Faire un malaise, est-ce grave ?

Faire un malaise, est-ce grave ?

La syncope, ou malaise, est un phénomène fréquent, désagréable, le plus souvent occasionnel et sans conséquence. Mais ce vertige peut cacher des troubles plus importants.

"Je me trouvais debout dans une salle surchauffée, raconte Agnès, et j’ai commencé à ressentir des bourdonnements d’oreilles, des sueurs, j’avais les jambes en coton, la nausée… Je sentais que j’allais m’évanouir. J’étais très pâle. Le temps que je réalise qu’il fallait que je sorte, je me suis écroulée. Une fois entraînée dehors, j’ai repris mes esprits, et la sensation de grande fatigue a disparu en un quart d’heure."

Un signal d’alarme

Le responsable de cette syncope, appelée aussi "malaise vagal", est le nerf vague qui innerve le cœur. Dans certaines circonstances - se tenir dans une atmosphère confinée, voir du sang ou une aiguille, rester debout de façon prolongée, ressentir une émotion forte ou une douleur violente, avoir faim ou au contraire avoir trop mangé -, le nerf vague provoque, par réflexe, un ralentissement du rythme du cœur et abaisse la tension artérielle de façon exagérée.

Les deux phénomènes conjugués entraînent une diminution brutale de l’apport d’oxygène au cerveau. Résultat : le malaise apparaît, suivi ou non d’une réelle perte de connaissance. Très rapidement, une autre voie réflexe, le système sympathique, va relancer le cœur. Ce malaise est un signal d’alarme qui traduit un déséquilibre dans l’organisme : trop de chaleur, de nourriture, d’émotion, de fatigue… ou pas assez de sucre (hypoglycémie), d’air, de pression artérielle (hypotension).

S’allonger pour éviter la chute

Qu’il soit occasionnel ou plus fréquent, ce malaise ne présente aucune gravité, car la perte de connaissance ne dure que quelques secondes, au pire quelques minutes. Le plus souvent, la personne pressent le malaise et a le temps de s’asseoir ou de s’allonger afin d’éviter une chute. La récupération est toujours complète et rapide. Il n’existe pas de traitement préventif des malaises vagaux, mais, chez les personnes qui y sont sujettes, le médecin pourra prescrire de l’atropine pour paralyser le nerf vague avant de réaliser certains gestes qui suscitent l’appréhension, comme faire des points de suture.

Phénomène fréquent chez les personnes âgées, la syncope due à une hypotension orthostatique est provoquée par une chute brutale de la pression artérielle lors du passage de la position assise ou couchée à la position debout. Elle touche surtout ceux qui prennent de nombreux médicaments (hypotenseurs, vasodilatateurs, diurétiques, hypnotiques…).

La syncope suivant une crise d’épilepsie

Signalons aussi la syncope secondaire à une crise d’épilepsie. Elle peut être impressionnante, surtout lors-qu’elle s’accompagne de convulsions, de raideurs. Si elle ne met pas la personne en péril, c’est une réelle urgence. En attendant les secours, il faut surtout rassurer la personne.

"Si la plupart des syncopes sont anodines, il faut malgré tout s’en méfier et si possible anticiper la chute, souligne Jean-François Mazeyrac, moniteur à la Protection civile de Paris, en se mettant au plus près du sol, en position assise adossée à un mur ou allongée par terre, et appeler à l’aide." Lorsque le vertige s’estompe, il est indispensable de se reposer avant de reprendre ses activités. Le corps a besoin de temps pour récupérer, sinon le malaise risque de se répéter. Ensuite, parlez-en à votre médecin traitant.

Le malaise cardiaque : un cas d’urgence

Plus rarement, une syncope peut être provoquée par une anomalie du rythme cardiaque. Elle survient brutalement sans signes préalables, puis la personne récupère très vite sans se souvenir d’avoir perdu connaissance. Un rétrécissement de la valve cardiaque, un infarctus du myocarde ou une embolie pulmonaire peuvent se traduire par ce type d’évanouissement.

Il faut alors adopter rapidement les bons gestes : appeler les secours d’urgence (15, 18 ou 112) dès lors que la victime reste inconsciente, que sa sensation de malaise dure plus de 3 à 5 minutes, que son pouls est faible, qu’elle se plaint de douleurs au thorax, dans le bras ou la mâchoire, ou qu’elle ressent de violents maux de tête.

Rassurer dans l’attente des secours

En attendant l’arrivée des secours, il convient de l’allonger dans un endroit calme, de desserrer ses vêtements, de la couvrir, de lui tourner la tête sur le côté si elle vomit, et de l’inciter à se reposer même si elle se sent mieux.

"Il est également important de la rassurer et de maintenir sa vigilance en lui parlant pour qu’elle ne retombe pas inconsciente. Vous pourrez aussi l’aider à répondre aux questions des secouristes dès leur arrivée. Est-ce la première fois que cela lui arrive ? Des douleurs ont-elles précédé ce malaise ? Prend-elle des médicaments, suit-elle un traitement hormonal, antiallergique, antidiabétique ? Récemment, a-t-elle été gravement malade ou hospitalisée ?" énumère Jean-François Mazeyrac.

Plus les réponses seront précises, plus elles permettront aux médecins de poser un diagnostic juste et rapide. Un gain de temps précieux qui peut sauver des vies !

Les 5 erreurs à éviter

  • Donner des gifles. C’est totalement inutile ; de plus, en bougeant la tête on prend le risque de léser les vertèbres cervicales.
  • Donner à boire. Ni lait, ni eau sucrée, surtout si la personne est inconsciente (risque de fausse-route).
  • Le « canard » trempé dans de l’alcool de menthe, de pomme ou de poire est à proscrire. Contentez-vous d’un sucre dissous dans très peu d’eau, ou mieux, d’un morceau de sucre sous la langue.
  • Surélever les jambes et les abaisser brutalement (il y a danger si le sang n’a pas eu le temps de remonter vers le cœur).
  • Mettre un objet dans la bouche de quelqu’un qui a des convulsions.