Entorse, tendinite, luxation : s'en remettre au plus vite

Entorse, tendinite, luxation : s'en remettre au plus vite

Grosse fatigue ou mauvaise préparation sont souvent à l’origine de foulures, entorses et autres claquages musculaires. Surtout quand on reprend une activité physique sans précaution… Voici des conseils pour se rétablir au plus vite.

En France, on constate quelque 6 000 entorses de la cheville par jour  ! Hors pratique sportive, les traumatismes de la cheville, du genou ou de l’épaule sont légion dans la vie courante.

Entorse, à cause de la fatigue

L’entorse est d’abord, dans plus de 80 % des cas, un traumatisme lié à une faute d’inattention, une bousculade, la fatigue ou le stress, explique le Dr Gilles Daubinet, spécialiste en médecine physique et de réadaptation. Parce qu’on est généralement pressé, on va moins anticiper le choc, provoquant un étirement des ligaments de la cheville, accidentel et brutal. »

Le ligament du genou ou de la cheville est fortement distendu ou partiellement rompu. Lorsqu’elle est importante, la blessure se traduit par une cheville gonflée, bleuie, qui fait souffrir. Dans son mode mineur, il s’agit d’une foulure, c’est-à-dire un étirement léger des ligaments qui n’entraîne ni gonflement, ni œdème ou ecchymose, mais une simple douleur.

Tendinite les risques du sport

La pratique d’un sport est aussi source de traumatismes multiples. Comme la tendinite, qui résulte d’une sollicitation répétée des tendons (composés de fibres solides) fixant les muscles aux os. Un mal bien connu de ceux qui ont une pratique sportive soutenue ou qui effectuent un geste professionnel répété, pouvant provoquer une inflammation du tendon « sous tension ».

Certains sports comme le ski ou le rugby mettent à mal plus spécialement le genou ou l’épaule. « Les risques sont inhérents à l’activité choisie et à des facteurs humains comme la fatigue, auxquels s’ajoute une mauvaise préparation physique, indique le Dr Daubinet. Souvent, ce manque de préparation fait que l’on n’est pas apte à répondre à l’effort demandé. »

C’est la classique rupture du ligament croisé du genou qui se produit après un effort intense, ou la luxation de l’épaule, quand le coude ou l’épaule se déboîte. Dans ce dernier cas, il faut remettre en place sous anesthésie et maintenir ensuite le bras au repos.

Le surpoids constitue un autre facteur de fragilité : avec 20 kg de trop, on est moins réactif, et on est entraîné dans la chute. Le traumatisme est de ce fait plus important. Enfin, les sujets « hyperlaxes » (ligaments très lâches) sont plus facilement victimes d’une entorse du genou ou d’une luxation de l’épaule.

Entorse : les bons gestes après l'accident

Quand l’accident se produit, comment faut-il réagir ?

Les quatre gestes du protocole “RICE” (acronyme anglais se traduisant par « repos, glace, compression, élévation ») évitent bien des complications, résume le Dr Daubinet.

"Un sac de glaçons entouré d’un linge doit être appliqué au plus vite sur la contusion. Il faut le conserver au moins 10 minutes à chaque application, toutes les 30 minutes au début, puis selon le soulagement procuré les heures suivantes. La surélévation réduit les gonflements et la compression soulage tout en maintenant l’articulation avec souplesse », conseille le praticien.

Comme un rendez-vous médical ne se décroche pas toujours rapidement, certains patients, notamment les jeunes et les personnes âgées, vont directement à la pharmacie.

« Je vérifie que l’articulation peut bouger, explique Eugène Tivoli, pharmacien dans l’Aube. En absence de douleur, de bleu et de gonflement, je leur prodigue les premiers secours. »

S’il le faut, il propose au patient une attelle gonflable ou à scratch, (31 € environ), qui a l’avantage de soulager tout de suite, et lui prête une paire de cannes anglaises.

Maintenir la cheville et calmer la douleur

Une fois la cheville ou le genou maintenu, le pharmacien suggère, pour calmer la douleur, la prise d’un antalgique (Paracétamol), couplé à un anti-inflammatoire non stéroïdien (Ibuprofène), des médicaments vendus sans ordonnance (moins de 2 € en moyenne).

