Éviter le cancer du col de l'utérus

Éviter le cancer du col de l'utérus

Il est possible de se protéger efficacement contre le cancer du col de l'utérus. Un vaccin récemment controversé est proposé aux jeunes filles et aux jeunes femmes. Il est à compléter avec les indispensables examens de dépistage.

Chaque année en France, plus de 3 000 femmes sont atteintes d'un cancer du col de l'utérus et plus de 1 000 meurent des suites de cette maladie. Pourtant, on connaît les virus responsables à 98 % de ce cancer : ce sont certains types de papillomavirus humains (HPV) qui se transmettent par contact sexuel.

Jeunes femmes : une population à risque

La contamination se réalise le plus souvent lors des premiers rapports. De simples attouchements peuvent suffire pour que les virus se fixent à la jonction de l'épithélium du col.

Avec des papillomavirus de type 16-18, les lésions sont susceptibles d'évoluer vers des cancers viraux qui aboutiront à terme, en l'absence d'intervention médicale, à des cancers invasifs. S'il s'agit de papillomavirus de type 6-11, la jeune femme peut développer des verrues génitales, ou condylomes, très perturbantes pour sa sexualité.

Prévenir le cancer du col de l'utérus par un dépistage régulier

Toutes ces raisons poussent les professionnels de santé à insister sur l'importance d'un dépistage régulier. À juste titre : avant 30 ans, près d'une femme sur trois a déjà été infectée. Heureusement, dans 80 % des cas, l'immunité naturelle permet d'éliminer les virus.

Pour les 20 % restants, l'infection va persister pendant des mois, voire des années, risquant d'aboutir à des lésions précancéreuses, puis à des cancers. La prévention passe désormais par la vaccination, en priorité des adolescentes.

Un vaccin contre le cancer du col de l'utérus controversé

À l'heure actuelle, un seul vaccin - le Gardasil ® - est disponible en pharmacie sur prescription médicale. Il est indiqué dans la prévention du cancer de l'utérus, ainsi que dans celle des verrues génitales. Son coût : chaque dose est vendue 135,59 €, ce qui représente un prix global de 406,77 €. Le vaccin est remboursé à hauteur de 65 % par l'assurance-maladie.

Ces verrues reçoivent un traitement par cryothérapie, électrocoagulation, laser, pommade pendant en moyenne six mois. Autant de contraintes auxquelles il faut ajouter une vie sexuelle perturbée. Si un vaccin peut aussi prévenir ces verrues mal placées, il est le bienvenu.

Un autre vaccin – le Cervarix ® – est efficace contre deux autres types de papillomavirus à haut risque, ce qui lui confère une efficacité anticancer supérieure à 70 %.

Sensibiliser les ados

Sachant que l'âge moyen des premiers rapports sexuels est de 17 ans en France, il est nécessaire de profiter des consultations et rendez-vous vaccinaux, autour de 14-15 ans, pour sensibiliser les adolescentes à ce risque. D'autant que le préservatif, s'il est indispensable, ne suffit pas à lui seul.

Comme on pratique encore le ROR, le DTP, la coqueluche ou un rattrapage de l'hépatite B, pourquoi ne pas y ajouter le vaccin contre le cancer du col ? Au-delà, le rattrapage pourrait se faire à l'occasion d'une première prescription de contraception ou d'un recours à la pilule du lendemain.

De son côté, le Conseil supérieur d'hygiène publique de France préconise trois entrées dans la vaccination : À 14 ans ; entre 15 et 23 ans pour celles qui n'auraient pas encore eu de rapports sexuels ; enfin, au plus tard, dans l'année suivant le début de la vie sexuelle, par mesure de rattrapage.

Un nouveau scandale sanitaire ?

Après la plainte déposée le 22 novembre 2013 par une jeune fille de 18 ans qui attribue le déclenchement de sa sclérose en plaques à la vaccination contre le HPV par Gardasill ®, la communauté médicale se pose des questions et fait un point sur le vaccin. Selon les médecins, il en ressort pour l'instant qu'il n'y a aucune preuve que la vaccination augmente le risque de provoquer une maladie grave. Mais la preuve que cette pathologie soit liée à la vaccination n'est pas établie.

Le problème soulevé n’est finalement pas nouveau. La vaccination a longtemps été associée à l’apparition de troubles auto-immuns, qu’il s’agisse de la Sclérose en plaques (SEP) ou même du syndrome de Guillain-Barré.

Les frottis toujours nécessaires

Les femmes doivent continuer à faire régulièrement des frottis de dépistage afin de détecter d'éventuelles lésions précancéreuses. Les autorités sanitaires recommandent un frottis tous les trois ans à partir de 25 ans, après que la femme a réalisé deux frottis normaux à un an d'intervalle.

Par ailleurs, les praticiens prônent l'utilisation du préservatif, qui, s'il ne protège pas des papillomavirus, reste efficace contre d'autres virus et bactéries à l'origine de multiples infections sexuellement transmissibles. Faut-il le rappeler ? En toutes circonstances, la sécurité sexuelle passe par le préservatif.