Faut-il avoir peur de la légionellose ?

Faut-il avoir peur de la légionellose ?

Après l'épidémie qui a sévi dans la région de Lens en 2004, le Pr Christian Perronne, infectiologue à l'hôpital de Garches et président du Conseil supérieur d'hygiène publique de France (CSHPF), nous dit ce qu'il faut craindre de cette maladie.

La légionellose est-elle toujours une maladie grave ?

Habituellement, non. Elle est la conséquence d'une infection par la légionelle, une bactérie présente dans tous les réseaux d'eau chaude. Nous sommes tous en contact avec cette bactérie qui produit, sous sa forme bénigne, une affection qui ressemble à une grippe. Le malade guérit alors en quelques jours. Mais elle peut prendre des formes graves ou mortelles, comme on l'a vu dans le Pas-de-Calais.

Comment se propage-t-elle ?

Elle s'attrape par inhalation quand on respire, par exemple, des micro gouttes d'eau chaude sous la douche. 15 % des malades ont attrapé une légionellose de cette façon. Ce sont les tours aéroréfrigérantes extérieures des systèmes de climatisation (et non la bouche du climatiseur comme on le pensait initialement) qui sont en cause. Dans les foires-expositions, on trouve parfois des bains à remous et des fontaines d'eau tiède qui en sont responsables.

Quels en sont les symptômes ?

Les deux premiers jours, cela ressemble à un début de grippe, avec une fièvre peu élevée (38 °C), des courbatures, des maux de tête ou une diarrhée. Le troisième jour, on constate une aggravation, avec une fièvre plus élevée, une douleur dans la poitrine et un essoufflement qui font penser à une pneumonie.

Comment s'en prémunir ?

Chez soi, il est utile de purger l'installation quand on rentre de vacances et de régler l'eau chaude afin qu'elle coule au moins à 50 °C. Mais la prévention ne peut se faire à titre individuel. La loi oblige les

industriels à déclarer la présence de tours aéroréfrigérantes, et les contrôles sont très stricts dans les stations thermales. Les températures sont vérifiées fréquemment et les douches sont interdites quand le taux de légionelles dépasse un certain seuil. Mais il ne faut pas tomber dans la phobie, le nombre de cas de légionellose n'est pas si élevé.

Comment se traite cette maladie ?

Quand un patient présente des signes de pneumonie, le médecin doit penser au risque de légionellose. Il proposera tout de suite les bons antibiotiques. Si le malade est traité rapidement, il commencera à aller mieux au bout de 48 heures. Dans la forme bénigne, il sera guéri en deux à trois semaines. Mais, chez des personnes très fragiles, il existe des formes fulminantes qui évoluent malgré

la mise en route d'un traitement.

Personnes fragiles, attention !

Les hommes, en général les grands fumeurs qui ont déjà des poumons fragilisés et les insuffisants rénaux, courent plus de risques, de même que les personnes ayant subi une chimiothérapie, les greffés, les transplantés et tous les patients qui prennent de la cortisone à haute dose ou de manière prolongée. On note aussi deux fois plus de risques à 70 ans qu'à 40 ans. Mais aucun enfant n'a aujourd'hui déclaré de légionellose.

Association nationale des victimes de la légionellose

(AVIL)14 rue Saint-Martin 65000 Tarbes

Tel : 05 62 45 20 70.