Pour les personnes réceptives à l’homéopathie, il conseille une dose d’Arnica (30 ou 15 ch) pour commencer, à répéter une heure plus tard sous forme de granules (5, 7 ou 9 ch), jusqu’à amélioration. Puis, pendant l’immobilisation, du Rhus toxicodendron (7 à 9 ch) contre l’engourdissement et les fourmillements, et du Ruta graveolens (5 ch) pendant la rééducation pour ses propriétés assouplissantes.

Certains remèdes de grand-mère ont aussi fait leur preuve, comme le Baume du Tigre dont le camphre calme la douleur (effet anesthésiant), et certaines huiles essentielles, telles que l’Immortelle (anti-hématome), la Gaulthérie couchée (anti-inflammatoire et antalgique) ou la Lavande Vraie (calmante et sédative). Ces applications, à utiliser toujours diluées (jamais pures), soulagent sans provoquer d’effets secondaires.

« Ayant paré au plus pressé, je suggère de consulter un médecin qui prescrira l’attelle et les médicaments », conclut Eugène Tivoli. Une démarche qui s’impose au plus vite pour un traumatisme grave qui se caractérise généralement par « la sensation de craquement, d’instabilité, le gonflement immédiat et l’ecchymose, conjugués à l’importance de l’impotence », résume le Dr Gilles Daubinet.

Le médecin procède à un examen clinique (palpation) et, si nécessaire, à une radiographie de la cheville ou du genou. Outre l’attelle, il prescrit des antalgiques et une crème anti-inflammatoire appliquée sur la zone au 2e et 3e jour (jamais le 1er).

Les séances de kiné sont essentielles

Sous 72 heures environ, le repos fait place à la rééducation chez un kinésithérapeute, à raison d’une dizaine de séances (15,30 € la séance, prise en charge à 60 %). Cette étape est essentielle, les récidives étant souvent le résultat d’une rééducation insuffisante. La personne accidentée doit avoir parfaitement récupéré avant d’interrompre toute kinésithérapie.

Ce traitement peut aussi permettre d’éviter l’opération. « La chirurgie devient exceptionnelle pour la cheville et elle n’est plus systématique en cas de rupture du ligament croisé du genou, car il y a un potentiel de cicatrisation certain, indique le Dr Daubinet. On peut retrouver une vie normale après une rééducation bien conduite. » Mais dans certains cas, l’intervention se révèle nécessaire.

Après l'entorse, revenir à une marche normale

« Dès la survenue du traumatisme, le corps réagit avec ses muscles en effectuant un verrouillage de la zone fragilisée, observe Didier Rouif, médecin ostéopathe à Gif-sur-Yvette (Essonne). Ces « contractures musculaires de maintien » subsistent pendant l’immobilisation sous plâtre ou attelle.

Plus tard, quand l’articulation se remet en route, si la cicatrisation est imparfaite, les adhérences des fibres peuvent altérer le mouvement en tirant sur la blessure. La douleur entraîne une modification de la marche par la recherche de nouveaux appuis.

Après l’entorse, la peur d’avoir mal produit une réaction en chaîne qui touche le genou, la hanche, le dos voire le cou. Il s’agit de revenir à une marche normale en deux séances d’ostéopathie pour redonner la priorité aux appuis habituels. »

Ligament croisé : quand faut-il opérer ?

« Les indications chirurgicales restent nombreuses pour une intervention sur le “ligament croisé antérieur”, confirme Jean-Étienne Perraudin, chirurgien à la clinique Maussins, à Paris.

Tout dépend d’abord de l’âge auquel s’est produite la rupture. Un jeune de 13-15 ans risque une nouvelle entorse, une lésion du ménisque à l’occasion d’un mouvement anormal.

Quand le sujet pratique un “sport à pivot” (foot, basket, volley, ski, tennis) ou en présence d’une lésion méniscale, nous décidons d’opérer.

Mais pour certains patients, au-delà de 45-50 ans ou qui ne font pas ce type de sports, notamment, la rééducation peut suffire, à condition de consulter ensuite si une instabilité apparaît. »

En cas d’opération, le patient sort deux jours plus tard sur ses deux jambes, aidé de simples béquilles. Le suivi postopératoire consiste essentiellement dans la gestion de la douleur et dans l’adhésion du malade au protocole de rééducation. D’abord avec des mouvements d’auto-rééducation, puis trois semaines plus tard, avec des séances de kinésithérapie qui prennent le relais pour un rétablissement complet et une marche normale.