au laser suffira alors.