Des solutions pour soigner la toux

Des solutions pour soigner la toux

La toux est l’un des principaux motifs de consultation médicale, surtout quand elle persiste au‑delà d’une semaine.

Tousser n’est pas en soi une maladie ! Ce réflexe nous sert simplement à faire une petite toilette des bronches.

En revanche, si elle empêche de dormir, provoque des vomissements ou gêne la respiration, la toux cache une atteinte virale, une consommation excessive de tabac, une allergie ou même une intolérance à un médicament.

Le généraliste pourra vous orienter vers le kinési­thérapeute, l’allergologue ou le ­gastro-entérologue, voire vers deux de ces spécialistes.

Toux sèche ou grasse ?

Le plus souvent, la toux apparaît dès les premiers coups de froid, accompagnée d’un rhume et éventuellement d’une légère fièvre et de maux de tête”, observe le Dr Odile Weissenbacher, généraliste à Essey-lès-Nancy (Meurthe-et-Moselle).

En deux ou trois jours, ces maux disparaissent.

Mais avec une toux rauque, la voix cassée et une irritation du larynx, le médecin suspectera une laryngite virale, qu’il traitera avec de la cortisone.

Et en cas de toux grasse persistante, notamment chez un fumeur, une personne asthmatique ou sujette aux bronchites, il pourra s’agir d’une sur­infection bactérienne, voire d’une pneumonie, à soigner avec un antibiotique.

Plus surprenant, une toux qui se manifeste par quintes et s’accompagne de picotements peut être due à la prise d’un médicament.

Selon le Dr Weissenbacher, elle est assez facile à repérer car elle survient généralement au début de certains traitements, notamment ceux contre l’hypertension artérielle ou l’insuffisance cardiaque chronique”. Il suffira alors de prescrire une autre molécule.

Toux persistante : qui consulter ?

Une toux déclenchée par l’effort ou accompagnée d’un sifflement à l’expiration, de sensations d’oppression et d’étouffement, évoque l’asthme.

Le médecin prescrira un bronchodilatateur en cas de crise aiguë et de la cortisone inhalée, en traitement de fond, pour soigner l’inflammation chronique des bronches.

Une toux sèche, associée à des éternuements, une rhinite persistante, voire une conjonctivite, évoquera plutôt une allergie, que l’on traitera avec un anti­histaminique ou un antiallergique.

En l’absence d’amélioration et quand les quintes provoquent des vomissements, on suspectera la coqueluche – le vaccin ne protège que 10 ans.

Moins connue, l’autre cause de toux persistante est un reflux ­gastro-œsophagien. Certains signes, tels qu’une mauvaise haleine ou des maux de gorge au réveil, inciteront le généraliste à orienter son patient vers un gastro-entérologue. 

Le kinésithérapeute pour libérer les bronches

Profession :  77 778 masseurs-kinésithérapeutes exercent en France, dont 7 % exclusivement en kiné respiratoire. Coordonnées : par votre médecin ou sur ameli-direct.fr.

Formation : 1 an d’études de santé (PAES), puis 3 ans dans un institut de formation pour obtenir le diplôme d’État.

Techniques :  Le kiné pratique le drainage bronchique (pressions sur le thorax, guidage ventilatoire…) pour désengorger les poumons, et le drainage lymphatique manuel pour déconges­tionner les sinus. “En cas de bronchiolite ou de bronchite, 3 à 5 jours suffisent en général pour libérer les bronches des sécrétions, explique Didier Billet, kinésithérapeute respiratoire à Lyon. En cas d’atteinte chronique, en revanche, il faut une à deux consultations par semaine. En cas de surinfection, la kiné est journalière.”

Tarif :  17,20 € sur prescription, rem­boursés à 60 % par l’Assurance-maladie.

 

L'allergologue pour désensibiliser

Profession :  1 700 allergo­logues exercent en France. Coordonnées : par votre médecin, le Syndicat français des allergologues (syfal.fr), Asthme et allergies (asthme-allergies.org et 0 800 19 20 21) ou sur ameli-direct.fr.

Formation :  6 ans de médecine, plus 4 ans de spécialisation.

Techniques :  L’examen du souffle (spirométrie) sert à mesurer le diamètre des bronches, avant et après la prise d’un bronchodilatateur. “ Il se fait en 30 minutes au cabinet, à partir de l’âge de 4 ans”, précise le Dr Florence Trébuchon, allergologue à Montpellier (Hérault). En cas d’asthme, un traitement de fond à base de corticoïdes inhalés est prescrit pour trois mois, avant d’être réévalué.
“Si le patient souffre de rhinite allergique, des tests cutanés permettent d’en identifier l’origine (animaux, acariens, pollen), ajoute le Dr Trébuchon. Les antihistaminiques le soulageront. Sinon, on peut tenter de le désensibiliser
par des doses croissantes d’allergènes.”

Tarif :  28 € en secteur 1 pour un dépistage, remboursés à 70 % dans le cadre du parcours de soins coordonnés.

 

Le gastro-entérologue contre les reflux œsophagiens

Profession :  Il y a 3 287 hépato-gastro-­entérologues en France. Coordonnées : par votre médecin ou sur ameli-direct.fr.

Formation :  6 ans de médecine, plus 4 ans de spécialisation.

Techniques :  S’il soupçonne un passage anormal de liquide gastrique dans l’œsophage, le médecin prescrit des médicaments et conseille d’éviter tabac, alcool, sodas, agrumes… “Aux plus de 50 ans, on propose une fibroscopie de l’estomac, explique le Dr Camille Allieres, gastro-entérologue à Château-d’Olonne (Vendée). Sous anesthésie locale, une minicaméra passant par la bouche suit le trajet des aliments et repère l’éventuelle anomalie responsable d’un reflux.” Si cela ne donne rien, une petite sonde partant du nez mesure l’acidité durant 24 heures. “Quand le reflux est confirmé, les médicaments antiacides sont efficaces dans 95 % des cas.”

Tarif :  28 € en secteur 1, remboursés à 70 % dans le parcours de soins. S’y ajoutent l’anesthésie et la fibroscopie.

 

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